‹ Verdi et son œuvreChapitre 24 sur 35 · OTELLO DE ROSSINI · texte numérisé non relu

OTELLO DE ROSSINI

Lorsque Rossini cessa d'écrire pour le théâtre, à trente-sept ans, il avait composé quarante-trois opéras.

Cinq de ces opéras, chefs-d'œuvre immortels, se trouvent au sommet de la pyramide rossinienne. Ils sont tous égaux, chacun dans leur genre. Ce sont : Le Barbier de Séville, Otello, M oïse , Sémiramide, Guillaume Tell. Je ne sais si plus tard on

pourra les égaler. Assurément, ce sera dans un genre différent. Dans notre petite planète , depuis six mille ans les grands hommes sont rares, mais presque tous de la même taille. 11 n'a pas été donné au génie humain de dépasser une certaine limite. A l'océan intellectuel, Dieu a dit : « Tu n'iras pas plus loin ! »

Quand Rossini n'aurait écrit dans son extrême jeunesse que YInganno Felice, Tancredi « œuvre céleste », dit Stendhal, et Demetrio e Polibio , il serait classé parmi les premiers maîtres d'Italie ; lorsque à vingt-six ans, à un mois d'intervalle, il eut écrit Le Barbier et Otello, sa gloire ne connut plus de bornes. Il aurait pu s'arrêter là et ne craindre aucun rival. « La gloire de cet homme, dit Stendhal, ne connaît d'autres bornes que celles de la civilisation, et il n'a pas trente ans ! »

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