‹ Vernon: Vingt minutes d'arrêt; heures noires et nuits blanches. Poésies d'unChapitre 22 sur 45 · M. LEBLANC · texte numérisé non relu

M. LEBLANC

DIRECTEUR DE LA MAISON CENTRALE ET MAIRE DE GAIl

J'ai vu, Seigneur, j'ai vu, selon votre parole, Sous les yeux du méchant, à cet aspect troublé, Souffrir en paix le juste en ses maux consolé ; S'il eut des ennemis son trépas les désole ; Il trouva sans frémir la mort à son chevet :

C'est pour son devoir qu'il vivait, C'est à son devoir qu'il s'immole.

L'effort pénible, amer de consacrer sa vie Aux déchus, aux flétris que la société

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Expulse de son sein et séquestre et convie Aux expiations. .•. il Pavait accepté ; Et ceux chez qui la haine est un instinct suprême, A le craindre forcés, sont forcés de Taimer;

Il sut contraindre à l'estimer L'homme qui, dégradé, se méprise soi-même...

Qui Teût dit, — ô retour sur quoi nul n*eût compté ! - A ce froid ennemi de toute impunité Qui d'une infraction flairait d'abord la trace, Rien ne coûtait autant que la sévérité, Et ce n'était qu'à lui qu'il ne faisait pas grâce. L'ensemble et les détails il voit tout, tout embrasse ; Il n'est que vigilance, il n'est qu'austérité ; Tous tremblaient devant lui, tous vantaient sa bonté, Tant est grand l'ascendant des vertus sur le vice... — Sa force lui venait de son intégrité ; Sa bonté... c'était sa justice 1

D'un avide ennemi la rapace milice, Les armes à la main, ne put l'intimider Et, des fers menacé, menacé du supplice,

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On lui crut arracher, il sut ne pas céder Ce que sa conscience interdit d'accorder — Voilà le citoyen, type accompli de TIk Qui subjugue la force et s'impose aux pei Et c'est par ses pareils qu'on vit Athène Conquérir tour à tour et régir l'univer

Ses bienfaits si nombreux n'ont pas fait i La cité dont il fut le premier magistrat A pris part toute entière au deuil de sa i

Et, riche ou pauvre, jeune ou v Tous les cœurs sont navrés, un pleur à to

Monte et les obscurcit et brille ; Lui, disparaît ainsi que s'efface un flamb — Des élus désormais le jour sans fin l'éc Un peuple en gémissant l'escorte à son t De la réalité qui de nous a su faire Un plus pur rêve, un rêve et plus triste e

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Oblier... las! ne s'entre- oblie Par ainsi son mal qui s'en deult; Chascun dist bien : oblie I oblie !

Mais il ne le faist pas qui veult !

Alain Chartier.

A RISETTON

Elle n'est plus aimante, elle est toujours aimée L'humble beauté qui, — faite au gré des ans laideur, - Émue avait ému ma jeune âme charmée, Cœur de vierge indécis, fraîche fleur embaumée De naïve pudeur ;

mes rayons éteints ! ô guirlande effeuillée Qu'a flétri 1 soupçon, mais je n'ai pas souillée ;

Gerbe éparse aujourd'hui ; De rire chatoyante et de larme mouillée

Où tout un ciel m'a lui...

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Ainsi que les esprits des forêts et des grèves Une ronde, en mon âme, ouvre un discret sabbat ; Toutes viennent errer, fantômes en mes rêves : Là germent, Souvenir, mes regrets, fleurs sans sèves Où ton aile s'abat !

Car, Tespoir est un piège et la joie est un leurre,

Le bonheur qu'on poursuit pas à pas, d'heure en heure,

Nous fuit de jour en jour ; Mais le plus cher de tous au cœur qui tous les pleure

C'est un dernier amour I

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A M. LE Comte Fernand de Rességuier

Sed tantum die verbo.

Un mot ! vienne un mot î rien qu'un !

Celui, — s'il en est aucun, —

1. J'étais malade, exténué de fièvre, sur un lit de détresse et de douleur à l'hôpital. Dans cet état, une idée fixe m'obsédait et remplissait mes insomnies ardentes où le délire entrait fréquemment : je voulais mordicus achever une pièce de vers que je comptais adresser au concours des Jeux-Floraux, à Toulouse, et qu'un camarade alité à mes côtés, et qui mourut de son mal, m'avait promis de copier. Un mot me faisait défaut obstinément : je ne pus trouver ce mot et fermer mon cadre. Alors, comme Boileau quittant des vers commencés, où s'était glissée une équivoque, pour faire une satire contre l'équivoque, je laissai là mon thème et j'écrivis d'une haleine la a Ballade du Mot ». La dédicace est un tribut de reconnaissance envers un dilettante Toulousain, ûls du

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Nœud d'ombre ou de flamme, Note entrée en mes accords Qui prête à mon rêve un corps

Et lui doive une âme !

