XVIII INTRODUCTION
mêmes, n'empêcheront pas la foule de se précipiter dans le temple, dans le forum ou dans l'enceinte où Lacordaire parle pour Dieu, O'Connel pour le peuple. Berner pour le Roi. Il en est de même pour un chanteur ou une cantatrice. Annoncez que demain on exécutera à deux heures une symphonie inédite de Beethoven et qu'à la même heure un chanteur supérieur à Duprez ou une cantatrice l'égale de la Malibran et de la Patti se feront entendre. Où courra la foule : les dilettanti comme la multitude? A la belle voix inconnue. Ceci démontre victorieusement que vouloir détrôner la voix au bénéfice de l'instrumentation, le règne de la mélodie au profit du contrepoint, est une tentative contre la nature et le bon sens. Elle ne réussira pas. Une œuvre musicale sans mélodie ressemble à une belle femme qui a une vilaine voix. Elle ouvre la bouche et sa beauté s'évanouit.
La musique instrumentale est née de l'altération de la voix humaine. Examinons le rôle de la voix, en prenant notre ère pour