INTRODUCTION XV
lui a échappé. Alors il a cherché dans le surnaturel, dans les fictions, dans la mythologie, des sujets qui défient toute compréhension, par conséquent toute critique. Il s'est installé dans des nuages et des abîmes où peu de personnes ont la tentation de le suivre.
Assurément l'école mélodique n'est pas une dans la gloire de ses œuvres. Elle a des disparates, des vulgarités, des trivialités. On trouve chez Bellini, chez Verdi, même chez Donizetti, des pages qui jurent comme des pierres fausses dans des écrins de prix ! Soyons convaincus, cependant, que les mélodistes ne sont pas les seuls coupables. On peut être vulgaire et trivial, dans une monotonie attristante comme dans l'explosion banale d'une joie qui, du moins, a pour point de départ la vérité.
La cavatine ou cabalette, comme disent les Italiens, est l'expression du sentiment humain pris sur le fait. Sur vingt personnes, dix-huit traduisent leur contentement en fredonnant. Ce fredonnement naturel à toute