PAPIERS
TROUVÉS CHEZ VERGNIAUD, DUCOS ET FONFRÈDE {Inutiles)
LETTRES d'amour ET AUTRES PIÈCES INDIFFÉRENTES (Arch. nat., F. 7, carton 4644, pièces 697 etsuiv.)
Vergniaud, Ducos et son beau-frère Boyer-Fonfrède, demeuraient ensemble, rue de Clichy, n° 337.
Les deux premiers n'étaient pas compris dans la liste de proscription dressée le 2 juin par Marat et consorts. «Mais, dit Bailleul {Almanach des Bizarreries humaines^ p. 133), ils étaient singulièrement attachés à Vergniaud ; tous deux étaient ses élèves, ils le regardaient comme leur père. Sa proscription les décida à sacrifier leur vie pour lui \ ils le défendirent courageusement tant qu'ils furent libres, s'opposant, comme on l'a vu à la proposition de le faire transférer dans une maison nationale (Y. séance du 24 juin, n** 178 du Moniteur). On a vu aussi que les Girondins, d'abord détenus dans leur do-
1 Ducos, dit-il encore, loco citato, était un des hommes de France qui avait le plus d'esprit comptiint. Chamfort l'aimait beaucoup... à cause de son dévouement ytour la Révolution, de sji jeunesse, de sa candeur et de ses siiillies, et il y avait des femmes quU'aimaient encore davaritage. (Des correspondances do femmes se trouvent en effet aux Archives avec celle <jui concerne Vergniaud.)
D'après VAImanach natiotial de 1792, p. 135 et 159, Vergniaud et
micile, sous la surveillance d'un gendarme, pouvaient recevoir chez eux leurs amis et même sortir avec leur garde. C'est à cette première période de leur détention que se rapportent les lettres adressées à Yergniaud, rue de Clichy, par une femme dont le nom ne nous est pas connu. On voit clairement que Yergniaud faisait la cour à cette dame, il manifestait certains sentiments de jalousie; elle répondait par l'expression de l'intérêt le plus vif, de Tamitié la plus tendre. Elle ne va pas au-delà, du moins par lettres ; au reste, à en juger par un billet de sa sœur, elle ne faisait pas mystère de son affection pour le proscrit.
Quand on parle des amours de Yergniaud, on songe immédiatement à Julie Candeille. 11 y a sur leurs relations un roman tout fait. La belle artiste, séduite par la célébrité du Girondin, aurait dédaigné tous les hommages dont elle était entourée pour monter à lui. Et lui, le grand orateur, aurait oublié la politique pour devenir le collaborateur des pièces de théâtre composées par son amie. C'est à sa participation que serait dû l'immense succès de la Belle fermière^ la seule production de Julie Candeille qui ait eu cette bonne fortune. Tout ceci est arrangé, raconté comme si leur liaison avait été publique, leur association littéraire, certaine ; aussi les historiens ne se donnent-ils pas la peine de citer leur autorité, tant le fait est notoire. (Y. Lamartine, Histoire des Girondins, vol. III, liv. ^8, p. 32. Michelet, Histoire de la Révolution^ tome Y, p. 44. Yergniaud et
Ducos, alors députés à l'Assemblée législative, logeaient tous deux hôtel d'Aligre, rue d'Orléans. Pendant les premiers temps de la Convention, ils ont encore un logement commun, place Vendôme, n» 5. (V. ÏAlmanach national de 1793, p. 55 et 73.) Plus tard, ils se réunissent à Boyer-Fonfrède, rue de Clichy.