LE PHALÈNE ATROPOS
Rêve aux corolles favorites, Et prend ces blêmes feux, des ombres émergeant, Pour les rayons de lait brunis de fauve argent
Du disque d'or des marguerites !
Qui que tu sois, va-t'en ! Toute volupté mord. Fuis ces mornes reflets : leur embûche est ta mort,
Regagne mes vitres ouvertes.
Et si Paube et les fleurs sont tes suprêmes vœux, Vois : les champs de Tazur sont émaillés de feux,
Des feux sèment les herbes vertes !
Fais un choix, laisse-toi par ton vol entraîner. . .
— Ah, si j'avais une aile, ô toi qui peux planer,
Je voudrais, ardent à te suivre.
Chercher plus près de Dieu, mieux doté de rayons, Un monde où, de concert, hommes et papillons
Se sauraient meilleur gré de vivre. ..
Pars : je te suis d'un œil gros d'angoisse et d'émoi...
— De l'ombre ainsi que moi tu sors et, comme moi.
Au but, dont tu seras la proie, Tu t'élances joyeux sans douter ni savoir,
byGoogk
Avide de saisir, enivré rien qu'à voir
Ce qui resplendit ou flamboie !
Du souffle ou de la main si je veux t'éloigner, Plus rétif, plus ardent, tu reviens t'acharner
Autour de cette splendeur terne ; Il eut fallu, marqués du même sceau fatal, Pour me sauver éteindre ou voiler l'idéal,
Et pour te sauver ma lanterne...
C'en est fait : ton aigrette et tes flancs sont en feu.
— loi, qui que tu sois, farfadet, demi-dieu,
Gnome ou chétive bestiole.
Gomme en sa pourpre un roi n'a souvent qu^un linceul, La flamme ne revêt que ton cadavre seul
D'une lumineuse auréole...
Oui certe, un même instinct nous guide au même sort.
— La taupe, sœur du lynx, dira que c'est un tort
De convoiter ce qui dévore.
Que trop de jour égare autant que trop de nuit. Et qu'on trouve souvent, allant à ce qui luit.
Un traquenard dans une aurore 1
byGoogk
Aux Jard
(Gfi de r officier ppussi