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plaça lui-même sur la colline de Quincy, dont les pentes s'inclinent et se fondent dans la plaine, non loin de la rive gauche de TArmançon. Il plaça son second camp presque en face, à environ une lieue, de l'autre côté de la plaine, sur les hauteurs de Quincerot-lès-Montbard et de Saint- Germain. Le second camp était entièrement composé de cavalerie, dont le rôle était de fondre sur celle de César à son passage. Quant au troisième camp, il était placé sur la route de Quincerot à Saint-Remy, plus près de cette dernière position et tournant jusqu'à Rougemont. Chacun de ces trois camps devait inquiéter Tennemi sur son passage, lui tuer des hommes, lui enlever son blé et ses bagages, mais ils étaient trop éloignés les uns des autres pour entreprendre une action commune. Ce plan d'opération était sagement combiné, puisque, d'une part, chaque corps de cavalerie pouvait faire beaucoup de mal à l'ennemi, et que, d'un autre côté, si l'un de ces trois corps subissait un échec, cet échec pouvait être réparé dans l.a journée même par les autres escadrons.
César met alors dans la bouche de Vercingétorix un discours qu'il n'est guère possible d'en-
tendre comme on le fait habituellement. D'abord il dit que le brenn réunit en conseil les chefs de la cavalerie, et qu'à la suite de son discours tous les cavaliers prêtèrent un serment. Mais les cavaliers se trouvaient dispersés en trois camps, le moyen de se faire entendre de tous? Il les engage ensuite à combattre ensemble ; mais quelques jours auparavant, il avait pris l'engagement formel de n'en pas venir à une affaire générale. Il ajoute que les Romains s'enfuient vers la Province, en laissant la Gaule libre, mais qu'ils reviendraient après avoir réuni de plus grandes forces. Comment le brenn aurait-il pu s'exprimer ainsi, puisque l'armée romaine, numériquement bien supérieure à l'armée gauloise, était forte de pluâ de cent mille hommes, c'est*à-dire, était la^ plus nombreuse armée peut-être qu'on eût jamais vue et qu'on eût pu voir en Gaule. On pourrait citer ici les paroles d'Asinius Pollion, qui avait fait une partie de ces guerres à côté de César, qui connaissait celui-ci à fond, et qui pouvait comparer dés événements arrivés sous ses yeux avec le récit des Commentaires.
(c César, dit Pollion, a écrit ses Mémoires avec peu d'exactitude et de fidélité, même quand il
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s'agit des choses qu'il a faites lui-même ; il les raconte presque toujours à faux, soit à dessein, soit faute de mémoire*. » Nous ne tournerons pas contre César ce jugement de son ancien compagnon d'armes, bien que les historiens grecs, dont quelques-uns n'ont pas môme l'air d'avoir lu les Commentaires^ semblent avoir peu de confiance dans leur fidélité. Nous ne dirons même pas que César a voulu éblouir les Romains, et qu'il aimait mieuî paraître à leurs yeux avoir vaincu ce brenn, dont le nom seul, de leur propre aveu, resta toujours peureux un objet de terreur*, plutôt que d'avoir vaincu des chefs éduens, notoirement connus comme traîtres, et méprisés à Rome. Non, Vercingétorix a pu tenir une partie de ce discours à ses guerriers avant de les disséminer dans ses trois camps, par etemplcj dans la plaine qiii s^étend entre Viserny et Senailly. Il a pu leur dire que le moment était venu d'achever la vie- ' toire de la Gaule sur les Romains, en commençant cette guerre d'embuscade, qui pouvait seule en effet les détruire peu à peu, pendant ces vingt lieues de pays accidenté qu'ils avaient à traverser*