LE TONNKLIER-POÈTE DE
A chaque instant tu Un seul instant l'as- Quoi ! le moment sei Prior, de nous mont Tu dis qu'à nos lèvr Ne sied sourire ni sa Qu'en vain nous brig Vent et flot, tout sei A notre essor... Cha^ Est-il contre nous u
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Tu demandes ce qui nous reste Pour tout espoir et pour tout lot ?
La question est dérisoire...
Ce qui nous reste ? Mais Dieu, l'art, L'invraisemblable, le hasard.
L'impossible, à peine illusoire.
L'insecte aux aigrettes de moire.
Au corset d'or et de brocard, Quand il se transforme et dépouille Une défroque qui le souille.
D'où lui vient, à lui, ver rampant Plus immonde que le serpent Son aile à la fois frêle et forte ?
Il se vautrait où nous grouillons ; 11 dormit, chrysalide morte.
Dans l'humus fangeux des sillons ; Aujourd'hui, grisé de rayons, Il vogue où la brise l'emporte, Vit et nage et plane au ciel pur Dans la lumière et dans l'azur.
De repoussant fait admirable Et sublime de misérable...
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Suivons son exemple, essayons Zoïle aboie à nos haillons, Il nous dénigre : est-il coupable Qui de nous n'est un peu capal:
De faire ce qu'il fait? Luttons.
Affranchissons- nous, revêtons Une auréole aussi ; que diable !
Tu ne t'en prends qu'à ces broi Nous aussi, rimeurs en guenilh
Nous célébrons les papillons Et nous écrasons les chenilles !
Aussi pourquoi rester couverts D'opprobre et d'oubli ? Si nos Ne doivent prendre leur volée, Étouffons-les en notre sein Gomme en sa ruche un blond e Où que vers la voûte étoilée Ils s'élancent, capricieux.
Ayant pour guides, pour mode Ces insectes délicieux, Atomes splendides et frêles
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Dieu tailla les brusques ailes îme la robe des cieux !
us voulons a qu'on nous connaisse »
i et regrets sont superflus :
uvre I Nous ne comptons plus, ', dans la « verte jeunesse, »
sans qu'un passé mort renaisse les temps sont-ils révolus?
Lvenir sont-ils exclus -là que le présent repousse ?
destin » n'a-t-il son reflux?
lérience amère et douce Lrit, féconde : c'est sa loi.
ons acquis sont seuls bien nôtres ; t pour planer sur les autres 1 s'élève au-dessus de soi : ma croyance. Et crois-tu, toi, filleuls de propices fées, nt nés tels ces coryphées révérer on nous forçait, i septième ciel on hissait :
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De tout instruits sans rien apprei Pour obtenir, pour mériter, N'ayant eu qu'à tenter, prétendre Ou seulement à convoiter ?
Ils ont des palmes à revendre, Soit : à convaincre je suis dur ; Malgré maint exemple moins sûr Et moins concluant que superbe, Tant qu'en nous Thomme n est p Le poète y demeure en herbe.
Il faut s'exercer à penser Avant de se mêler d'écrire, Sinon que fait-on ? retracer Ce qu'on lit, ce qu'on entend dire Tout au plus apte à ressasser Variantes et synonymes.
Tous les grimauds sont unanimes A nier l'obligation D'apprendre : « l'inspiration »
Leur suffît. C'est l'enchanteresse Qui prostitue à leur paresse Les trésors de la diction ;
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*ants c'est l'Égérie édale obscur des mots, vidence des sots, îière confrérie.
tion ! comme si l'en frayait la route !
r sait ce qu'elle coûte :
d'elle aucun souci ar surcroît. Dieu merci 'e illustre et qu'on écoute, ffirme à tel qui doute, )ien dïnformes essais ;mine aux grands succès ; itonnements, d'années, ssors rampants ou faux t, fruits d'obscurs travaux, s œuvres couronnées.
:heurs inappliqués,
îs de contrebande
înt des vers de commande
A JULES PRIOR 9o
Sur tous les sujets indiqués, Ramas d'intrus, engeance naine, Sans façon ceindraient de verveine Un crâne vide et déprimé...
— Ils n'ont rien senti, rien aimé Ni rien appris : pas même à rire, Pas même à vivre et viendront dire Le verbe haut, à tout venant, Qu'ils savent, peuvent ; soutenant Qu'une phrase bien cadencée Peut tenir lieu d'une pensée Et, creuse, prend des airs profonds ; Que sonore et bien agencée, Burlesque et de leurs mains troussée La « forme » dispense du « fonds »...
Les vins plats, grossiers et vulgaires Des crus fins ne diffèrent guères Que pour quelques palais gourmets ; Il en est ainsi de nos mets ; C'est pire encore pour nos œuvres.
