INTRODUCTION XIII
de Naples, la note qui domine c'est le bonheur et l'amour. Je ne parle : ni de l'Espagne, ni de la France. La musique est le thermomètre qui fait apprécier la sensibilité de chaque peuple, selon le climat qu'il habite. Le chant national de chaque peuple et plus encore sa manière de chanter, de porter les sons, de les soutenir, de les détacher, les inflexions plus ou moins douces, passionnées, voluptueuses, gaies, tristes, barbares, devraient être d'accord dans chaque pays avec sa température. S'il en était ainsi, notre thèse serait renversée ; car en Europe, il y a plus de brumes que de soleil, de tempêtes que de zéphirs. Mais chez plusieurs peuples du Nord, la gaieté a triomphé des tristesses de la nature.
Donc, quand on accuse l'école italienne, voire même l'école française, de fabriquer des opéras qui ne sont que des chapelets de romances et de cavatines , les mélodistes peuvent leur répondre victorieusement. L'homme et la femme ne passent pas leur vie à pleurer sur la voie publique, à se plaindre, à mau-