‹ Vernon: Vingt minutes d'arrêt; heures noires et nuits blanches. Poésies d'unChapitre 26 sur 45 · A LOUISE · texte numérisé non relu

A LOUISE

L'amour revêt nos corps des splendeurs de ne Et comme le jour naît à l'heure où l'aube luit L'aube de la beauté monte au front de^la f mi Quand l'amour en son cœur naît et s'épanouit

Jais ou saphyr, son œil épanche aux yeux la Qu'un pleur tremble à ses cils, un prisme y mont Sa voix est harmonie et son souffle est cinnan Tout en elle séduit, charme, enivre, éblouit.

Mais un jour le duvet et l'éclat de la pêche Abandonnent la joue et délaissent le teint, La lèvre se flétrit et le sein se dessèche ;

Quand s'est éteint l'amour l'œil se voile et s'étc L'accent qui caressait devient morne ou revêcl Et, sur l'or de la nuque, un givre à flots détein

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Sous Tâge avant Tâge je plie;

De peu de gens je me souviens ;

A peu de gens, hors ceux que j'aime,

Je m'intéresse et vous préviens

Qu'à toute peine je parviens

A m'intéresser à moi-même.

Aussi hors vous, meilleur qu'au trui,

L'univers entier m*abandonne

Et moi-même, dans mon ennui,

Je crois vraiment, — Dieu me pardonne, ■

Que je fais un peu comme lui I...

Dans votre sévère exigence Quelques vers, bien ou mal tournés, Qu'à vous seul j'avais destinés Vous les taxez de négligence...

Mais renoncer au sans-façon Qui sied fort à mon indigence Serait me priver sans raison De mes titres à l'indulgence ; Car on exige plus de fonds Et des aperçus plus féconds

En remarques comme en pensées, Force sentiments plus profonds, Nombre d'images plus sensées En traits plus fins mieux esquissées De tout ouvrage bien écrit :

J'écris assez mal : bien m'en prit ; Beau style engage à trop : c'est comme Un très bel homme sans esprit Paraît plus bête qu'un autre homme.

Puis... toujours, sans Irève, arrimer Des mots, encor des mots... — rimer ?

A quoi bon s'y rompre la tète Et dans ce néant s'enfermer !

J'ai ouï-dire, et crois, et répète Qu'on peut être un très grand poète Sans avoir jamais fait un vers ; Que c'est une absurde manie, Un ridicule et sot travers De ne chercher flamme et génie Qu'en des livres, ne faisant cas Que des systèmes, du fatras,

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s ET NUITS BLANCHES

ui s'y rencontre, ire à nos yeux montre, Bur exhibe en nous illeur, de plus doux, est d'abord saisie et qui plaît à tous, is sans fantaisie le. — Humain et divin ! — n songe assez vain It chose assez brève !

)quace, s'élève mots ampoulés aux cerveaux fêlés e à rien, — fut-ce au rêve,m plus ultra lant, suprême faîte mpté, son œuvre faite, if s'enorgueillira ?

uence est pensante, Lgir, agissante ; \i l'ostentation, a traduction.

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Qu*est-ce q Aux plus Près du po Que sont 1 Près du be De toute ja La plus fîè] C'est une n C'est l'indi:

Du juste él Sa proteste Un fort bo C'est le dei Optant, so Entre le er Voilà des c Qu'une Ilû Et moi, gn De ceux qu Richelet vî S'il faut ag Une grand

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Que tous les rhéteurs de la terre.

Ce principe est-il votre loi?

Et suis-je ou non dans l'hérésie ?

C'est là que commence pour moi

Et triomphe la poésie...

Son domaine a toujours été

Quelque mâle réalité.

Le cri plaintif que Millevoye

Aux échos de la tombe envoie,

Suave et doux gémissement,

C'est lui-même, et c'est son tourment,

C'est sa vie, et sa destinée.

Et s'il est jusqu'à nous venu

Ce chant tant aimé, si connu.

C'est qu'il y met son âme à nu.

Son âme à souffrir entraînée,

A se plaindre, à vivre obstinée :

Le poète en ce morne pleur

Est immortel, malgré la « Parque » ;

Son génie était sa douleur.

Il en fut ainsi de Pétrarque :

dâb^l:

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Son génie était son amour.

Allant au but par maint détour Quand le cirou même a son heure Aurai-je à quelque jour mon jour?

Vivrai-je avant que je ne meure ?

Serai-je poète à mon tour Par quelque rayonnante j oie ?

A de funèbres maux en proie Aurai-je une aile en quelque azur?

— L'athlète trop jeune est peu sûr De son fer, l'auteur de son verbe.

En style plus ou moins superbe Je l'ai crié, pour mon acquit, Ne sais trop ou ni bien à qui *...

Or, sans être fils de Créqui, Ni petit cousin de Malherbe, A l'instar des « preux chevaliers »

Je fais sans hâte et sans alarmes.

En secret, la « veille des armes », Par le chemin des a escholiers »

l. ÉpUre à Jules Prior.

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iS6 HEURES NOIRES ET NUITS RTANCHES

En chevauchant si je m'amuse

A courtiser cette autre muse

Fille des loisirs et des arts,

Chère aux oisifs, chère aux bavards.

Vous savez trop comment j'en use ;

Combien peu de moments trop courts

Je puis donner à des discours

Et consacrer à mes poursuites.

Aussi « nos rapports » sont « sans suites » ;

Mes pas vers le but où je cours

Ressemblent à certaines fuites

Je suis pourtant l'humble « varlet »

De la dame, et « porte ses chaînes, »

Et « souventes fois » révélai

Qu'elle habite aux forêts prochaines,

Où le muguet, sous les grands chênes,

Égrène dans le serpolet

Ses blanches clochettes de lait.

Son cri sort aux claires fontaines

Du gai babil du ruisselet ;

Elle s'envole du cytise

Avec l'abeille suit la brise,

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