SOCIÉTÉ DES JACOBINS DE PARIS
(Séance du mercredi soir 24 juillet.)
Chastes, — Je demande que le mode d'arrestation sous la garde d'un gendarme, qui a lieu maintenant, cesse. Ce matin, le bruit s'étoit répandu que Biron s'étoit évadé. Gensonné est tous les jours à sa fenêtre, rue de Richelieu, à narguer les passans. Il a vue aussi sur la rue Traversière, et rien ne lui est aussi facile que d'aller voir son ami Birotteau.
Je demande qu'une députation soit chargée d'aller supplier la Convention de décréter qu'à l'avenir, tout prévenu de crimes, quel qu'il soit, sera purement et simplement incarcéré dans une maison commune et qu'en exécution de ce décret, les Députés maintenant détenus, soient sur le champ transportés à l'Abbaye.
Le résultat de ces dénonciations incessantes et acharnées ne pouvait être douteux : les proscrits furent arrachés de leur domicile où ils avaient d'abord été consignés. L'ère de Tincarcération, proprement dite, commença pour eux. Yergniaud subit avec résignation le sort commun à ceux qui n'avaient pas voulu se soustraire par la fuite à ces indignités et à ces outrages. Mais avant de le suivre de prison en prison, nous devons nous arrêter sur des pièces qui furent trouvées à son logement de la rue de Clichy et qui sont restées inédites jusqu'à ce jour. Elles appartiennent à l'histoire de sa vie intime et nous donneront roccasion de rectifier les erreurs accréditées par la légende.