‹ VergniaudChapitre 42 sur 113 · PREMIÈRE LETTRE A LA CONVENTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LETTRE A LA CONVENTION

Citoyen Président,

Je sortis hier de l'Assemblée entre une et deux heures. Il n'y avoit alors aucune apparence de trouble autour de la Convention. Bientôt on vint me dire, dans une maison où j'étois avec quelques collègues, que les citoyens des tribunes s'étoient emparés des passages qui conduisent à la salle de nos séances, et que là ils arrôtoient les représentans du peuple, dont les noms se trouvent sur la liste de proscription dressée par la Commune de Paris. Toujours prêt à obéir à la loi, je ne crus point devoir m' exposer à des violences qu'il n'est plus en mon pouvoir de réprimer.

J'ai appris cette nuit qu'un décret me mettoit en arrestation chez moi ; je me soumets.

On a proposé, comme moyen de rétablir le calme, que les députés proscrits donnassent leur. démission. Je n'imagine pas qu'on puisse me soupçonner de trouver de grandes jouissances dans les persécutions que j'éprouve depuis le mois de septembre, mais je suis tellement assuré de l'estime et de la bienveillance de tous mes commettans, que je craindrois de voir ma démission devenir dans mon département la source de troubles beaucoup plus funestes que ceux que l'on veut appaiser et qu'il étoit si facile de ne pas exciter*. Dans

' l-c |)assago suivant, emprunté au Correspondant politigtie du

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quelque temps Paris sera bien étonné qu'on Fait tenu trois jours sous les armes pour assiéger quelques individus dont tous les moyens de défense contre leurs ennemis consistent dans la pureté de leurs consciences. Puisse, au reste, la violence qui m'est faite, n'être fatale qu'à moi-même ! Puisse le peuple, dont on parle si souvent et qu'on sert si mal, le peuple qu'on m'accuse de ne pas aimer, lorsqu'il n'est aucune de mes opinions qui ne renferme un honmiage à sa souveraineté et un vœu pour son bonheur ! Puisse, dis-je, le peuple n avoir pas à souffrir d'un mouvement auquel viennent de se livrer mes persécuteurs ! Puissent-ils eux-mêmes sauver la patrie ! Je leur pardonnerai de grand cœur, et le mal qu'ils m'ont fait et le mal plus grand peut-être

qu'ils ont voulu me faire.

Signé : Vergniaud.

Fonfrède. — Je demande l'insertion de cette lettre, comme de toutes les autres, au Bulletin.

On demande l'ordre du jour. L'ordre du jour est adopté.

Fonfrède, — J'ai deux autres propositions à faire pour épargner les troubles de la guerre civile, pour tirer la France de l'incertitude où elle se trouve; je demande que les pièces que l'on doit avoir contre les accusés et qu'on n'a pas encore produites, soient lues à la Convention, dans trois jours au plus tard.

Plusieurs wix. — C'est décrété.

Fonfrède. — Je demande en outre que les membres contre qui vous avez lancé un Décret, que je ne qualifierai que de

19 juin, prouve que Vergniaud avait pressenti avec justesse les dispositions de ses compatriotes :

Le 9 juin, toutes les autorités de Bordeaux, assemblées au département, se sont constituées en Commission populaire de Salut public, qui a déclaré qu'elle étoit permanente et qu'elle ne cesseroit ses fonctions qu'après qu'elle auroit, de concert avec les autres départements, mis la liberté hors de tous périls, en la rétablissant dans le «ein de la Convention Nationale.

prudence, puissent venir entendre le rapport qui sera fait contre eux afin de le contredire.

Un grand nombre de membres demandent l'ordre du jour.

Fonfrède. — En ce cas, je déclare que je demande à être mis en état d'arrestation.

La Convention s'en référa au décret qu elle venait de rendre sur le même objet.

Le 3, elle statua sur une lettre de Valazé, que nous rapportons parce que nous ne la voyons reproduite nulle part et qu'elle se lie étroitement à notre sujet.

Paris, le 3 juin, l'an Ile de la République française.

