INTRODUCTION XIX
point de départ. Dans les temples chrétiens, on prie à haute voix comme du temps de David. C'est une prière parlée, pas même une mélopée. Le plain-chant ne date que de saint Ambroise. Ce grand évêque l'introduisit à Milan pour empêcher, nous dit saint Augustin, les fidèles de s'endormir. Et c'est en musique religieuse, et peut-être dans la musique universelle, le plus haut terme du beau. Rien ne surpasse le Libéra me, le Veni Creator attribués à Charlemagne, le Te Deum et le Stabat. Quand les voix perdent de leur énergie, c'est alors que l'on sent le besoin d'appuyer le plain-chant par l'orgue.
C'est déjà une dégénérescence. Il suffit, dans des jours heureux, d'avoir entendu les Ténèbres à la chapelle Sixtine, pour saisir la supériorité du plain-chant sans orgue sur le plaint-chant avec orgue.
Plus tard, à l'époque de la Renaissance, avec la transformation d'un monde nouveau, avec l'absence de la piété antique, la musique, comme la peinture et la sculpture, s'adressa aux sens. Elle ne se dégagea pas,