‹ Vernon: Vingt minutes d'arrêt; heures noires et nuits blanches. Poésies d'unChapitre 13 sur 45 · A FRAN · texte numérisé non relu

A FRAN

<3uaad le prétorien ( Une la jactance altièi Et que la lâcheté se Quand chacun dit : « Qi Et tous avec l'État, n Vont se perdre aux é<

Quand la dernière is Qu'avec le dernier dr Qu'en nous comme ai Quand la brèche est a

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Quand s'effondre à l'égoût le Gapitole en flammes Sous la torche et la hache, au cœur de la Cité*...

Quand le clan des « sauveurs » renonce aux auréoles, Que leur orgueil s'affaisse au-dessous des grands rôles, Qu'ils sentent à leur poing leur glaive se briser ; Que les tribuns muets s'exilent; que les phrases Ont, ballons dégonflés, revomi leurs emphases. L'héroïsme surgit, — qu'on feint de mépriser.

Enfant du peuple, ô toi, père de la patrie, Debergue I vers ton ombre et j'accours et je crie : Ton dévouement d'hier lègue à nos lendemains Un grand et noble exemple à vénérer,, à suivre, Et prouve que, si bas qu'on ait pu naître et vivre. Une vertu dans Pâme est une arme en nos mains.

Ce travailleur vulgaire et ce martyr sublime Qui n'obtint qu'un renom douteux, presque anonyme, Humble artisan, vécut du plus humble métier : Une bêche exerçait son bras rude et noirâtre...

* La colonne de la Grande-Armée n'a-t-elle pas été renversée sur un amas de fumier ?

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A FRANÇOIS DEBERGUE 29

— Ainsi Gincinnatus fut bouvier, David pâtre, Jeanne d'Arc fîlandière et Jésus charpentier.

Qu'un autre hésite, un autre ou transige ou faiblisse, Debergue peut sans honte éviter le supplice:

Arbitre de son sort il n'a qu'à dire un mot... II se tait ; et trouvant le trépas face à face. Il se découvre à Theure où s'affaisse et s'efface César, qui sur son front ramène son manteau.

Et quand les étendards devant Varrus slnclinent, Quand ses titres pompeux, que des héraults déclinent, Fanfares, cris, bravos et faisceaux des licteurs Volent devant ses pas ; lui, vaincu qu'on renie. Il me faut disputer à l'oubli du génie Ce mort, presque inconnu du peuple et des rhéteurs !

plébéien obscur, je viens, obscur poëte.

En larme et frémissant suspendre sur ta tête La couronne de chêne aux nœuds trop usurpés ; Indigne que je suis de hanter cette tombe Une tâche sacrée à ma faiblesse incombe :

Les adroits et les forts sont ailleurs occupés.

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Les faits seuls, exposés sans art, sans vaine glose, Suffisent à mes vers, comme à Fapothéose De celui que des yeux — des yeux seuls, — nous suivons. Et dominant un peuple, un siècle de la taille. Quand discute un sophiste et quand le traître raille * Dit: mourons et qui meurt... alors que nous vivons !

Type antique et sacré d'un idéal civisme I

Sans prétendre à rien, — fût-ce à son propre héroïsme,

Sans convoiter de gloire ou briguer d'honneurs vains,

Du trône et du pouvoir quand on trébuche, on tombe.

Lui qui rampe en la vie il gravit à sa tombe

De plein-pied... et quelle aire aux essors surhumains !

Que ce simple homme est grand, et qu'il ravale, accable.

L'athlète du Forum, ergoteur impeccable

Qui fulmine, s'escrime et rêve qu'il agit ;

Le rodomont vantard et le vanté poète

Qui pousse de fiers cris, mais courbe une humble tête,

Et lion sycophante en fredonnant rugit !

' « Vous avez donc du patriotisme, vous! » Réponse de Bazaine à un habitant de Metz.

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A FRANÇOIS DEBfcIR

Tous se sont prosternés du lâche ai Et si quelque serment, téméraire et De leur lèvre et leur cœur, solenn« Avec Guillaume Tell, Horace ou Ma Ont-ils su relever leur parole tomb< Que le mépris public arrache à leui

Debergue, lui, pouvait sans affront i Renouer de ses jours la trame honn L'air vif, le grand soleil, les siens, s Tout lui reste... Mais rien, — fut-ce N'a conservé de prix ni de charme.

Il succombe à tes maux, tué par tes

France ! redresse-toi, romaine ! La T'échappe ? On t'a ravi ton or avec Il t'est resté des fils fiers, généreux Qui, — veuve détroussée et non pa Mieux que ces deux Gracchus, orgu* Sur ton sein maternel sont tes plus

Godrus ! Léonidas ! Vinkelried ! il s Géants, à votre taille et, couché dai

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Près de vous dans Thistoire est debout, surgissant ; Ignorant votre trace il Ta d'instinct suivie : Des rois pour leur pays ont marchandé leur vie, Ce manœuvre gratis a versé tout son sang !

Rappelons l'espérance ! exilons l'épouvante î Les dieux nous sont restés I la patrie est vivante ! Un seul de ces trépas, mieux que mille discours. Prouve qu'elle est intacte en nos rangs cette race Des Gaulois qui, vantés de César et d'Horace, S'ils n'ont su toujours vaincre ont su mourir toujours !

YII

Esprit, doux esprit....

Écoute. . . écoute, et réponds^moi !

Mislress Félicia Hemans.

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