‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 30 sur 86 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

ces offres n étaient pas de vaines phrases alors, l'événement du 31 Octobre ne Fa que trop prouvé.

On sait qu'il jeta le poison qu'il avait conservé, pour mourir avec ses collègues, préférant un supplice cruel à une mort qu'il pouvait rendre douce (1) ; dernier sacrifice à la solidarité des convictions communes et à l'amitié.

Nous retrouvons encore le philosophe dans le renoncement volontaire de Yergniaud à la richesse. « J'ai vécu pauvre, dit-il dans les notes de sa défense, je n'ai eu ni l'ambition des places, ni celle du crédit, ni celle de la forlune... Quel litre au-dessus de celui de représentant du peuple?... a

Et ce titre il lé conçoit, non-seulement avec une grande élévation, mais encore avec une certaine sévérité puri- (aine, avec des principes fixes, arrêtés à l'avance, rigidement observés par lui. Ainsi, avant de se rendre à l'Assemblée, il s'est dit qu'un député, pour conserver toute son indépendance, ne doit pas solliciter, qu'il ne peut mettre le pied chez un ministre, etc.. A peine est-il arrivé à Paris, que son beau-frëre, M. Alluaud, Ingénieur géographe du roi, et par suite créancier de l'Etat, le prie de presser la liquidation de ses comptes et le remboursement de ses avances. Ce n*était pas une faveur, c'était un acte de justice. M. Alluaud était le bienfaiteur de Yergniaud. Il avait été un des premiers à deviner son talent, il lui avait fait faire son droit, il lui avait ouvert la carrière du

(1) Vergiliaud s'était procurt! un poison très lUnix et très subtil, du («tramoniuin combiné avec de l'opium, relui qu'employa Coudorcet cinq mois plus tard : il le jota en voyant qu'il n'en avait i>as assez pour tons ff» amis {Gay de Vernon, p. 65). — V. au^si Mémoire.f de l'abbé Morellrt, l. il, c. XIV, p. 7). Cabanis élait le b«'!in-frèr«' de Coudorcet, et ils t5taienl l'un et l'autre les neveux iMir alliance du Président du Paty. Cabanis était en outre com|iatriote de Yergniaud : c'est peut-être ainsi qu'il avait eu re {Kiison.

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