INTRODUCTION. XXXIII
facultés de l'intelligence et à une vie politique irréprochable, Vergniaud aurait joint dans sa conduite intime quelques errements de sensualisme, tribut payé à la faiblesse humaine et aux mœurs de son temps.
C'est au sein d'une existence, relativement heureuse lorsque Tavenir paraissait moins sombre pour l'homme privé, que l'homme public se vit atteint par une proscription aussi implacable qu'inexpliquée. Le calice n'en était que plus amer. Vergniaud sut se résigner, cr glorieux de soutfrir pour la patrie et pour la liberté, il n'a d'inquiétudes que pour elles... Si ses ennemis peuvent sauver son pays, il leur pardonne tout le mal qu'ils lui ont fait personnellement. (V. ci-dessous, n" 148.) » Et un auteur contemporain, qui ne connaissait pourtant pas cette lettre, interprétant d'instinct le caractère généreux de Vergniaud, le représente pardonnant du fond de la tombe, même à Robespierre! (F. IP vol., p. 237.) Près de subir l'épreuve suprême, en face de l'échafaud il puise dans ces sentiments un calme qui donne à sa mort une dignité stoïcienne. A la Force il lit Sénèque^ ce livre qu'on a appelé l'asile contre la douleur, nous ajouterons, le refuge contre l'oppression. A la Conciergerie il s'entretient avec ses amis, comme Socrate avec ses disciples, a Aux approches de rheure fatale, il leur parlait encore avec sérénité et sans avoir rien perdu de sa chaleur patriotique ni de son éloquence, il leur parlait du caractère des diverses révolutions qu'avaient subies les empires, il leur présentait un véritable traité sur les gouvernements... Sa mort fut en tout digne de sa vie. {Biographie de Rabbe, etc. ; et Riouf- /e, cité ci-dessous, p. i86.)
D'autres, avant nous, oui li.j.t >i-iialr uiu- ((M-faine ressemblance entre Vergniaud et b^ grand homme de