‹ Verdi et son œuvreChapitre 34 sur 35 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

dessèchement. Dieu, jaloux de ces hautes noblesses de l'àme, a voulu ne les prêter qu'à terme.

Verdi est sénateur du royaume. On prétend qu'il donnerait plusieurs fleurons de sa couronne pour être un orateur. Cette assertion est fausse; il ne siège jamais ou très rarement au Sénat. D'ailleurs, je le répète , il parle une langue meilleure que celle que parlent MM. Crispi ou Nïcotera, et le Parlement italien fera bien de prendre des leçons d'harmonie chez le maestro.

Un pareil homme s'est emparé de son pays. Ses débuts ont été arides. A la façon de ses prédécesseurs sur la route royale du génie, il a eu ses détracteurs et ses amis. Arrivé au haut de la montagne, il doit sourire en voyant à ses pieds ceux qui ont essayé d'arrêter son ascension.

C'est le signe de la déchéance humaine. L'homme est implacable pour les faibles, quand Dieu n'est sévère que pour les forts.

Il fut, à Paris, un homme qui a été le révélateur de la musique de Verdi, en France, qui aima passionnément le maître et sa musique. Cet homme a renouvelé pour lui les hommages dont jusqu'à la fin du siècle dernier on a rendu à la mémoire de Savonarole. Nuit et jour, l'hiver comme l'été, mes aïeux couronnaient de fleurs toujours fraîches, toujours écloses, le buste de ce dominicain, qui avait voulu leur donner le trône de Florence, en échange du sang qu'ils avaient versé pour lui. J'ai vu dans l'appartement de M. Fscudier, à la place d'honneur, le buste de Verdi; il s'élevait du milieu des fleurs de l'admiration et de l'amitié. C'était bien : il

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