Citoyen Président,

La Convention Nationale a décrété sans m'entendre que je serais en état d'arrestation chez moi. J'obéis; mais j'igr.ore quelle faute a pu m'attirer ce traitement. Je l'ignore, car rien ne m'est imputé, et je n'entends aucun murmure au fond de ma conscience. On prétend que c'est sur la dénonciation des Sections de Paris ; mais cette dénonciation avait été déclarée calomnieuse, et je ne sache pas qu'on y ait rien ajouté depuis le décret qui l'a qualifiée de la sorte. Il n'importe, j'obéis; c'est mon devoir, mais le sentiment qui m'a dicté l'obéissance doit au moins être un nouveau témoignage de mon civisme.

Cependant il ne serait pas juste que Tindigonce vînt empirer ma situation. Je suis père de famille. J'ai dix-huit cent trente-cinq livres de revenu, sur quoi je fais six cent soixante quatre livres de rente ; il ne me reste ainsi que onze cent soixante-et-onze livres de rente sujettes à la réduction des impôts. Or, je vous observe que je n'ai pas touché mon indcainité du mois dernier. Elle m'est, comme vous voyez, d'une nécessité indispensable pour vivre, et cependant je ne puis sortir pour me la procurer.

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Dans cet état, Citoyen Président, je demande que la Convention Nationale ordonne qu'un commis du Bureau des Mandats m'apportera celui du mois dernier, dont je lui donnerai un récépissé *.

Votre collègue,

Dufriche-Valazé.

Séance du mercredi 5 juin {Républicain français du 6 ; n°203, p. 824V

Le citoyen Bertrand, membre de la Commission des Douze et arrêté en cette qualité, annonce qu'il croit devoir obtenir sa liberté, attendu qu'il n'a çné aucun mandat d'arrêt.

Thuriot. — Je demande le -envoi au Comité de Salut public pour vérifier les faits.

Duperret. — Je demande l'ordre du jour motivé sur sa lâcheté.

La Convention renvoie la lettre au Comité de Salut public.

Fonfrède. — Je réclame d'abord l'exécution d'un décret rendu deux fois par l'Assemblée, qui ordonne que dans trois jours, et c'est aujourd'hui le quatrième, le Comité de Salut public fera un rapport sur nos collègues mis en état d'arrestation, et que les pièces annoncées à cette barre par Lhuillier et Hassenfratz seront lues à la tribune ; mais je fonde ensuite ma demande sur un autre motif. Si l'arrestation d'un magistrat du peuple a produit dans Paris une espèce d'insurrection, ne craignez-vous pas que l'arrestation des représentants du peuple n'en produise une véritable dans la République entière?

* Du 4 juin, sur la motion d'un membre, la Convention Nationale décrète que les mandats pour l'indemnité du mois dernier seront remis par les soins du Comité des inspecteurs de la comptabilité aux membres mis en arrestation dans leurs domiciles, et que cette indemnité continuera provisoirement à leur être payée pendant leur arrestation.

Vu bon : Poullaux.

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Un membre. — Vous êtes un ennemi de la tranquillité publique.

Fonfrède. — Si vous étiez arrêté, vous qui m'interrogez, et que je parlasse pour vous, serais-je un ennemi de la tranquillité? Au reste, de deux choses l'une, ou les pièces dénoncées ont été déposées, et dans ce cas pourquoi ne pas les lire? Ou bien elles n'ont pas été déposées, et alors pourquoi nos collègues sont-ils encore détenus?

Eh bien ! moi qui ne suis resté dans cette assemblée que pour défendre quelques-uns de mes collègues, de la pureté desquels je suis sûr, si ces pièces ne sont pas produites, j'invoquerai contre les accusateurs la peine du talion. (On murmure.) Peut -on m'interrompre, quand je vous prie d'empêcher la guerre civile? car déjà il est de mon devoir de vous le dire. Si des hommes armés sont venus vous demander le décret d'arrestation contre des représentants, d'autres citoyens français, usant du même droit, viennent aussi, armés, réclamer leur liberté.

