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VERRES DURS. — VERRES MALLÉABLES

RI7. — Verres durs à base d’alumine. — Les

verres durs à base d’alumine, colorés et taillés, sont employés avec avantage pour l’imitation des pierres précieuses. Allant plus loin dans cette voie, MM. Frémy et Feil ont cherché et réussi à reproduire les gemmes rubis et saphir avec les qualités et toutes les propriétés que possèdent les pierres naturelles.

Les méthodes qu’ils ont employées nous paraissant présenter un haut intérêt scientifique; nous ne pouvons résister au désir d'en donner ici la description.

C’est dans le four de l’usine Feil qu’ont été disposées les expériences qui exigeaient la plus haute température. Lorsque ces essais demandaient une calcination prolongée et une assez forte quantité de matière, on avait recours à un four à glaces de Saint-Gobain, et dans ce cas ces essais étaient dirigés par M. Henrivaux.

La méthode qui a permis à MM. Frémy et Feil de produire la plus grande quantité d’alumine cristallisée esl la suivante :

On commence par former un aluminate fusible et on

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le chauffe ensuite au rouge vif avec une substance siliceuse ; dans ce cas, l’alumine se trouve dégagée lentement «de sa combinaison saline en présence d’un fondant et cristallise. Nous attribuons la cristallisation de l’alumine à différentes causes : soit à la volatilisation de la base qui est unie à l’alumine, soit à la réduction de cette base parles gaz du fourneau, soit à la formation d’un silicate fusible qui, par la combinaison de la silice avec la base, isole l’alumine, soit enfin à un phénomène de liquation qui produit un silicate très fusible et de l’alumine peu fusible : tous ces cas se sont présentés dans ces essais ; mais le déplacement de l’alumine par la silice paraît être le procédé le plus sûr pour opérer la cristallisation de l’alumine.

Plusieurs aluminates fusibles se prêtent à ces différents genres de décomposition ; celui qui jusqu’à présent a donné les résultats les plus nets est l’aluminate de plomb.

Lorsqu’on place dans un creuset de terre réfractaire un mélange de poids égaux d’alumine et de minium, et qu’on le calcine au rouge vif pendant un temps suffisant, on trouve dans le creuset, après son refroidissement, deux couches différentes ; l’une est vitreuse et formée principalement de silicate de plomb, l’autre est cristalline, elle présente des géodes remplis de beaux cristaux d’alumine.

Dans cette opération, les parois du creuset agissent par la silice qu’elles contiennent; elles sont toujours amincies et souvent percées par l’action de l’oxyde de plomb : aussi, pour éviter la perte du produit, on opère ordinairement dans un double creuset.

L’expérience qui vient d’être décrite donne des cristaux blancs de corindon : lorsque l’on veut obtenir des

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