‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 22 sur 86 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

n'affirmoas pas qu'il ait échappé à son influence, seulement elle n'est pas sensible, palpable comme chez Robespierre, par exemple, qui est le disciple et la petite monnaie de Jean-Jacques; chez Marat, qui le singe et qui en est jaloux. V^ergniaud procéderait plutôt de Montesquieu, par du Paty (1). Mais avant tout, il est lui-même, et la première tendance, la tournure de son esprit le portent vers l'élévation philosophique et morale de la pensée.

On peut en juger par son discours sur la Constitution, celui de tous qu'on cite le moins et qui mériterait le plus d'être étudié, parce qu'il donne le critérium de ses connaissances et de la solidité de son esprit. Ce n'est plus l'orateur qui parlf^. c'est le législateur qui se révèle. Vergniaud avait tenniné le 10 avril sa réponse à Robespierre par ces mots : or Puisse cette journée être la dernière que nous perdrons en débats scandaleux ! » Le 8 mai, après bien des orages, une éclaircie semble apparaître dans un horizon ordinairement si gros de tempêtes. Il en profite pour présenter une motion d'ordre sur l'achèvement de la Constitution, « le seul port où le pays puisse trouver son salut. » Ce n'est pas encore un projet qu'il met en avant, chacun avait le sien, le nombre en était grand, la difficulté était de coordonner toutes ces conceptions individuelles, de préparer la discussion et d'accélérer sa marche sans

(l) Du Paty avait écrit un Éloge de Montesquieu (F. ci-dessous, p. 210 ; voir aussi la lettre adressée à Vergniaud, vol. Il, p. 384, et ses discours sur la Constitution.) Suivant (iarat, l'observation pourrait se généraliser et s'appliquer à tous ceux du parti de la Gironde, car tous ils se sentaient du voisinage de La Brède.

« C«g Girondins, déjà cités pour l'éloquence de Vergniaud et pour une ton, '^ heureux de DuroR, de mots pleins de goût et de lumière;

''^ '"«>** ♦!'' i'i iMitrio et de l'école de Montesquieu, assortis pour

■'" . •" "ne VI IW' de lomnierce, presque en nombre égal de com-

mpn ans r\ d'avoeaU, et tous doués de plus d'un don de la parole. (Garat, Mémoires de Suard, L II, p. 329.) »

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