INTRODUCTION. XXIII
m' aimer. » Voilà ce qu'il devait dire, ses notes en font foi, devant le Tribunal Révolutionnaire, lieu où cette déclaration n*eut pas fait moins de contraste qu'à la Convention.
Bien plus, il aime ses ennemis, ceux qui le persécutent et veulent le faire périr.
Le 8 avril 1793 la Section Bon-Conseil présente à la Convention une pétition contre les Vergniaud , les
Guadet, etc o 11 est temps, dit-elle, de dépouiller de
l'inviolabilité ces liberticides et d'appeller sur ces inviolables le glaive de la loi. »
Le 20 avril les quarante-huit Sections de Paris reprennent la pétition de la Section Bon-Conseil et demandent la proscription de la Gironde.
Vergniaud n'est pas insensible à l'attaque. 11 en comprend la portée meurtrière ; il sait et il dit : a Que si tout homme doit sa vie à sa patrie, aucun ne la doit à ses assassins. »
Cependant le 31 Mai, prélude du 2 Juin, il s'écrie : ce Je suis loin d'accuser la majorité ni la minorité des habitans de Paris. Ce jour suffira pour faire voir combien Paris aime la liberté. 11 suffît de parcourir les rues, de voir l'ordre qui y règne, les nombreuses patrouilles qui y circulent pour décréter que Paris a bien mérité de la Patrie. » Et le décret est rendu en ces termes !
Enfin, quand la proscription est accomplie, qu'elle a été prononcée sous le coup de l'insurrection pai'isienne, que l'échafaud approche, Vergniaud écrit encore : c< Personne plus que moi n idolâtre la gloire de Paris. »
Tout difl'érent est Buzot, qui n'a pas assez d'imprécations contre la a tourbe populaire qui croit d'autant plus qu'elle comprend moins (Mémoires, p. 43, édit. Guadet), contre cette tourbe de misérables sans intelligence, sans