Justin, Hist. xi, m
sinage ou la présence chez elles des légions romaines. Et cependant, il fallait ramener aussi ces populations à T unité celtique. Il fallait reconstituer toute la famille gauloise. Alors la Gaule redeviendrait elle-même, de nouveau unie et indépendante, dans ses frontières naturelles, si visiblement établies par la Providence et qui ont toujours fait, et font encore aujourd'hui, le désespoir secret de ses ennemis. Aussi longtemps que le Rhin roulera entre les montagnes ses eaux verdâtres et profondes, aussi longtemps que les Alpes dresseront dans les airs leurs crêtes hardies, la France du sol, la vraie France restera, terre sacrée, dans sa pleine et immuable intégrité. Au point de vue politique, elle a pu quelquefois changer pour un moment, au gré de Tépée et des ambitions des hommes ; la France territoriale est impérissable; c'est la France de l'avenir, parce que c'est celle de Dieu,
Vercingétorix voulut donc affranchir tout le Midi, et cela avec d'autant plus de résolution, que César vaincu y transportait sa base d'opérations. Il fallait rendre à la Gaule les trois cités des Helves, des Volkes Arécomikes et des] AUobroges. Les Helves n'avaient pas osé s'opposer à
la marche de César à travers les Cévennes. Un détachement de Cabales et d'Arvernes du Haut- Allier reçut Tordre d'occuper le défiW de Saint- Cirgues, et de se répandre ensuite sur lefversant oriental des Cévennes et' dans les plaines du Rhône habitées par les Helves. Croyant déjouer leurs préparatifs par une .attaque imprévue, les Helves, sous la conduite d'un de leurs chefs les plus puissants, C. Valérius Donotauros, se réunissent, et tentent d'escalader les montagnes. Mais tout à coup paraissent, au-dessus de leurs têtes, les Arvernes et les Cabales, qui fondent sur eux, qui les pressent, qui les précipitent dans le fond des vallées; Donotauros, fils de Caburog, est tué avec un grand nombre de ses partisans, et tous les Helves sont forcés de se retirer en masse dans leurs oppides*. En même temps Luctère, le lieutenant et l'ami de Vercingétorix, le courageux et opulent chef d'Uxellodunum (Puy d'Yssolu) recommençait sur les ordres de Vercingétorix, à la tête de ses Cadurkes (Cahors) et des Rulhènes (Rodez), les incursions qu'il avait faites au début do la campagne, dans la Narbonnaise,
J. Diou Cassius, xi, Hist, roman., p. 139,
ravageant le territoire et les villes des Volkes Arécômikes et menaçant la Province.
Il était plus difficile de ramener les Allobroges, vaste cité écrasée par les Romains avec les Arvernes sous Bitjiit, leur chef commun*. Le brenn ordonna une levée de 10,000 fantassins et de 800 cavaliers chez les Éduens et les Ségusianes, et il mit à la tête de ce détachement le frère d'Éporédorix, quoique celui-ci lui eût disputé le pouvoir, croyant ainsi, cœur trop généreux, le gagner à la cause nationale. Les AUobroges ennemis personnels des Éduens et de pluà en plus dégoûtés d'une guerre contre les Romains, placèrent des postes nombreux le long du Rhône et émpêchèrenllesÉduensd'entamer leurs frontières. Mais en secret, le brenn, qui ne pouvait croire que les AUobroges eussent réellement renoncé à tout espoir de recouvrer leur indépendance, envoya des messages à leurs principaux chefs, où il cherchait . à réveiller dans leur cœur leur ancien amour pour la liberté, tout en leur promettant pour eux de l'argent, et pour la cité, la primauté sur Marseille et toute la Province. En cette manière, ils ren-