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LE JUGEMENT DES GIRONDINS

« La date de Texécution des Girondins est presque une question, dit Ch. Nodier (Note IV du Dernier banquet, etc.), la moitié des actes le plus immédiatement contemporains la placent au 31 octobre et l'autre moitié au 1" novembre ; mais tous sont d'accord sur la date du jugement qui est du 30 octobre. » Cet accord n'est pas aussi complet que l'affirmo Ch. Nodier. Suivant Riouffe, « ils furent condamnés dans la nuit du 29 octobre (vieux style), vers les onze heures, m Nous avouons avoir partagé cette opinion, c'est-à-dire celte erreur. (K. 1" vol., p. 8, à la note.) Nous allons la rectifier en posant ici les dates les plus marquantes de ce procès célèbre, d'après les actes authentiques (|ue nous avons voulu avoir sous les yeux :

8 .hdlht 1793. — Rai)port de Saint -Just à la Convention, an nom du Comité de Salut public.

3 Octobre. — Rapport d'Amar au Comité de Srtrelé générale, iov-

niant l'acte d'accusation contre les Girondins.

4 Octobre. — Jiigoment de la chambre du Conseil, renvoyant les

accusés devant le Tribunal révolutionnairo et pronoiirant pri^» de corps.

0-6 Octobre. — Translation et écrou de dix-neuf des Girondins k la Conciergerie; deux restent au Luxembourg.

24 Octobre (3 brumaire). — Commencement du procès devant le Tribunal révolutionnaire.

21) Octobre (8 brumaire). — Décret de la Convention ponr l'accélération des jugements criminels. (F. ci-dessus, p. 420.)

30 Octobre (î) bniniairo). Le jury ?e déclare suffisammpnl instruit.

Même jour. — Verdir! affirmai if. — CondaiiHiafion A mort do" Vingt-et lu.

:\\ ()ctohr€ (10 brumaire). — Lxéculion de* condainnés

Nous transcrivons maintenant la formule finale du jugement, d'après la minute qui se trouve dans les vitrines du Musée, aux Archives nationales :

Fait et Prononcé en l'audience publique du Tribunal,

le NEUVIÈME JOUR du mois de brumaire de I'an second de la République française, une et indivisible, à onze heures de relevée, où étoient présents :

Les citoyens Arffiand-Martial-JosephHerman, Président; Etienne Foucaut, François-Joseph Denizot, Alexandre-Edme David, Gabriel Toussaint Scellier, juges.

Avec Fabricius, greffier, qui ont signé, etc.

Aux termes de ce jugement, l'exécution devait avoir lieu dans les vingt-quatre heures, sur la place de la Révolution, à la requête et diligence de l'accusateur pubhc.

L'exécution est attestée de visu par Fhuissier du tribunal Nappier. Voici son procès-verbal plus exact et plus complet que celui de son confrère Tavernier. (F. ci-dessus, p. 332.)

T)u 10« jour du 2« mois de l'an second de la République, une et indivisible.

Le nommé Brùlard, ci-devant Sillery, extrait le jour d'hier de cette maison, en vertu d'un mandat signé Hermann, Président, a été conduit aujourd'hui sur la place de la Révolution en vertu d'un jugement du Tribunal révolutionnaire en datte du jour d'hier, duement signé, qui le condamne à la peine de mort à la requête du citoyen accusateur public dudit Tribunal, où il a subi ladite peine en notre présence.

Fait par nous, huissier audit Tribunal soussigné, lesdits jour et

an que dessus (p. 3).

Signé : Nappier.

Le gardien : Michel.

Registre du Luxembourg du 26 juillet 1793 à prairial an II; Archives de la Préfecture de police.

Pareille pièce se trouve pour La Source, qui était détenu avec Sillery au Luxembourg.

Les témoins à charge contre les Girondins étaient au nombre de quatorze. Ils avaient tous été entendus à la fin du huitième jour de brumaire. Le 9, l'audience s'ouvre par

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