Dans ce moment-ci, je ne fais que de simples propositions : ou que l'assemblée ordonne l'exécution du décret qui demande un rapport, ou qu'elle décrète qu'elle n'en entendra point.

Chabot répond et dit : Nous prouverons à nos ennemis quo nous ne voulons pas leur tête.

Fonfrède. — Demandez-la donc...

DEUXIÈME LETTRE A LA CONVENTION {Républicain Français du 6 juin 1793)

Un secrélaiio commence la lecture d'une lettre de Vergniaud.

Levasseur s'oppose à ce que cette lecture soit continuée en réclamant l'exécution d'un décret qui ordonne

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le renvoi au Comité de Salut public, de toutes les pièces relatives aux détenus.

Un secrétaire fait lecture du décret.

Doulcet^. — La Convention ne doit pas, ne peut pas être tyran; or le décret qu'on invoque seroit un véritable acte de tyrannie. Que demandent les détenus? Un rapport après lequel la Convention prononcera ce qu'elle voudra. Mais qu'arrive-t-il ? C'est que le Comité de Salut public qui, sans doute, a l'envie de faire son rapport, ne le peut pas, parce que les autorités constituées de Paris et autres, qui ont des preuves contre les trente-deux scélérats, car c'est ainsi qu'ils les appellent, ne les fournissent pas. J'ai lu dans les papiers publics qu'on laisse circuler et que je suis fondé par là même à croire dans le sens de ceux qui gouvernent, que le Procureur de la Commune avoit dit que c'étoit une perfidie atroce de la part du Comité de Salut public, de demander des preuves contre trente-deux Représentants du peuple, qui n'appartiennent, qui ne sont comptables qu'à la République entière : il a dit que depuis longtemps il avoit sollicité la faveur de dénoncer sur pièces ; mais que, puisqu'il falloit céder à la perfidie du Comité de Salut public, il offrait d'aller, un papier et un crayon à la main, recueillir dans les groupes les preuves de leur crime. (On murmure.) Je réclame contre l'oppression ; citoyens, chercheroit-on à étouffer ma voix? Ma voix dans ces circonstances désastreuses prendra de nouvelles forces, et je défie qu'on me réponde autrement que par un décret d'arrestation,

11 est facile à ceux qui suivent les séances de ces autorités de voir qu'elles ne reconnoissent pour le peuple que quelques individus partiels et payés... (De nouveaux murmures

1 Nous insérons ici ce discours de Doulcet de Pontécoulant, que l'on ne trouve que dans le Républicain français. Nous ne connaissons pas d'acte plus courageux, et certes, si Charlotte de Corday eût connu ce journal, elle n'aurait pas dit que Doulcet était de la Montagne, et elle ne l'aurait pas traité de lâche. C'était au contraire un homme d'une intrépidité remarquable. (V. Dossiers de Charlotte de Corday, p. 104, et Mémoires de Buzot, p. 311.)

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s'élèvent.) Je me résume en disant que k Convention n'a pu vouloir étouffer les réclamations de ceux qu'elle a mis en arrestation sans les avoir entendus.

On m'observe que ce n'est pas la Convention.

Je le disois par amour de la paix. Non, certes, le plus féroce tyran ne peut refuser d'entendre la réclamation d'un accusé qui sollicite son jugement. Je demande donc que l'on entende la lecture, et que demain, à midi, le Comité de Salut public fasse son rapport et sur les dénoncés et sur les dénonciateurs.

Je demande qu'alors on n'étoufïe pas la voix de ceux qui voudront prouver les crimes de cinq ou six bandits qui, depuis six mois, désolent Paris.

Thuriot répond comme membre du Comité de Salut public. Dans un discours long et violent, il s'attache à prouver qu'il faut du temps pour recueillir les preuves, les pièces, et saisir les fils de la conspiration sanguinaire ourdie par les Girondins. Il termine par cette phrase brutale :

Si vous lisiez tous les jours à cette tribune les lettres des trente-deux députés arrêtés, vous perdriez toutes vos séances, et après vous avoir, pendant sept mois, occupés de disputes et de déclamations, ils vous assiégeraient de plaintes continuelles pour vous détourner de vos travaux.

