XIV INTRODUCTION
dire, à réciter d'interminables et soporifiques mélopées. Il est possible que les héros et les héroïnes des fables insensées dont on veut nous assassiner depuis vingt ans emploient leur temps à d'aussi agréables distractions : dans le domaine du vrai, du juste, du réel, cela ne se passe pas ainsi. Les grands génies, dans la littérature comme dans l'art, n'ont pas compris l'étude de la nature humaine d'une façon aussi restreinte, aussi lamentable. Shakespeare, Corneille, Racine, Molière comme Mozart et Rossini ont les deux génies: celui du rire et celui des pleurs. Il faut au génie humain ce double fanal pour arriver, sans encombre, sur le sommet le plus haut '.
Wagner n'a pu l'allumer. Le document humain complexe, comme nous le définissons,
i. Beethoven a bien compris cette vérité incontestable lorsqu'il a pris pour sujet de sa neuvième symphonie, celle avec chants, cette poésie de Schiller, A la joie! Seulement, sa joie à lui n'est pas la vraie joie, elle est métaphysique. Elle n'appartient pas au document humain comme Le Barbier, La Cenderentola, Don Pasquale, L'Elisire d'Amore, etc.