‹ Vercingétorix et l'indépendance gauloise: religion et institutions celtiquesChapitre 57 sur 71 · Suétone, Jules Cééar, Lvi · texte numérisé non relu

Suétone, Jules Cééar, Lvi

B. Flotus, I, 45.

VE&CIKGÉTÛRIX. âOâ

tl fallait donc tomber sur eux pendatit les difficultés de la marche. Quant à la fin du discours, elle n'a pu être prononcée que par les chefs éduens, rendus dans leurs camps respectifs.

Ainsi le proconsul dit qu'après le discours du chef, les cavaliers s'écrièrent que chacun devait s'engager par le serment le plus sacré de tous chez les Gaulois, à ne pas se retirer sous son toit, à ne pas s'approcher de ses enfants, de sa femme, avant d'avoir fait passer deux fois son cheVal dans les rangs de l'ennemi. On reconnaît bien là Tinfluence des fanatiques druides éduens sur la cité la plus superstitieuse peut-être de la Gaule; mais jamais Vercingétorix n'employa de pareils moyens; il ne parlait à ses guerriers, on l'a vu, que de l'unité nationale et de la liberté. On se rappelle que les druides éduens combattaient en personne sur les champs de bataille. On savait que César n'était pas loin, qu'on allait voir apparaître les enseignes, et que les Éduens obtiendraient cette primauté de la Gaule à laquelle ils sacrifiaient tout, soit en se livrant entièrement à lui, soit en remportant contre lui, et malgré Vercingétork, un avantage marqué sur un champ de bataille : dès le lendemain, Vercingétorix tombait

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et leur cédait sa place. Rien ne fut plus facile que de s'entendre entre eux pour se rapprocher les uns des autres pendant la nuit.

Cependant César était parti de Montréal dès le lendemain matin. Suivant le ruisseau des Ménétreux, il passa TArmançon, un peu au-dessus de Viserny, prenant la rive droite de la rivière et le chemin devenu depuis la route de Semurà Montbard. Au moment où les légions s'engageaient entre Quincy et Quincerot-lès-Montbard, deux corps de cavalerie gauloise commencèrent à l'attaquer l'un à droite, l'autre à gauche, et un troisième l'arrêta de front sur la route de Saint- Remy : la route était fermée aux Romains. A cette nouvelle le proconsul partagea lui-même sa cavalerie en trois divisions, et les jeta sur les trois endroits attaqués. Les légions s'arrêtent, les bagages sont mis au milieu. Les divisions de cavalerie combattent avec fureur, chacune de son côté. Les Gaulois y mettaient un tel acharnement, y déployaient une telle énergie, que les Romains, serrés de près, se fatiguèrent, plièrent, César l'avoue, et que le proconsul fut obligé de faire porter les enseignes sur ces trois points afin de retarder la poursuite des Gaulois; les Romains

étaient donc en fuite. César se garde bien de le dire ouvertement; il ne dit pas davantage, ce qui est pourtant certain, que dans les efforts qu'il fit pour rétablir le combat, dans ce désordre immense, au milieu de ces cris qui faisaient retentir les collines et la plaine, il fut lui-même enlevé par un Gaulois à la taille gigantesque qui, sans le connaître, l'emportait comme une plume sur son cheval. Ce Gaulois fut rencontré par un de ses compatriotes qui connaissait César : Cecos César, lui cria-t-il en passant, c'est-à-dire, lâche César 1 misérable César 1 Mgiis l'autre Gaulois, par un jeu de mots peu facile à traduire dans notre langue, crut que son compatriote fcJUlait lui dire laisse César! rends la liberté à César! Alors il le rejeta, du haut de son cheval, avec dédain, tout en gardant son épée, qui fut longtemps conservée dans un temple chez les Arvernes*. César se remettant de son extrême frayeur remonta à cheval** C'est ce que rapportait César lui-même dans une sorte de journal de ses actes, perdu aujourd'hui, et qu'il avait intitulé É;p?iémérides. A quoi tint, onle voit, la destinée de la Gaule et la chute de la

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