César, de Bello gallico, ii
une sorte de capitale momentanée de toutes les cités celtiques, c'est-à-dire, la ville politiquement la plus importante de la Gaule. Keltil avait un frère nommé Gabanition, qui jouissait comme lui d'une grande fortune. Celui-ci devînt jaloux de son frère, réélu sans doute, d'année en année, comme premier magistrat des Arvernes. Il se mit à la tête du parti romain contre son frère, avec son neveu Épadnax. Puis, il accusa Keltil d'aspirer à la royauté, accusation dont les partisans de l'aristocratie se servaient ordinairement pour perdre les. chefs du parti national, quand ceux-ci leur portaient ombrage, Orgétorix, Dubnorix, Keltil. Les Gaulois, Celtes, Belges ou Aquitains formaient, ainsi qu'on l'a vu, de petites républiques depuis un temps immémorial. Strabon l'affirme positivement*, et César le confirme pour beaucoup de cités *, et en particulier pour celle des Éduens. Or, le chef ou vergobret convaincu d'avoir aspiré
1. strabon, "lEJva 5' •JjYeji.éva ilipouvTO xa^' IvtauTOV, 1. y, c. 197.
2. César, de Bello gallicOy vu, 82 : « Singuli magistratus antiquitus creariatqueregiam potestatem obtinere consuessent. » César, ibid., i, 16 : « Summus magistratus quem Vergobretum appellant. . . creatur annuus, et vitœ necisque in suos babet potestatem. » Voyez aussi, ii, 8.
à la royauté était, d'après les usages des Gaulois, condamné au supplice du feu*. Gabanition fît condamner son frère dans une assemblée de la cité ou Condlmm puilicum, c^est-à-dire, dans une réunion où dominaient ses clients et la faction romaine. L'infortuné Keltil expira dans les flammes; son fils pouvait alors avoir environ vingt ans.
Mais que devint celui-ci pendant les neuf années qui s'écoulèrent jusqu'à l'insurrection des Arvernes, c'est-à-dire, do l'année 60 à 52 avant notre ère? Il ne se déclara pas d'abord contre les Romains, ce qui le fit même accuser d'avoir reçu des bienfaits de César*. Il vit celui-ci dans l'assem.blée de tous les députés de la Gaule qui suivit la guerre des Helvètes, et où se rendirent < les premiers de toutes les cités. » L'adroit proconsul qui, secondé par les intrigues du druide éduen Divitiac, joua avec tous ces chefs gaulois un rôle conciliateur, dans le but de faire passer de nouveau la primauté aux Éduens, essaya d'attirer dans son parti Vercingétorix, comme il avait