INTRODUCTION XVII
de Bayreuth au rang des violons et des cuivres. Les lois divines et humaines protestent contre cette profanation.
La voix humaine est tout. Le premier, le plus beau des instruments, celui que nous appelons divin, c'est bien la voix. Aux premiers jours de la création, dans toute l'intégrité de sa sonorité immaculée, cet instrument sans pareil a résonné dans les jardins d'Eden, accompagné par le chœur des anges et dominé parfois par le Verbe de Dieu luimême. Tous nos orchestres, toutes nos symphonies, toutes nos inspirations, toutes nos œuvres, fussent-elles signées : Palestrina, Mozart, Beethoven et Rossini ne peuvent donner une idée de cette harmonie de Dieu descendue dans la bouche de nos premiers aïeux.
Avec les âges l'organe s'est altéré. Et cependant si un homme s'appelle Démosthènes ou Gicéron, Mirabeau ou O'Connel, Berryer ou Lacordaire, s'il a conservé les fibres vocales des ancêtres, tous les orchestres de l'univers, fussent-ils dirigés par les dieux eux-