AVANT-PROPOS
place dans des théses de Sorbonne, on lui demande des sujets de dissertation frangaise pour le baccalauréat... |. C’est un grand signe des temps qui souvrent pour sa gloire. Il aura bientét dans tous les « manuels » sa page ou son chapitre, équitable, et cette auréole de respectueuse admiration qui vient si naturellement éclairer la figure des écrivains bien décidément enfoncés dans le passe.
On ne se fait pas trop illusion, néanmoins, sur les possibilités permises 4 cette étude. Les documents ne manquent point sur Verlaine; et il est probable que l’on sait, dés 4 présent, 4 son propos, tout l’essentiel de ce qui satisfait, 4 l’ordinaire, la curiosité des historiens. Mais sil est loin de nous, il nest pas assez loin encore pour quon puisse grandement aider a le comprendre, — comme on fait pour des poétes plus anciens, — en redessinant, grace ade laborieuses recherches, l’idéal sentimental et intellectuel des temps ou il écrivit, en expliquant les circonstances qui déterminérent ses principales oeuvres, en alignant ses sources... Ce sont la des moyens, quelquefois bien inefficaces, par lesquels on essaie de lutter contre le temps, contre l’oubli, contre l’impossibilitéde ranimer les vrais sentiments et les motifs d'action des hommes d’autrefois. Nous ne pouvons pas encore nous contenterde comprendre Verlaine et de |’expliquer; il est trop moderne, malgré tout; il faut sentir avec lui, — ainsi que lui, si possible
n guide, t un Eater selon : formule brite rifoaae etdiscret. Il signalera les points de vue qui paraissent les meilleurs pour bien envisager l’euvre de Verlaine, les routes d’accés les plus commodes pour Iatteindre, les . renseignements historiques et statistiques essentiels ; mais une fois que le lecteur sera amené tout a fait en
facedel’ceuvre du poéte, le guide se fermera de lui-méme
entre ses mains ; les guides n’apprennent point 4 goiter
an paysage. La poésie de Verlaine est suggestion plutdt que pensée, réve plutét qu’image; une grande partie — de sa richesse est comme dormante dans la sensibilité — des lecteurs, présents et futurs; a eux de retrouver, par vive intuition ou par un effort de bonne volonté, tout ou partie de cette richesse ensevelie.