INTRODUCTION. XXV
blic, à l'humanité. Ce sentiment revient à chaque instant. Ainsi le mot célèbre qu'on attribue souvent à Danton (1) est de lui :
Lorsque Guillaume Tell ajustait la flèche qui devait abattre la pomme fatale qu'un monstre avait placée sur la tête de son fils, il s'écriait : « Périssent mon nom et ma mémoire, pourvu que la Suisse soit libre. {On applaudit.) » Et nous aussi, nous dirons : «Périsse l'Assemblée nationale et sa mémoire, pourvu que la France soit libre î {Les députés se lèvent par un mouvement unanime. — Discours du 17 septembre 1792.) »
Le 10 mars, il explique le silence qu'il a gardé depuis le 27 décembre 1792.
Sans cesse abreuvé de calomnies, je me suis abstenu de la tribune, tant que j'ai pensé que ma présence pourrait exciter des passions et que je ne pouvais y porter l'espérance d'être utile à mon pays.
Après le 15 avril, lorsque déjà l'on demandait la proscription des Girondins, la Convention paraissait disposée à convoquer les assemblées primaires et à leur soumettre le litige. Vergniaud craint que cette mesure ne donne lieu ù des agitations dangereuses, il s'écrie :
Citoyens, la convocation des assemblées primaires est une mesure désastreuse. Elle peut perdre la Convention, la République et la Liberté î et s'il faut décréter cette convocation ou nous livrer aux vengeances de nos ennemis, si vous êtes réduits à cette alternative, Citoyens, n'bésitez pas entre quelques hommes et la chose publique. Jetez-nous dans le gouffre et sauvez la patrie ! {Moniteur, tome XVII, p. t97.)
C'est toujours le même sentiment!
Lorsqu'à la suite du 2 Juin, son arrestation a été décré-
(1) Par exemple Bailleul (Examen critiqtte..., de M»« de Staél, p. 204.)