A S. M. L'EMPEREUR DES FRANÇAIS
Sire,
Tandis que le Sénat, interprète des sentiments de Votre Majesté, honore la mémoire de l'infortuné Vergniaud en plaçant son buste au rang des plus grands hommes, de justes plaintes de ses créanciers se mêlent aux éloges qu'on donne à sa vertu et rappellent à sa famille des souvenirs douloureux que votre justice seule peut adoucir.
Sire, Vergniaud avait des dettes, mais ces dettes, la piété filiale lui commandait de s'en charger, etc
Sire, je ne vieniirais pas fournir à Votre Majesté l'occasion de signa-
(1) Il m'est dû par la Nation :
A raison des avances que j'ai faites à la manufacture de Sèvres ou en
qualité de Directeur de celle des porcelaines de Limoges .... 38,000 liv.
Pour les ustensiles de l'Hôtel des Monnaies de Limoges .... 35,000
Pour les travaux publics exécutés dans le département de la
Corrèzeef dans celui de la Haute-Vienne 29,000
J'ai été porté sur le Grand-Livre pour une somme de .... 21^000
Total 123,^00 liv.
De plus, le Gouvernement me devait 111,000 livres en numéraire, pour travaux publics. J'ai été remboursé avec 111,000 livres en assignats au moment de leur plus grande dépréciation.
NOTICE SUR YERGNIAUD. 13
1er votre bienfd'sance, si la fortune de feu mon pèrtî, créée par lui et acquise par quarante ans de travaux pour l'Etat, n'avait été détruite par la Révolution et si elle lui avait permis de remplir entièrement ses honoraliles intentions.
Celui qui avaiî déjà payé pour plus de 25,000 livres des dettes du père de Vergniaud, qui avait pourvu à ses besoins, à ceux de fa respectable famille, qui avait fait élever à ses trais Vergniaud luimême, eût sans doute encore fait de nouveaux saciiGces pour la mémoire de .'^on beau- fi ère, mais il était père de sept enfants auxquels il devait aussi d»'s soins et de l'éducation.
Sire, je suis l'aîné de ces enfants dont vos bontés ont placé le plus jeune au lycée de Poitiers, il me serait bien doux de réaliser les vues générales de feu mon père, si le faible lot qui m'est échu en partage et ma fortune naissinte me permettaient de suivre l'impuUion de mon cœur.
Dans cette situation, mon respect pour les engagements d'un oncle cher i me fait un devoir de solliciter de Votre Majesté un acte de la reconnaissance nationale en sa laveur.
On a déjà vu, à riiuitalion de ces anciens départements où l'on sait le mieux appiécier les voles et les talents utiles, un de nos législateurs déclarer que l'Etat serait chargé des dettes de Mirabeau, celui qui lui succéda dans la tribune aux harangues, celui qui ne fut éloquent que pour éclairer sa patrie sur ses vrais intérêts, n'est-il pas digne du même honneur?
Sire, parmi les bienfaits dont l'éclat couvre le trône, il sera beau de voir l'Empereur des Françiis décerner celte récompense nationale aux mânes d'un martyr de la liberté, de l'orateur intègre qui sut toujours défendre les principes d'ordre et d'égalité, dont vous venez d'assurer le règne, etc.
Lettre de J.-G. Locré, comme secrétaire général du Conseil d'Etat du 24 frimaire an VIII. Sans s'expliquer sur cette affaire, s'excuse de ne pouvoir s'en occuper, sur le peu de temps qu'il a.
Pièce C.