Archîvio storico delV Arte
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bas-relief en bronze de Téglise del Carminé, à Venise, représentant la Déposition de la Croix, Mais aucun ouvrage du maître ne ressemble à cette sculpture, qui me paraît être l'œuvre d'un artiste plus inféodé que lui à l'art de Donatello. On retrouve la tradition directe de ce dernier, dans la violence des gestes, dans les raccourcis hardis, dans les draperies collantes ou chijffonnées, dans la variété d'épaisseur des reliefs, tous caractères qui contrastent avec ce que nous savons de Verrocchio. Récemment, dans VArte (1902, fasc. I et II), M. Venturi a publié un bas-relief, la Flagellatioriy du musée de l'Université de Pérouse, qui offre les plus grandes analogies avec le bas-relief précédent et qui est très vraisemblablement une œuvre du même sculpteur.
La Discorde^ du South Kensington Muséum, est une belle œuvre que l'on a attribuée, tantôt à Léonard de Vinci et tantôt à Verrocchio; mais malgré l'autorité des critiques qui soutiennent cette dernière opinion, j'hésite encore à reconnaître la main de Verrocchio dans cette composition, si encombrée, où la principale préoccupation de l'artiste semble être d'étudier Tanatomie. Dans tous ses ouvrages, Verrocchio se montre à nous plus concis, moins verbeux ; son art est la mesure, la sobriété mêmes ; partout la tâche est limitée pour que l'œuvre soit plus parfaite. Ici, au contraire, c'est l'exubérance d'un improvisateur, la rapide vision d'un habile metteur en scène, accumulant les figures, sans se
préoccuper de varier les attitudes, de soigner les détails, de dessiner exactement les raccourcis. Cette œuvre si touffue me semble un peu en dehors des habitudes du maître, et je crois déjà entrevoir les redoutables déclamateurs du xvi® siècle.
Ce bas-relief très curieux, très différent de tout ce que nous connaissons, reste un des plus intéressants problèmes de l'histoire de Part florentin. En le comparant avec la Flagellation de Pérouse,M. Venturi a signalé une telle analogie dans les architectures de ces deux œuvres, qu'il faudrait les considérer comme étant du même auteur. Ces deux sculptures, réunies à la Déposition du Carminé de Venise, formeraient un groupe appartenant, selon moi, à un artiste qui, dans sa jeunesse, aurait été soumis plus étroitement que Verrocchio à la discipline de Donatello, et qui aurait vécu assez longtemps pour prendre part à ce grand mouvement de l'imitation des œuvres d'art antiques d'où sortit, à la fin du xv® siècle, la transformation de Tart florentin.
M. Carlo Gamba a publié dans VArte ( 1 904, fasc. I) un grand bas-relief en terre cuite qui se trouve à l'ancienne villa de Laurent le Magnifique, à Careggi. C'est une Résurrection où l'influence de Luca délia Robbia est très sensible, tant dans l'ordonnance que dans le dessin de quelques figures d'anges, dans la disposition et la forme du paysage, arbres et rochers.
Cette œuvre est très belle, d'un grand caractère
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et d'un puissant réalisme ; et il paraît juste de l'attribuer à Verrocchio. Si elle lui appartient, elle indiquerait, plus qu'aucune autre, l'influence profonde exercée sur lui par Luca délia Robbia. C'est un morceau très inspiré de la Résurrection de Luca, qui est au Dôme de Florence : on s'expliquerait bien que Verrocchio, lorsqu'il fondit pour Luca, en 1466, deux bas-reliefs destinés à la porte de la sacristie du Dôme, ait étudié attentivement cette Résu7^rection qui, précisément, surmonte la porte de la sacristie. En tout cas, ce bas-relief devrait être considéré comme une des premières sculptures exécutées par le maître et pourrait se placer à la même époque que la peinture représentant le Baptême du Christ, c'est-à-dire vers 1470.
L'amour de Verrocchio pour la nature, son désir d'imiter le plus fidèlement possible la réalité, le conduisit à faire des moulages, non pas qu'il ait inventé ce procédé, mais il le perfectionna et s'en servit plus qu'on ne l'avait fait avant lui.
Verrocchio, dit Vasari, avait l'habitude de faire des moulages d'après nature, pour avoir les formes de la nature plus commodément à sa disposition et pour pouvoir les imiter ; c'est ainsi qu'il avait moulé des mains, des pieds, des genoux, des jambes, des bras et des torses. Et ensuite, on commença â faire des moulages d'après les cadavres; c'est ainsi que l'on woit dans toutes les maisons de Florence, sur les cheminées, ■sur les portes, les fenêtres et les corniches, une infinité de portraits, naturels et bien faits, qui semblent vivants.
Cliché Alinari.
Bas-reliefs de la tombe Tornabuoni.
(La Mort de Franc esca Tornabuoni.
La Présentation du nouveau-né a son père). Marbre. — Musée National, Florence.
Depuis, l'usage de faire des moulages, soit d'après le modèle vivant, soit d'après les cadavres, n'a pas cessé d'être en usage dans les ateliers des sculpteurs. Nous ne possédons aucun moulage fait par Verrocchio, mais nous avons dans l'œuvre d'un de ses disciples, le monument Tartagni, par Francesco di Simone, un bel exemple de figure moulée après la mort.
Enfin, il faut signaler la restauration que Verrocchio fit d'une statue antique. Vasari parle d'un Marsyas en marbre rouge, de la collection de Laurent de Médicis, dont il fit les jambes et les bras, mais les identifications que l'on a tentées de l'œuvre restaurée par Verrocchio avec les statues de Marsyas existant encore ne sont pas justifiées.
Il importe de lire ici avec attention le texte de Vasari. Il ne dit pas que Verrocchio fit des restaurations de statues antiques; il spécifie nettement qu'il restaura un Marsyas. On est donc en droit de supposer que Verrocchio ne restaura que cette seule statue ; c'est surtout au xvi® siècle, en effet, que se firent les restaurations de statues antiques. Et ce point a quelque importance : pour la compréhension des œuvres de Verrocchio, il est utile d'établir qu'il n'a pas consacré une grande partie de sa vie à l'étude des statues antiques, mais qu'il a réservé tout son temps à l'étude de la nature.
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