XX INTRODUCTION
pourtant, absolument du sentiment spîritualiste. C'est alors que brilleront ces maîtres illustres que l'on n'a pas dépassés depuis dans l'art d'agencer les voix. Leur roi fut Palestrina. Il a écrit plus de soixante messes, chefs-d'œuvre où les voix humaines seules composent l'orchestre.
A ce propos, je citerai une naïveté charmante d'un Waçnérien. Il me disait : « Palestrina a du génie; mais son orchestration est bien négligée. » Parbleu, il n'y en a pas !
Donc l'absence de la mélodie, l'absence de l'inspiration, mais aussi celle des belles voix a enfanté l'Ecole nouvelle.
Lorsque la Malibran chantait A ssisa pie d'un salice, cette cantilène sublime tout imprégnée de sanglots et de pleurs, où chaque vocalise dit un spasme et un battement du cœur; quand Tamberlick entonnait l'air fameux d'Otello, fanfare de triomphe et de victoire résonnant plus haut que les clairons guerriers; dans les beaux jours où Lablache, Grisi, Rubini et Tamburini chantaient le