‹ Vernon: Vingt minutes d'arrêt; heures noires et nuits blanches. Poésies d'unChapitre 10 sur 45 · AU JARDINIER PHILOSOPHE JEAN LAI · texte numérisé non relu

AU JARDINIER PHILOSOPHE JEAN LAI

Plus seul de jour en jour, d'heure en heure m J'aime et c'est sans raison que j*aime et qu'on Une sève plus rare en moi court sous l'écorc( Et j'ai l'audace à peine, à peine ai-je la force De nourrir un regret, d'enfanter un souhait.

Mais le joug qui m'étreint quelque jour se re] Quelque jour en un coin j'aborde en paix ms Tout à vous, tout aux miens, à nos fleurs, à Je me consolerai, lui cédant l'univers, De cette tourbe humaine aussi sotte que lâd Que le génie irrite et que la vertu fâche.

Qui méprise les bons et se plaint des pervers

byGoogk

byGoogk

Quel est ton sort, dis-moi ? — D'être hommi

Molière

A M. EUGÈNE NOËL

En cette obscure et rude joute Où le pain du jour, poursuivi, Manque à la vie et souvent coûte La vie au manœuvre asservi, Au moment où la lutte cesse J'emporte le prix du débat.

Il était temps, je le confesse ; Vainqueur et vaincu je m'afifaisse A tout jamais hors de combat.

Qu'importe ! brisé je m'élance Et voudrais rompre quelque lance

byGoogk

En d'autres tournois désormais, Ou du moins rompre le silence Avant de me taire à jamais, Et Tunique but où je tende Quand mon souffle va s'exhaler, C'est de parler, c'est qu'on m'entende Et qu'on me réponde ; parler Et — comme on dit : — me révéler...

Parler... c'est la tâche équivoque, L'œuvre unique de notre époque Et le labeur, cher à chacun.

De beaucoup qui n'en ont aucun.

Nul ne parvient sans qu'on s'en choque A quelque chose et n'est quelqu'un Que s'il parle, et c'est à me taire Que j'ai gagné mon dénûment.

Un muet compte-t-il sur terre ?

Ceux dont ce siècle est le moment Sont les jaseurs, car, franchement, Qui se met en quête d'ouvrage.

D'héroïsme, de dévouement?

byGoogk

A M. EUGÈNE NOE

Qui réserve un discret suffr Pour un louable agissemeni Hors la lèvre aujourd'hui t Hormis les bavards nul ne j Et l'action point ne compec Un loquace désœuvrement.

L'homme vaut ce que vaut Le Thersite qui nous harauj Est l'Achille de nos débats; Il ne nous faut que des Tyi Et des Stentors en nos coml La probité n'est plus un titi C'est la fiche échue au bélît Il ne peut arriver à rien, Lui seul demeure homme d( Mais un tréteau haussant le Dont il ennoblit l'écriteau Lui mettra les pieds sur noi Nul n'est sublime incognito Les seuls agenceurs de sorn Sycophantes et charlatans, Sont illustres et méritants ;

byGoogk

nous sommes constants ax seuls sont honnêtes.

Maître, un vain flux uperflus

erronées ;

îs en sont données :

\ une de plus ?

bruit ni système la vertu même ; alut-il moins?

n eut-il les vues?

en sont témoins.

- vos yeux les ont vues, ^temps des statues ille à Paris, endie abattues,

des débris.

grandes ombres droit de cité ; le ses décombres ; es il est resté

byGoogk

A M. EUGÈNE

Des fétiches de tous les Ecrivains, artistes dive Très connus par tout Pi On rendra vite à nos h( Ces oisifs et ces amuseu Et s'il s'y trouve des da On en refera les images Puis, avec vénération, Celles-ci seront redress( Mais Condorcet et Mont Étant des hommes d'ac Qui n'ont laissé que des Et des faits, resteront p Et jusqu'aux égouts de On balaîra leurs effigie Quelques fraîches gloin Reprendront leur place On soupçonnait, et plu Que dans Athène et les On compte peu d'aussi Qu'en nos fastes nul n'e Mais il paraît qu'on le <

byGoogk

10 HliURES NOIRES ET NUITS BLANCHES

D'autre sorte au siècle où nous sommes ;

D'autre sorte nous les trions,

Et conteurs, chanteurs, histrions

Dont on n'a que faire qu'en rire

Traînent tout le peuple en délire ;

Et voyez que les millions

Ne vont plus qu'à leur tirelire.

