‹ Verre et verrerieChapitre 65 sur 74 · ÉMAIL, ETC · texte numérisé non relu

ÉMAIL, ETC

121. — Verres rouges. — On emploie principalement pour cette fabrication les sels de protoxyde de cuivre. Comme il est nécessaire que le cuivre ne passe pas à un état supérieur d’oxydation, on prend la précaution d’ajouter un peu d’étain ou de fer, qui attirent à eux l’oxygène.

Pour avoir le rouge au cuivre destiné à doubler le cristal, on ajoute 25 0/0 de verre blanc au mélange ci-dessous en fusion :

Sable 25

Minium 50

Oxyde de cuivre 1.20

Étain 3

Ce verre étant fondu, mâclé, coulé et broyé, on le refond et le mâcle ainsi trois fois de suite. Au second coulage, il est d’un jaune clair, au troisième il est d’un jaune orangé avec quelques parties d’un jaune transparent.

On le fond alors avec vingt-cinq parties d’un verre blanc composé de :

Sable 100

Carbonate de potasse .... 36

Chaux 18

Minium 3

Le nouveau verre obtenu, refondu avec du tartre ou des copeaux d’étain, produit un très beau rouge.

Verres rouges par cémentation. — Le rubis peut être obtenu par cémentation en prenant :

Oxyde de cuivre 4

Écailles de fer 2

Ocre jaune 4 (qui sert de véhicule)

On opère comme pour le verre jaune ; la première chauffe au moufle donne un verre noir ; on procède alors à une seconde chauffe en entourant l’objet de charbon de bois qui ramène le cuivre au minimum.

On produit un beau verre rouge par le mélange des substances suivantes :

Sable finement pulvérisé 2000 parties

Oxyde rouge de plomb, minium . . . 400 —

Carbonate de potasse 600

Chaux 100 —

Phosphate de chaux 20 —

Crème de tartre 20 —

Borate de soude 30 —

Oxyde rouge et protoxyde de cuivre. 9 —

Bioxyde d’étain 13 —

La fusion de ce mélange donne un verre rouge transparent, d’excellente qualité, qui peut servir directement à la confection des objets les plus variés, à moins qu’il ne soit nécessaire de le soumettre à une seconde fusion, pour obtenir une couleur plus intense.

122. — Verre rouge à l’or. — On a cru pendant longtemps qu’il était impossible de préparer du verre rouge à l’or autrement qu’avec le pourpre de •Cassius.

On employait alors :

Groisil de cristal 300

Minium 15

Pourpre de Cassius 0,25

Antimoniate de potasse. . . 3

Mais Fuss a montré qu’on obtient un verre rubis tout aussi bon en faisant usage du chlorure d’or, dont la teneur

dans le verre ne doit pas être supérieure à 1/1000. On arrose le sable avec la solution de chlorure d’or, on le sèche et on le fait entrer ensuite dans les compositions, vitrifîables.

Si le verre ainsi obtenu est refroidi rapidement, il est incolore tout comme le verre au protoxyde de cuivre. S h on le recuit doucement, sans atteindre la température de ramollissement du verre, la magnifique couleur rouge rubis apparaît subitement.

S’il y a trop d’or, une partie se précipite et on a de& verres chatoyants.

Le verre rose appelé rubis de Bohême s’obtient en fondant le mélange:

Quartz étonné et pulvérisé. . . . 100

Minium 150

Potasse fine 30

Borax fondu 20

Peroxyde de manganèse 5

Or détonant broyé avec de

l’essence de térébenthine . . 5

Les verres colorés à l’or contiennent tellement peu de ce métal qu’on a songé à en faire un réactif pour déceler la présence de l’or dans les roches où on en soupçonne la présence en quantité trop faible pour être déterminée par l’analyse chimique.

Le verre rose à l’or peut, d’après Péligot, être également obtenu au moyen de la dissolution d’or dans l’eau régale, qu’on mélange avec le produit qui résulte del’action de l’acide azotique sur l’étain. Les deux liqueurs sont versées sur le sable, comme il a été dit plus haut. On se sert aussi, pour le même objet, du pourpre de. Cassius.

Lorsque le cristal à l’or est longuement chauffé, il prend d’abord la couleur rouge, puis se décolore partiellement et présente après refroidissement une teinte bleuâtre avec des paillettes très fines d’or brillant. Ce verre est quelquefois employé, sous cet état, en bijouterie.

La fabrication des pièces colorées en rose ou rouge groseille exige des soins particuliers. On introduit la composition à l’or entre deux couches de cristal incolore, ce qui, pendant le travail de la pièce, garantit le verre à l’or et empêche la formation de paillettes métalliques.

Pour les autres verres doublés, on introduit, dans une paraison de verre à l’or amenée à l’état de cône creux, une certaine quantité de cristal incolore; quand l’adhérence est produite, on réchauffe à l’ouvreau pour répartir uniformément le verre coloré à la surface du verre blanc. La pièce ainsi doublée est terminée par les moyens ordinaires.

Pour le verre doublé, on fait souvent usage, en pots couverts, de la composition ci-après qui donne de très bons résultats :

Le verre qu’on obtient paraît d'abord blanc et ce n’est qu’au réchauffage qu’on lui voit prendre la couleur rouge. Ce verre se travaille en doublé; mais, comme il est d’un prix élevé, on cherche à l’employer sans perte, et pour cela on évite de le prendre à la canne.