L'Assemblée, moins dure que le futur juge d'instruction de l'empire, ordonne la lecture de la lettre.

Le Moniteur en donne l'extrait suivant (n** du 8 juin 1793, p. 575). Mais pour avoir la pièce entière, il faut encore recourir au Républicain français, qui a respecté l'intégralité du texte.

Nous guillemetons tout ce que le Moniteur a supprimé. Il est facile do se rendre compte de la nature et de l'importance des passages retranchés.

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Citoyen Président,

Je demande que le Comité de Salut public, qui devoit faire dans trois jours son rapport sur les complots, dont trente Représentants du peuple ont été accusés, soit tenu de le faire aujourd'hui.

(( Je le demande, non pour moi, j'ai dans ma conscience « le sentiment consolateur que les persécutions que j'é- (( prouve ne peuvent que m'honorer et flétrir mes enne- (( mis; » je demande ce rapport pour la Convention ellemême, qui ne peut tolérer que plusieurs de ses membres soient plus longtemps opprimés « sans se couvrir d'une « honte ineffaçable ou par sa foiblesse, si, reconnoissant leur (( innocence, elle n'a pas le courage de la proclamer, ou par (( sa tyrannie si elle n'en a pas la volonté. » Lhuillier et Hassenfratz et les hommes qui sont venus avec eux reproduire à votre barre une pétition déjà jugée calomnieuse, ont promis les preuves de leurs nouvelles dénonciations. S'ils les produisent, je me suis mis volontairement en état d'arrestation pour offrir ma tête en expiation des trahisons dont je serai convaincu. S'ils ne les produisent pas, r. s'il demeure (( prouvé qu'ils sont des imposteurs, qu'ils ont trompé le (( peuple, quand ils ont eu l'audace de lui affirmer et de lui (( faire dire, par leurs satellites et leurs calomniateurs à (( gage, que nous étions des traîtres, » je demande à mon tour qu'ils aillent à l'échafaud.

1° Pour avoir fait assiéger la Convention par une armée qui, ignorant la cause du grand mouvement qu'on lui faisoit faire, a failli, par des excès de patriotisme, servir la contrerévolution.

2° Pour avoir mis à la tête de cette armée un commandant (i qui a outragé la représentation nationale et violé sa u liberté par des consignes criminelles. »

3° Pour avoir obtenu par violence l'arrestation de plusieurs Représentants du peuple, la dispersion d'un grand nombre d'autres, « et rompu ainsi l'unité de la Convention. »

4° « PoLr avoir, par une insurrection, dont on ne sauroit

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« trop répéter, que Paris n'a pas connu les motifs, dont il « commence déjà à s'étonner et dont bientôt il témoignera (( son indignation, pour avoir, » dis-je, par l'impulsion terrible donnée au peuple de cette grande cité, jeté dans tous les départements le germe des discordes les plus funestes et les brandons de guerre civile, « suivant la diversité des opi- « nions et des partis qu'ils vont embrasser, et le plus ou « moins de chaleur avec laquelle ils les soutiendront. »

5** Enfin pour avoir retenu à Paris « et fait servir contre « la représentation nationale » les bataillons qui dévoient aller dans la Vendée « combattre les rebelles, et s'être par « là rendus coupables de notre dernière défaite à Fontenay- (( le-Peuple.

« Tandis que les hommes, je ne dirai pas prévenus, mais « convaincus de crimes aussi graves, promènent librement « leurs calomnies de groupe en groupe, de section en sec- « tion, et préparent le bouleversement général de la Répu- (i blique, la Convention nationale soufTrira-t-elle que je sois « privé de ma liberté? »

Citoyens mes collègues , je m'en rapporte à vos consciences.

Votre décision sera jugée par la nation entière et par la postérité.

Signé : Vergniaud.

On demande l'impression et l'insertion au Bulletin,

Legendre. — C'est pour que les lettres soient mises dans les journaux qu'on vous les envoie ici. Il n'y a point de discussion. Je demande l'ordre du jour.