Il faut avaler ces couleuvres ;
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calter les déchus
)lus beaux prix échus
rs entre les manœuvres...
t, — sans parler de nous
r allons qu'aux genoux, —
iste des modèles
L beau restés fidèles :
, que nous coudoyons,
rands : nous les voyons
out rampants que nous sommes,
3 émules et comme hommes ;
attirent nos yeux ;
5 des futures races,
jui viendront sur nos traces
eurs, connaîtront mieux
j, leurs œuvres, leur taille :
sacrés demi-dieux
s serons tarés racaille,
qu'on récuse, qu'on raille
ez pas même un nom :
ormir au Panthéon
colés aux comparses,
Aux « virtuoses » d'orp Quand, bouffons de cyi Il est tant de faquins gc Histrions maîtres des g Devant leur nullité pân Et qui, sublimes procla Ne sont pas même touj
Qu'ils puissent en paix Les couronnes qu'ils ne Contre tant de honte ils Vengeons-nous par les i L'estrade est faite pour Gomme pour le roi ; sai Qu'un bonnet d'âne est
Prétendre à pouvoir év Tous les blâmes, tous 1( Aspirer à tous les suffr C'est un double rêve de Le sublime est un casse La gloire est une péron
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98 HKriîES NOIRES ET NUITS BLANCHES
Elle est « facile » elle est « cruelle »
Et prend ses amants... Dieu sait où.
Un instant j'ai cherché quel titre Je donnerais à cette épître ; J'écris en tête à tout hasard :
« Ose, espère, lutte ; » tout l'art Tient dans cette courte harangue ; La vie elle-même y tiendrait.
Pardonne à mon zèle indiscret :
J'ai voulu t'emprunter ta langue...
— Tu penseras : qui le croirait ? — Mes vers ont un faux air de prose :
Un autre s'en excuserait ; Moi, je tiens, Prior, quand on cause Que du grand vers toujours au trot La pompe en France est certes trop Solennelle, prétentieuse.
Et sent trop l'affectation.
Chez nous la conversation Brusque, osée et capricieuse.
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Veut du feu comme une action.
En outre il convient qu'on lui laisse
D'un plus franc parler la mollesse,
L'âpre allure ; un champ mieux pourvu
De soudaineté, d' « imprévu » ;
Ce style aisé dont la fringance
Peut, sans raideur ni négligence,
Au ton mesuré s'allier.
Et permet de concilier
Le naturel et Télégance,
L'austère et le familier.
Il faut que son rythme s'exhale
Comme une haleine, et qu'il soit mâle,
Et suave, et sache plier :
Son secret, c'est un équilibre
Qui se prête à tout, souple et prompt :
Qu'un seul mot traîne, adieu : tout rompt.
— Le vers de huit pieds, vif et libre,
Glisse comme une flèche, et vibre
Comme un cri brusquement jeté
D'échos en échos répété ;
La strophe éparse et dénouée
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Miroite en mobiles tableaux, Tournoie et s'attarde, enjouée, Comme des guêpes sur les eaux ; Luit, fuit comme une secouée D'éclairs, ou comme une nuée De clameurs, de traits et d'oiseaux...
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A M. LE MARQUIS DE BlOSSEVILLE
In sotis sis tibi turba locis, . .
Tl BULLE .
Les sens de rhorome se fatiguent, son intelligence se perd à saisir les rapports de sa vie avec l'univers qui l'entoure, et, pour lui, le fil de cette trame immense se brise sans cesse.
Alfred Dumesnil {V Immortalité].
HYMNE A LA PENSÉE
Où courez-vous chercher l'immense et l'insondable ? Pourquoi tant d'incessants, de périlleux exils ? L'insondable et l'immense, insensés, où sont-ils Mieux qu'en vous? Quel abîme au monde inabordable Autant que l'âme à l'âme ? Éternels voyageurs, L'inconnu vous attire, et l'inconnu suprême,
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C'est VOUS. — C'est toi, savant qui t'ignores toi-même. Toi, vulgaire passif, champ neutre où l'erreur sème. Vous fiers, ardents, chétifs et sanglants et rageurs, Conquérants qui ruez de royaume en royaume Un peuple contre un peuple et l'essaim sur Tatome... Et nous tous qui suivons, remueurs, dérangeurs. Insectes inquiets, inconstants et songeurs.
Mites qui chatouillons le corps géant du monde Du prurit incessant de nos reptations...
Où nous pousse à travers les airs, la fange ou l'onde, L'essor de nos migrations ?
Guides sourds aux yeux clos, voyez, tourbes humaines,
A votre tète errer fourvoyés, trébuchants.
Les faiseurs de pathos, incertains et tranchants,
Nourris du paradoxe et de formules vaines.
Et tous ces assembleurs de systèmes faussés
Qui, pour nous éclairer, en leur nuit abusés,
Vont à tâtons, palpant les arguments usés.
Jonglant avec les mots, friands de phénomènes,
De l'absurde au banal quêtant du merveilleux
Et délaissant le bien pour s'enquérir du mieux...
HYMNE A LA PENSÉE 103
— Moïses attardés des modernes exodes, Philosophes, tribuns, novateurs oublieux Prompts à créer un dogme ou raturer nos codes, Explorateurs ardents, durs pionniers, fiers rapsodes, Sur vous-mêmes rouvrez vos regards studieux... Vous, Herschell, toi, Rœmer, redescendez des cieux!
En nous il est de vierges terres.