A leurs pieds on a tout jeté ;

A leurs pieds seuls la charité

Vient chercher, trouve son obole.

Qu'est-ce, auprès d'un ténor vanté,

L'homme d'État, sans hyperbole?

César même l'eut éprouvé.

Le sacerdoce et l'auréole.

Ce qu'on a de plus haut trouvé,

Ils l'ont, et le haut du pavé

Leur revient. Rois, tribuns ni prêtres,

Ne sont plus nos guides, nos maîtres.

Et tel prince hyperboréen

Sortant du cotillon qu'il mène

Entre au « concert européen »

Qu'il conduit dès qu'il s'y démène :

byGoogk

A M. EUGÈNE NOËL

Toute la sarabande humaine Suit ce branle, tristement gai.

Je ne suis pas fort intrigué

Et ne me courrouce ou chagrine

De ce fait qu'une ballerine

Ait, — ce que je n'ai point brigué -

Le pas sur les fronts à panaches.

Sur les poitrines à « crachats » :

Les pieds experts en entrechats

Guident le cerveau des ganaches,

Que m'importe ? Je n'y veux voir

Qu'un sujet d'y rêver, d'en rire ;

Et c'est à d'autres à savoir

S'il leur plaît ou non d'y souscrire.

Mais je ne puis. Maître, prévoir

Avec la même indifférence

Que tant qu'on mettra les talents

Trop au-dessus de tout en France,

Donnant par trop la préférence

Aux effrontés sur les vaillants ;

Tant qu'on y prendra la faconde

byGoogk

Pour jauge des dons excellents, Et sur cette assise on se fonde Qu'au plus loquace on confira Notre empire et celui du monde ; Tant qu'à des rhéteurs on paîra Le tribut dont on privera Muettes vertus méprisées Tant qu'un étourneau primera L'honnête homme qui se taira Après deux paroles sensées...

Nous irons aux billevesées !

Nous irons où je viens ici Car par grand hasard me voici Rentré sans encombre en mon thème, Savoir : démontrer impromptu Que tel par système s'est tû Qui devra parler par système.

Mon destin donc et mon devoir Sont qu'aux discours je me hasarde ; On touche à ce qui me regarde Trop souvent, Maître, pour n'avoir

byGoogk

A M. EUGÈNE

A tout ce qu'on fait riei Je n'y songeais que pai Que de fois me suis-je ( Deviens tel que tu devj Et vise à faire reconnai Que tu n'as jamais var Ni rien fait qui te valul En rien vanté ni décrié Le bras seul en toi soit Instrument passif, dili^ Accepte de n'être qu'ut Et ne l'être guères, son Qu'il t'en revient si pei Et de mérite. Yis moins Redis sans orgueil ni d L'artisan vaut mieux qi La rose ne vaut pas l'ép Mais toujours l'instinct Comme un feu couvert < Me ressaisit et me dom Non que je donne en c De penser, si Thomme e

byGoogk

Que le changer soit tâche aisée,

Et que vos vertus et mes vers

Puissent réformer l'univers :

La goutte à la source puisée

Et versée au vaste océan

N'adoucit pas le flot géant

Et devient elle-même amère.

Je me confine en mon néant :

Un meilleur cède à sa chimère,

Brave les contacts vénéneux ;

Aimant les hommes, qu'il s'enfonce

Sans s'y perdre en leurs flots haineux

Le houblon s'enlace à la ronce

Et ne devient pas épineux ;

Las des hommes, de leurs sévices,

Vieux, et sans orgueil ni besoins,

Je les laisse à leurs maux, leurs vices.

Et leur rends trop peu de services

Mais j'en attends d'eux encor moins.

Et j'irais renouer ma chaîne !

Une revanche veut des soins ;

J'oublie avec si peu de peine 1

A M. EUGÈNE NOËL 15

Car le mépris naît de la hi Mais la haine meurt du m La pitié ne vaut pas mieu De Tune et Pautre je soui Vouons à l'humaine séque La pitié : des hommes j'ap Maître, que c'est la plus c Et leur rends pour tout d Plus amer qu'un sanglant Ou qu'une haine décevani

Je vois, et non sans épou^ Oîi pas à pas je suis venu Tout long discours est sai Sottes les longues sérénad Les Muses sont sœurs des Quand en leurs chœurs o Il faut suivre, aller à leur Ce sont mes seules prome Je renonce aux excursioi Je reviens à mes visions, Je rentre en mes rêvasser

byGoogk

Les chrysanthèmes sont flétries, L'hiver fait rage, à peine on vit, La bise avec fureur sévit.

