INTRODUCTION XXI
quatuor des Puritani, où Adelina Patti disait la prière de la Somnambula ou le brindisi de La Trariata, où Mme Miolan-Carvalho chantait l'air de Chérubin, et la Marguerite du Faust, on s'occupait peu de la valeur de l'orchestration. Et, aujourd'hui, lorsque Eaure, Maurel, Masini, Tamagno ou Rose Caron nous tiennent sous le charme de leur maestria incomparable, nous nous préoccupons fort peu si les ouvrages illustrés par leurs voix sont bien ou mal orchestrés.
D'ailleurs, l'orchestration moderne, à grand renfort d'exécutants et d'instruments nouveaux, amènera forcément une réaction. Les orchestres de Haydn, de Mozart, de Beethoven n'avaient pas besoin de ces cuivres étranges, véritables engins de destruction pour les oreilles. A l'époque des grands capitaines, il n'y avait ni canons Krupp, ni dynamite, ni torpilleurs.
Les voix occupent le rang suprême. L'orchestre doit être leur esclave. Que, tout en obéissant au chant, il devienne son rival ;