Thuriot. — C'est pour attiser la guerre civile.

L'Assemblée passe à l'ordre du jour et renvoie la lettre au Comité de Salut public (p. 830).

On voit que les passages les plus énergiques avaient été supprimés. On avait soigneusement ellacé ce qui contenait une inculpation directe contre les auteurs du 2 juin, un appel à l'opinion publique, capable de faire

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une impression sur les esprits encore incertains, fluctuans. Ce que disait Vergniaud de l'atteinte portée à Yunité de la Convention Nationale^, par des hommes qui reprochaient si sévèrement à leurs adversaires d'attaquer l'unité de la République, ce mot ingénieux et embarrassant a disparu...

La comparaison que l'on peut faire ainsi entre la lettre originale et l'extrait qui en est donné, montre comment le Moniteur pratiquait les théories qu'il professait avec cynisme. Aussi nous n'hésitons pas à reproduire la pièce qui a été retrouvée dans les papiers de Robespierre, quoiqu'elle ait été citée bien souvent. Elle est ici à sa place, par sa date, par son contenu, par sa relation directe avec le journal le Républicain^ qui est mis en scène.

Lettre du citoyen G..., rédacteur en chef de l'article Convention Nationale du Moniteur, au citoyen Robespierre.

Paris, le 18 juin, an II de la République.

Il n'y a que deux mois qu'on avait l'opinion qu'un journal devait également publier tout ce qui s'est dit dans une séance, pour et contre, en sorte que nous étions forcés, sous peine d'être dénoncés et de perdre la confiance de nos abonnés, de publier les diatribes les plus absurdes des imbéciles ou des intrigants du côté droit.

Cependant vous devez avoir remarqué que toujours le Moniteur a rapporté avec beaucoup plus d'étendue les discours de la Montagne que les autres. Je n'ai donné qu'un court extrait de la première accusation qui fut faite contre vous par Louvet, tandis que j'ai inséré en entier votre réponse.

J'ai rapporté presque en entier tous les discours qui ont été prononcés pour la mort du roi, et je ne citais quelques extraits des autres, qu'autant que j'y étais indispensablement obligé pour conserver quelque caractère d'impartialité.

Je puis dire avec assurance que la publicité que j'ai donnée à

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VOS deux discours et à celui de Barere en entier, n'a pas peu contribué à déterminer l'opinion de l'Assemblée et celle des départemens. Nous avons publié l'appel nominal de cette délibération avec la plus grande étendue. Il nous a occasionné 6,000 francs de frais et vous avez dû remarquer que ce travail, fruit de mes veilles, a été rédigé dans-le sens le plus pur, et que toutes les opinions qui concluaient à la mort du tyran ont été mises dans leur intégrité.

G... dit ensuite que, grâce à ses efforts pour culbuter les intrigants (les Girondins), il a déjà perdu 1,000 abonnés dans le Midi et la Normandie; qu'à Marseille, le Moniteur a été arrêté à la poste, puis brûlé, et il termine par ces paroles :

Depuis plusieurs mois, je fais les plus grands efforts pour détruire les préventions qu'auraient pu exciter contre nous quelques séances retouchées j^r Rabaut Saint- Etienne, l'hiver dernier et pendant mon absence. Il est connu que ce Rabaut n'a été attaché que pendant trois semaines au Moniteur. Nous l'on avons exclu ainsi qu'un nommé His, qui rédige actuellement le Républicain, et nous allons changer de rédacteur pour la i)artie politique. Au reste, il suffit de jeter un coup d'œil sur nos feuilles, depuis un mois, pour voir qu'il n'est aucun journal qui n'ait plus contribué à culbuter les intrigues dont le peuple va faire justice.

Aussi avons-nous déjà perdu 1,000 abonnés dans le Midi et dans la Normandie; aussi à Marseille a-t-on d'abord arrêté à la poste, puis brûlé le Moniteur en place publique.

D'après cela, nous croyons avoir quelque droit à l'indulgence et môme à la protection des j>atriotes.

Signé : G...

(Papiers inédits trouvés chez Robespierre, vol. II, p. 131.)

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