L'AFRICAINE — SEMIRAMIS — ■ AÏDA
Aujourd'hui que de tant de chefs-d'œuvre il ne reste plus que la mémoire, que bien des années s'écouleront avant que tant d'œuvres merveilleuses ne soient rendues à l'admiration universelle, on nous saura gré de saluer au passage l'ombre immortelle de Semiramis.
Il n'est pas un opéra sur la terre qui ait inspiré une admiration aussi fanatique. Semiramis a eu son culte, ses prêtres, ses fidèles, et quels fidèles ! Ecoutons Méry :
« Dans la majorité des hommes, il y a une œuvre qui se présente, à tort ou à raison, à leur esprit, avec un attrait incomparable, une fascination mystérieuse, un charme exceptionnel, c'est la Semiramide de Rossini. J'ai vu jouer le chefd'œuvre à Marseille, au mois de juillet, dans une salle chauffée à quarante de-
grés Réaumur, et à Paris, au mois de janvier, avec quinze degrés et pas un adepte ne manquait à son poste. Pourquoi ? Je n'en sais rien. J'ai demandé des éclaircissements aux plus anciens semiramistcs, Armand Marrast, Cabarrus, Meyerbeer, Berryer, général Mellinet, Mme Malibran et tous ne m'ont pas répondu. Pourquoi ? Un seul homme a le secret, c'est Rossini ! et le dieu ne parle jamais ! »
Un soir, à Venise, Rossini trouva sur sa table le poème d'un inconnu. Il entendit comme la voix de Dieu qui lui disait : « Prends et lis. » 11 prit, il lut. C'était une vieille histoire, une légende perdue dans la nuit des siècles, mais tout illuminée de cette spendeur orientale, qui flotte sur les premiers âges du monde.
Les parfums des roses se mêlaient à l'odeur du sanor Comme le roi de Dane-