‹ Vercingétorix et l'indépendance gauloise: religion et institutions celtiquesChapitre 5 sur 71 · Triade xxxii, chôf cysefin, la première mémoire · texte numérisé non relu

Triade xxxii, chôf cysefin, la première mémoire

5. Triade xxi, angen, aûghos ac angen, c'est-à-dire, nécessité, privation de mémoire et mort.

VERCINGÉTORTX. Il

d'autres corps; 6ur cette terre Alred qui devait finir par l'eau et par le feu*, bien que l'univers, xiffjioç, fût lui-même impérissable. Enfin, ils racontaient à leurs disciples les migrations des Celtes, les unes venues directement par la vallée du Danube, les autres plus récentes, venues, en traversant le Rhin, sous le nom de Belges, après un long séjour dans le Nord*. Ils ajoutaient encore beaucoup de choses sur la fusion de ces deux migrations, sorties toutes deux de l'Asie ; sur la communauté de leur religion et de leur langage, et sur l'unité de la race celtique qui descendait tout

1. Slrabon, 1, iv, c* 197. Il semble toutefois que, suivant renseignement secret des druides, il fallait prendre cette pensée au sens moral. Voici la triade correspondant au mot de Strabon : « Tri phethsydd ar en cynnydd : tan sef goleuni, dè'all sef gwirionedd, ag enaid sef hytvyd; a gorfod a wnant ar bob peth^ ag yna diwedd Abred; «c'est-à-dire trois choses vont toujours en s'accroissant, le feu ou la lumière, Tintelligence ou la vérité, Tesprit ou la vie, et elles remporteront sur toutes les autres choses, et alors Abred sera détruit. Triade xu.

2. Ammien Marcellin, 1. xv, o. 9. C'est ce passage qui donne son vrai sens au mot de César, Belgas ortos à Germûrnts, mot dont les Allemands abusent pour établir que leà Celtes sont d'origine germanique, Gf, M, Kupsberg, p. 12X et 211,

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entière de Dis Pater* et se perdait dans la nuit des temps.

Il y avait aussi une tradition de discipline militaire. Certaines opérations stratégiques se reproduisaient dans un grand nombre de campagnes.

On verra même, plus loin, Vercingétorix remporter un succès non loin d'Avaricum (Bourges) par l'emploi d'un stratagème qui avait déjà réussi à un autre brenn gaulois devant Delphes. Vercingétorix étudia aussi l'art oratoire ; on voit dans ses discours à ses guerriers, avec ces images hardies qui plaisaient aux Gaulois, qu'il comptait sur toutes les ressources de la parole *.

Quoique cet enseignement fût tout oral, ce qui arrive toujours, comme pour la poésie dans les premiers âges des nations, les druides connaissaient cependant l'écrilure. En la proscrivant comme procédé d'enseignement, ils s'en servaient pour la rédaction des actes publics ou pour leurs

1. Dis Pater ne peut Ôtre Teutatès, comme on l'a dit, puisque o*est un dieu de la nuit et du temps, une sorte de Kpévoç celtique. C'était le dieu de VAnnwn, voyez Triade xiv, dechre yn Anniim.

2. Vôyey les discours de Vercingétorix, César, de Bello gaWco, h yii, c. 20, 29, 64, 66 et 89,

relations entre eux*. C'étaient les lettres de l'alphabet grec qu'ils employaient pour rendre plus ou moins exactement, d'après l'identité ou la ressemblance des sons, les nlots de leur idiome celtique. On en est assuré par deux témoignages formels des anciens*, par les légendes d'un certain nombre de monnaies gauloises, et par d'anciennes inscriptions en langue celtique. Pourtant, au temps de la guerre de l'Indépendance, on se servait aussi des lettres latines pour les médailles et les inscriptions celtiques. Bien plus, dans le même temps, on parlait déjà latin çà et là, dans toute la Gaule et même dans le Nord. César, par exemple, écrivait en grec une lettre à Quintus Cicéron, son lieutenant, de peur qu'elle ne fût comprise si elle était écrite en latin, et si elle venait à tomber entre les mains des Gaulois'. Cela s'explique par l'affluence et la richesse des marchands italiens qui possédaient des entrepôts et des comptoirs dans la plupart des villes gauloises*. Cela

1. César, de Bello gallico, vi, 14. Pour les lettres jetées dans les bûchers, voyez Diodore de Sicile, 1. v, c. 28.

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