On le prépare sous forme de cylindres ayant 12 à

Cristal blanc (en fragments). . .

Minium

Salpêtre

Pourpre de Cassius

Antimoniate de potasse

CHAP. VI

15 centimètres de longueur et 4 à 5 millimètres de diamètre. Pour l’employer, on fait chauffer dans une arche le nombre de bâtons présumés nécessaires pour un travail. Un gamin prend un de ces bâtons sur un pontil à l’extrémité duquel il a cueilli un peu de verre chaud, puis il vient l’appliquer sur la première paraison qu’un ouvrier a cueillie à la canne.

L’ouvrier coupe, à l’aide de pinces, le bâton de verre coloré, de façon à ne prendre de ce verre que la quantité qu’il juge nécessaire ; le reste est reporté au four par le gamin.

Réchauffant alors sa canne, afin d’assurer la bonne répartition du verre coloré, l’ouvrier va ensuite cueillir, par dessus, la quantité de verre incolore nécessaire à la confection de l’objet.

C’est par un procédé analogue qu’on obtient des objets à dessins colorés sur verre clair. Pour cette fabrication, on cueille une paraison en verre clair qu’on recouvre ensuite par un cueillage de verre coloré. Après avoir travaillé, marbré la masse, on l’introduit dans un moule présentant en relief dans l’intérieur les dessins que l’on veut obtenir.

Par soufflage, on donne à la pièce la forme du moule. Il ne reste plus ensuite qu’à enlever à la roue le verre qui fait saillie, de façon à mettre à découvert, en ces points, le verre blanc.

On peut encore obtenir un beau verre rouge en fondant les compositions ci-dessous :

Sable 100

Potasse 48

Chaux éteinte à l’air. 8

Pourpre de Cassius. 6

Oxyde de manganèse. 4

Nitrate de potasse. » 7 5

Sulfure d’antimoine. » 4 fi

Minium » 78 fiO

On peut résumer comme suit la question du verre à l’or:

1° Pour préparer un verre coloré en rouge par de l’or, il n’est pas nécessaire d’employer du pourpre de Cassius ou d’ajouter au chlorure d’or de l’oxyde d’étain ou de l’oxyde d’antimoine ;

2° On peut par l’addition de chlorure d’or ou même d’or métallique très divisé, soit à un verre plombeux très fusible, soit à un verre de potasse ne renfermant que très peu de minium, obtenir un verre qui se colore en rouge pendant le travail ;

3° Si l’on emploie du pourpre de Cassius, ce dernier est décomposé pendant la fusion du verre, et il s’en sépare de l’or métallique ;

4° En porphyrisant de l’or métallique en poudre fine avec des substances dures et pulvérulentes, on obtient des mélanges colorés en rouge ;

5° La coloration du verre paraît due, selon toutes probabilités, à de l’or très divisé.

Plusieurs autres corps métalliques présentent des phénomènes de coloration analogues. Le platine et l’iridium en poudre, mélangés avec de l’émail, donnent une belle couleur noire non métallique. L’argent colore les verres en jaune transparent, s’ils sont vus par réfraction, et en vert bleu grisâtre, si on les examine par réflexion.

Lorsque ces verres sont réchauffés un trop grand nombre de fois, ils deviennent laiteux et on y distingue des petits grains d’argent, phénomène absolument identique à celui produit par l’or.

Enfin, les changements de couleur produits par les

changements d’état moléculaire de l’iodure de mercure, du carbone, du soufre, du sélénium, du phosphore, du mercure, de l’oxyde de fer, etc., et les anneaux colorés, prouvent que rien ne s’oppose à ce que l’or présente les mêmes phénomènes.

123. — Verres roses au sélénium. — Les procédés suivants brevetés par M. Franz Welz permettent d’obtenir des verres de couleur rose et rouge orangé.

Le rose s’obtient en ajoutant du sélénium au verre blanc en fusion ; la coloration varie d’intensité, pour une composition donnée de verre, avec la quantité de sélénium ajoutée. D’autre part, à dose égale de colorant, l’intensité varie avec la nature de verre employé.

Si au sélénium on ajoute du sulfite de cadmium, la teinte devient rouge orangé, la nuance orangée s’accentuant avec la dose de sulfite de cadmium.

124. — Verre noir ou liyalitlie. — On l’obtient en faisant fondre avec du verre ordinaire des os calcinés, des scories de forge, des basaltes, des laves, du poussier de charbon, etc.

Les compositions suivantes donnent un verre noir très remarquable, excessivement dur, permettant d’imiter le marbre noir :

Verre au carbonate

Sable

Carbonate de soude . .

Carbonate de chaux . .

Battitures de fer . . . .

Oxyde de cobalt ....

Charbon

§3. — VERRES ET CRISTAUX COLORES Verre noir au sulfate

Sable 250

Sulfate de soude 100

Carbonate de chaux. ... 90

Pyrite grillée 40

Acide arsénieux 1

Charbon 7

Avec celte dernière composition, le verre obtenu en première fusion laisse beaucoup à désirer comme affinage ; mais, refondu à nouveau dans un creuset neuf, il s’affine parfaitement bien et donne un verre d’une très belle couleur noire.

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