‹ Vercingétorix et l'indépendance gauloise: religion et institutions celtiquesChapitre 6 sur 71 · Cicéron, Oralio pro M. FçnteiQ · texte numérisé non relu

Cicéron, Oralio pro M. FçnteiQ

14 VERCINGÉTOHIX-

s'expliquô encore par la ressemblance du latin et du celte, ressemblance qu'on peut encore constater en comparante latin avec l'irlandais, le gai*lois, l'erse ou gaélique d'Ecosse, le bas-breton et les autres dialectes néoceltiques. Du reste celte et latin, comme d'autres idiomes européens, viennent également de l'ancien sanscrit, parlé par les Aryas avant leurs invasions en Europe*. Nous croyons comme on l'a dit, d'après les textes, que tous les fils des nobles gaulois étaient envoyés dans les écoles druidiques; mais ceux-là seuls, pensonsnous, y restaient les vingt années dont parle Pomponius Mêla, qui devaient être incorporés dans ]a caste des druides, nonnulU, c'est le mot de César*, le petit nombre. Dans un temps où les communications avec le Midi étaient devenues si fréquentes par la commerçante vallée du Rhône, Keltil, qui avait tant d'influence dans les diverses cités gauloises, dut envoyer son fils à Aix, à Mar-

1. M. Pictet, Affinité des langues celtiques avec le sanscrit ^l^idn, et les Origines européennes ou les Aryas primitifs y 1862, ouvrage couronné par Tlnstitut. Voyez aussi de M. Diefenbach les Origines europeoBf 1861, où ce philologue est revenu sur une partie des erreurs que renfermait son livre CelHca.

?. César^ de Bello gallico, vi, 14,

seille, à Nîmes, à Narbonne, et dans toute cette florissante Narbonnaise, où Ton parlait le grec et le latin comme le gaulois *, pour y apprendre les usages des Romains. On a dit que Vercingétorix s'était rendu à Rome; mais cette assertion vient d'un texte de Dion Cassius mal interprété, et ne repose sur aucun autre témoignage ancien.

En Gaule les familles étaient alors divisées par des haines politiques profondes, comme il arrive souvent dans les temps de crises sociales. Le mal passant presque à l'état d'institution acceptée, il y avait dans chaque cité deux partis opposés qu'on appelait fédérations. L'un se composait surtout de partisans de l'aristocratie, druides opulents, remuants, ou chefs de tribus et même de clans en relations avec les marchands romains qui s'étaient établis, pour faire fortune, dans ces fertiles contrées*. C'est pour ce parti que le mot de César était vrai : « le peuple est mis au rang des esclaves ; il n'ose rien par lui-même et a'est admis à aucune délibération. » Ils s'étaient trouvés en rapports directs et fréquents avec les Romains,

Page 1