‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 51 sur 86 · LXII BIBLIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

LXII BIBLIOGRAPHIE

Après le 9 Thermidor on fit courir le bruit que les détenus du Temple, les infoituriés erfants de Louis XVI s'étaient évadés. Il ajoute :

«Je me rendis à la prison, je visitai le Prince; je le trouvai fort aflaibli par une maladie qui le minait. Il était couché au milieu de la chambre dans un mir-érable lit qui n'était guère qu'une espèce de berceau...

« 11 sortit de l'assoupissement où je l'avais trouvé et me dit : « Je « préfère ce berceau où vous me voyez au grand lit que voilà : du « reste je ne dis point de mal de mes surveillants. » Et en parlant ainsi il me regardait et les regardait alternativement : moi, pour se mettre en quelque sorte sous ma protection; eux, pour prévenir le ressentiment qu'ils auraient pu avoir de ses reproches s'il m'en avait présenté contre ses oppresseurs. {Mcm. de Barras, le 9 th., p. 194.)

Combien cette parole est plus naturelle que le silence imaginé par Harmand de la Meuse ! Se proléger contre des reproches ou des mauvais traitements, c'est la première pensée de l'enfant^, et il y cède sans songer à ce calcul que lui prête l'auteur des Anecdotes. Et imagine-t-on, en effet, cette résistance prolongée pendant deux années entières ! Cette lutte de tous les instants soutenue par un enfant contre des hommes et les plus féroces des hommes ? Simon le forçait bien à chanter la Marseillaise et le Ça ira, à plus forte raison l'aurait-il contraint à répondre et à rompre le silence qu'il aurait voulu s'imposer !

Les récits d'Harmand de la Meuse ne sont que des fables aussi fausses pour Louis XVII, que pour Saint Just, que pour Vergniaud, et nous le démontrerons en temps et lieu, que pour Charlotte de Corday.

F., au surplus, l'ouvrage de M. deBeaucliesne sur Louis XVII. Gomin, l'un des gardiens do l'enfant, dément Harmand de la Meuse delà manière la plus formelle. (Vol. 2, p. 251, éd. 1853.)

Souvenirs d'un demi-siècle, de 1789 à 1836, par Touchard- Lafosse, vol. IV, p. 266 à 273. Ces pages, consacrées à Vergniaud, sont de pure invention.

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