Le vieux chêne aux rugueuses branches, Où fut tout un bois, resté seul.

Semble un spectre sous le linceul Que tend le givre sur ses hanches.

La neige aux vastes nappes blanches Couvre le val et Fhorizon.

Plus de fleurs et plus de gazon, Les heures gémissent, obscures.

Quand reprendront leurs teintes pures Et leurs rayons nos cieux ternis ?

Quand les bois auront-ils des nids, Les sources des eaux, des murmures ?

Quand Therbe et la faux aux sillons ?

Quand les zéphyrs, les oisillons, Sur nos seuils et sous les futaies ?

Quand reverrons-nous refleuris Dans les étangs les bleus iris Et les blancs sureaux dans les haies ?

byGoogk

L'envie a demandé, pour me f Ce qu'est la poésie et quel oise Au poète docile, à tout autre ] Un rêveur apprivoise et qu'il ] Et pourquoi, sans espoir, il se En soins obscurs, dont nul au

Et l'indignation, la colère et 1( En moi font affluer tout mon ( Mais un sourire éclos sous ton Prend la place des cris sur ma Car le poète seul comprend bi Gomme un regard le jour et le

byGoogk

Brute où s'allie un dieu qui déprave la brute,

L'homme, — un monstre sublime, — offre à Tceil qui le scrute

Tout un chaos étrange, obscur et lumineux,

Où le mal et le bien sont en lutte éternelle,

Où l'esprit se débat sous l'étreinte charnelle

Dont le doigt de la mort vient seul rompre les nœuds.

Tout ce que Dieu nous donne et qui rayonne et prête

A nos yeux des clartés, un nimbe à notre tête :

Génie, amour, vertus, rêve, science, foi,

Attributs plus qu'humains, sens d'un être suprême,

Hôte mystérieux et que l'homme, en soi-même,

A lui-même étranger, sent valoir mieux que soi ;

Le serrement de main, le regard, le sourire De celle dont le nom, qu'on puisse ou non l'écrire, L'aspect, les pas, la voix, le contact adoré, Comblent de volupté, d'extase et d'harmonie Notre âme, qui devient flamme, audace, génie, Et notre cœur de joie et d'amour enivré;

Aurore, éclair, printemps, joie, amour, ambroisie,

byGoogk

C'est la vie et son souffle et c'est la poési Tout un rayon des deux, le plus pur, le Qui pour transfigurer une immonde sul En notre âme répond comme une autre ( Prête à nos sens obscurs un sublime fla

Valse, au souffle des vents, de la feuille q Course de jeune fille ou blanc vol de col Lent essor du zéphyr dans la nue enferi Bonds du ruisseau qui croule aux flancs Tressaillement du lis qui frémit et s'incli Sous les pleurs de l'aurore, aux haleines

Tout mouvement empli de charme, emp Nous conduit sur ses pas, nous ramène Tout accent, qui de grâce ou de charme Rire ou sanglot, soupir du regret qui s' Vœu du désir qui nait et, sublime ou fri Monte du cœur à l'âme et des lèvres jail

Toute voix à sa voix se mêle et s'y décè De la cloche sonore à la sourde crécelle

byGoogk

Et du clairon d'airain des cités ou des camps Aux rustiques pipeaux à la gamme nasale, C'est son cri qu'on entend ! son souffle qui s'exhale En confuses rumeurs, en rhythmes éloquents!

byGoogk

Dys-moy, Madame, Etienne de

A RISETTON

Puisqu'ainsi ton cœur dur et ta vol Qui m'ont dit non toujours, me diron Et qu'il n'est pas permis, fut-ce à vo A ma lèvre en émoi de murmurer toi

L'Aurore admet qu'il naisse et souffi Le cri que son aspect arrache au fro La plainte est au mourant, le blasph Et s'il faut que je soufTre et me taise

Laisse, ô, laisse à mes vers, vanter à La beauté radieuse et la grâce timid( Le charme, ô mon trésor, sur tes pai

Ta lèvre aux^fins contours, ta prune!

Et ces trois tresses d'or bruni, fauve Qui couronnent ton front^ joyeux et

byGoogk

byGoogk

A M. Pau J'ai voulu malj

Page 1