Un monde délaissé, d'oisifs germes sans prix, Des dons incultivés, stériles, incompris.
Qui languissent mort-nés, obscurcis de mystères ; L'espace sans limite et des trésors austères Qu'en nous-même ont souillé nos aveugles mépris...
Oui, le monde est splendide et la vie est sublime.
L'univers, quel que soit le souffle qui l'anime.
Est fait pour éblouir et tenter les humains,
Et qu'ils aient nom Cyrus, Césars, devins ou mages.
Les hommes, soulevant le voile des images,
Se sont dit, stimulant leurs regards et leurs mains :
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A nous, Pan, la conquête immense !
A nous l'éther peuplé de feux, Fourmilière où, comme en démence, Soleils, mondes, cirons et dieux.
Tout erre, vit, plane, gravite.
A l'œuvre 1 à l'assaut ! osons vite !
Un instinct à la lutte invite L'homme, insecte abject, frêle et nu; Néant qui vit, gravit, chemine ; Nain et géant, point qui domine Le temps, l'espace, l'inconnu...
Tant que le jour obsède et borne nos prunelles Nos vœux rampent avec nos paupières charnelles, L'idéal assoupi se replie en nos seins, La convoitise endort ses ardeurs éternelles , Distrait de ses pensers, tout aux vices malsains, L'homme aux riens se résigne; un rien l'émeut, l'absorbe ; Mais dès que du soleil se voile et s'éteint l'orbe. Quand, occulte, renaît l'heure aux vastes desseins,
L'heure où vers l'idéal tout tend, où se soulève L'œil fasciné qui suit de la nue à la grève
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HYMNE A LA PENSÉE lOS
Jusqu'au sombre océan glauque, énorme et serein, Tous ces globes de flamme, essaim de perles blondes, Qui de l'azur des cieux glisse à l'azur des ondes Ainsi que des joyaux qu'on changerait d'écrin ;
Alors l'âme se sent à l'étroit dans l'espace. Le pied boiteux aspire où va l'aile qui passe, L'esprit veut tout saisir, mieux scrute et mieux conçoit; Par un retour sur tout revenant vers soi-même Tout fils d'Eve, avec Job, sent le besoin suprême De sortir de ce monde et s'exiler en soi.
11 comprend que c'est œuvre ingrate, absurde et vaine
De défricher, savant, sa mémoire avec peine.
Pâtre, avec ses sueurs de féconder la plaine
Et nomade ou parqué, de restreindre en tout lieu
A la gloire, à du pain ses efl'orts et son vœu ;
Qu'il est non moins urgent, épris d'une aulre flamme,
De faire un choix suprême et rentrer en son âme.
Et d'y rechercher Thomme et d'y rencontrer Dieu.
Dieu... qui soupçonnera son essence éternelle.
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)chera de lui, sinon ton aile, 3 ferveurs, tes élans renaissants, )ilant nos intimes ténèbres, glissant en nos ombres funèbres, le l'esprit illumine les sens î
pensée en vain ruisselle : de mots, lourds, froids et creux ; l'éloquent, l'esprit sans elle : bavard, reste oiseux ; iile fournit des armes e un sens au rire, aux larmes, leur source, accroît leurs charmes e quand le cœur s'est tu ; ! pur flambeau dont s'éclaire ourmente séculaire pie auguste et tutélaire :
timent et la vertu !
i sève et c'est l'étincelle sacré, force et grandeur, t magique où s'amoncelle
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HYMNE A LA PENSEE
Tout secret et toute splendeur 1 Boussole obstinée et furtive Malgré nous en nous-même acti Qui se tourne, libre ou captive.
Vers Dieu, pôle unique et béni Vœu suprême que rien n'élude.
— douce muse au labeur rud La profondeur est altitude !
Le fond de tout, c'est l'infini !
« Pensée, oisif fantôme ou chimère agress Tu hantes nos chevets, fée ou chaste ou Nue ainsi que Psyché, voilée autant qu'Ii Puis juge clandestin, exécuteur intime.
Tu te fais noir remords, tu fustiges le cr Tu deviens Némésis !
C'est en toi que, — pressé des combats ( De la matière immonde aux étreintes ol L'homme se réfugie et se retrempe ; en t Il se recouvre intact, il ressaisit son âme Il retrouve éperdu les vestiges de flamm
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me, où s'allume la foi !
3ts quand Pâme en deuil se noie
Dnduis ! Ton vaste éclair flamboie
X de ces foyers dansants
ons : follets du précipice
Teurs, et qui, de vice en vice,
ouffre, — eux rôdeurs, nous passants.
soif de voir et de connaître ies jours et de notre être
notre espoir et nos pas, t même ou chétive ou profane, — i haut qui de Dieu même émane, t le fil d'Ariane, t Saul au chemin de Damas ; ut sur Babel écroulée ; is dont Prométhée est las :
sang sert d'huile et qui, — voilée, jenix, revit, immaculée,
luit sur tout : vie ou trépas !
Il est mort aujourd'hui un homme qui faisait honneur àl'l Paroles de Montécugulli h, la mort de T