Ce n'est qu'un mot qu'il me faut, Net, exact, précis, sans défaut

Et j'en suis en quête ; Seul à mon dire il convient.

Rime, vit, fuit et revient.

Et me fait moquette.

Ma chimère est aux abois Et l'éloquence est sans voix

S'il ne les féconde, '

Perle dont l'éclat jaillit Et noie et roule en son lit

Ton flot, ô faconde !

Mes soupçons l'ont entrevu

Ce frêle atome pourvu

comte Jules de Rességuier, poète lui-même comme son père et qui s'était fait, m'a-t-on dit, l'avocat de quelques-unes de mes pièces aux Jeux-Floraux.

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D'un souffle et d'une aile, Qui prend l'essor brusquement Ou pleut du noir firmament

Gomme une étincelle.

11 rampe aux joncs éplorés, Murmure aux boutons nacrés

Du nymphœa pâle ; Juche aux bouleaux tremblottants ; Traîne au cristal des étangs

Sa robe d'opale,

11 rôde aux muguets éclos,

Glisse au plus tiède, au mieux clos

Du corset, ô vierge, Que ton cœur bat de son heurt.

Dans ta gorgerette où meurt

Le thym sous la serge.

Spectre, il hante les tombeaux.

Phalène court aux flambeaux.

Lutin aux abîmes ; Raille, orfraie, Hamlet blessé

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i au mât fracassé

ne un aigle aux cimes,

L, racine, fleur, •fum ou couleur, ) ou luciole ; les ou gaîté, i subtile clarté, et parole.

avec Syrinx,

avec le sphynx, ivec Œdipe ; rChristou, narquois, 3ane en nos lois, DS mœurs principe.

e, arrêt sanglant, lie au mur croulant se ou Ninive ; ae il conduit ; de Booz séduit li, la juive.

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G*est le a Sésame ouvre-toi ! »

Le « parce que » du « pourquoi »

Qui remue un monde.

Fanfare il crée ou détruit :

Jéricho croule à son bruit

Et Thèbes se fonde.

Chiffre inscrit sur mon écu Quand par lui j'aurais vaincu

Au tournoi dlsaure, Parangon tant invoqué, Talisman, m'a-t-il manqué ?

Trompé, météore ?

II eût, joyau souverain, Fait mieux qu'un royal écrin

Du sabot d'un pâtre :

Comment s'est-il échappé, Glissant de mon poing crispé

Aux cendres de Tâtre ?

Le dernier tison est mort.

Mon seuil, ma verve, mon sort

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redevient morne ; léfaille en mon cœur. ..

e fît ce don moqueur, use ou la Norne?i

archange ou péri, le avec un cri vers les âges les échos sans fin ; eune séraphin, des vieux Mages.

, au deuil permanent,

souffle éteignant

oire et la joie...

be, ô goufl're au noir flux,

urai-je eu qu'un naulus

gage et pour proie ?

comme on sait, les Parques de la mytho-

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mes illusions, combien vous m'êtes principes, vertus qu'un morne feu Affiche à tous les coins, disperse à toi Au gré d*hommes vendus qui trafiqua Ce n'est donc point assez qu'en tous La vie use les corps, faut-il que, dec( Les vices effrénés usent aussi les âme Et,|pour nous mieux prouver que sans Sont les morts, — laissent vivre un mo:

. Rien ne nous est resté de sacré ni d'î Nul ne s'enquiert du vrai, nul n'a so On ne sait que maudire, on ne sait q

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L'insulte ou ranathème, au lieu de la prière """"^ * 1 gQuiiiés j on ne va qu'en arrière ;

celui qui sait calomnier.

\ les monstres fatidiques, ra sur les vertus pudiques, tous lieux un Christ à renier.

is honte au pouvoir qu'ils exercent eurs, — que des rhéteurs renversent, >ur d'un ramas d'agresseurs, — ant la liberté qu'ils vantent, ême en secret m'épouvantent ; lèvre est proscrit de leurs cœurs, tyrans qu'aspirent les esclaves :

ier, secouant leurs entraves, iphants demain sont oppresseurs.

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...Qui Rumpi

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