VERRES DURS A BASE I) ALUMINE
cristaux qui présentent la couleur rose du rubis, on ajoute au mélange d’alumine et de minium 2 à 3 0/0 de bichromate de potasse.
On produit la coloration bleue du saphir en employant une petite quantité d’oxyde de cobalt mélangé à une trace de bichromate de potasse.
Les cristaux de rubisainsi obtenus sont ordinairement recouverts de silicate de plomb, que l’on enlève de différentes façons, soit par l’action de l’oxyde de plomb fondu, soit par l’aèide fluorhydrique, soif par la potasse en fusion, soit par une calcination prolongée dans l’hydrogène, et ensuite par l’action des alcalis et des acides ; mais, dans certains cas, on trouve, dans les géodes, des cristaux qui sont presque purs et qui présentent alors tous les caractères des corindons et des rubis naturels, ils en ont la composition, l’éclat adamantin, la dureté, la densité et la forme cristalline.
Ces rubis en effet rayent le quartz et la topaze ; leur densité est de 4,0 à 4,1 : ils perdent, comme les rubis naturels, leur coloration rose lorsqu’ils sont fortement chauffés et la reprennent par le refroidissement; soumis à des lapidaires, ils ont été trouvés aussi durs que les rubis naturels et souvent même plus durs; ils usent très rapidement les meilleures meules d’acier trempé. Ces rubis, qui ont la forme de prismes hexagonaux, offrent dans leur intérieur une croix noire et des anneaux colorés sur les bords.
Voici la méthode qui a permis à MM. Frémy et Feil de produire les beaux échantillons de silicates cristallisés que ces messieurs ont mis sous les yeux de l’Académie ; les expériences qui suivent se lient aux précédentes, car elles ont donné souvent des cristaux de corindon à côté des silicates cristallisés.
430 GHAP. VII. VERRES DURS. — VERRES MALLEABLES
C’est au moyen des fluorures que ces messieurs ont produit les corps cristallisés, dont il reste à parler.
Soumettant à une température rouge, pendant plusieurs heures, un mélange à poids égaux de silice et de fluorure d’aluminium, on a constaté que, par la réaction mutuelle des deux corps, il se dégage du fluorure de silicium, et l’on obtient un corps cristallisé qui paraît être du dysthène, c’est-à-dire du silicate d’alumine.
Ce corps se présente en cristaux aciculaires biréfringents, qui éteignent la lumière obliquement par rapport à leurs arêtes; ils appartiennent sans doute à l’un des systèmes obliques : au prisme oblique à base rhombe ou au prisme doublement oblique. Ces cristaux ont offert la composition suivante :
Silice 47,66
Alumine .... 51,85
Perte 0,50
Cette composition se rapproche de celle du dysthène naturel. L’action du fluorure d’aluminium sur l’acide borique a donné un borate d’alumine cristallisé, qui correspond au dysthène.
Le fait important de la volatilité du fluorure d’aluminium, découvert par Henri Sainte-Claire Deville, a permis d’expliquer facilement les expériences suivantes :
Lorsqu’on diauffe à une température très élevée et pendant longtemps, un mélange à poids égaux d’alumine et de fluorure de baryum, dans lequel on a introduit deux ou trois centièmes de bichromate de potasse, on obtient une masse cristallisée, dont l’étude présente le plus grand intérêt.
Si la calcination a été opérée dans un creuset recouvert d’un autre qui sert en quelque sorte de condensateur,