LN CITOYEN
Il ne sont plus les jours où, repliant leurs tentes; Les nations en deuil, du désert habitantes.
Pleurant sur leurs destins avortés, disparus. Ou suivaient un Moïse ou fuyaient un Cyrus I
U Sarrelouis.
byGoogk
Lionceaux orphelins en quête de repaires, Loin de leur sol conquis des peuples tout entiers, Emportant et leurs dieux et les os de leurs pères, Allaient en gémissant chercher d'autres foyers... Et nous près du berceau, tourbes enracinées.
Il faut errer, mourir, vivre où nous sommes nées, Et trouver, poursuivis d'un sort non moins fatal, Les saules de l'Euphrate aux bords du Rhin natal !
— Contraints de délaisser notre mère, contrainte De repousser d'un bras sanglant nos bras meurtris. Arrachés de son sein, qui nous avait nourris, Chassés de son foyer, sevrés de son étreinte. Membres coupés du tronc, de sa sève privés, Nous allons vivre encor, à cette mort rivés.
Vivre?... Languir! souffrant deuil, servage, ténèbres. Tous les tourments accrus des mutismes funèbres, Des mutismes forcés, et qui font éclater
Le cœur trop plein du cri d'amour, du cri de hain« Qui n'en pourront sortir et n'y peuvent rester !
— Mais ce qui monte aux bords de la coupe trop pleine C'est qu'ils ont prétendu qu'on fût libre d'opter...
— Sarcasme de la force, outrageante ironie
byGoogk
UN CHŒUR d'exilés 249
Contraignant d'insulter aux droits qu'elle renie Celui-là dont ces droits sont la religion, Pour lui mieux dire après que rien d'eux ne subsiste, Puisqu'il y renonça, libre en son option !
— Libre... — Machiavel, souris, fantôme triste I Souris cherchant des yeux, spectre, un contemporain, Le proscrit de TArno, le Dante, au front d'airain !
— Si le sort inconstant, arbitre des batailles, A nos ressentiments offrait des représailles
Et notre cœur s'enflait, aux vengeances s'ouvrant, De telles options, en nous déshonorant, Pourraient rendre français jusqu'à Berlin lui-même. Ce serait votre tour de crier au blasphème... D'aiguiser votre fer pour les rébellions...
— Pervers, le ciel est juste, il veille... et nous veillons!