‹ Vers dorésChapitre 2 sur 5 · ODE A PAUL VERLAINE · texte numérisé non relu

ODE A PAUL VERLAINE

Vénus ! Voici Vénus ! Sur sa joue immortelle Son jeune sang fleurit en un peuple de lys : Les fronts des nations dorment ensevelis

Dans la splendeur qui s'épand d elle.

Vénus ! Voici Vénus ! Son ardente beauté

Fait mûrir les moissons et s'entr'ouvrir les tombes !

Sur l'écume des mers quand son sourire tombe

Son sourire bénit les mers, et des colombes

Par millions^ semblent vers elle s'élancer !

Mère de tout ce qui doit naître,

Elle porte, en ses flancs vénérables, tout l'Etre

Dans ses yeux l'on voit resplendir

L'éclair des âmes à venir !

El puis voici Psyché toute nue et plus chaste Que l'écume aride des flots ;

Son regard est propice aux voeux des matelots Que l'impie ouragan dévaste.

Sous ses pâles mains, les rafales S'endorment comme un vol farouche d'aigles blancs Elle lève ses yeux, verseurs d'apaisement§ Vers les étoiles triomphales !

Plus belle que Vénus, plus chaste que Psyché

Ecrasant la froide Couleuvre La Vierge-Mére accourt, qui naquit sans péché Ses calmes yeux brûlants font germer les chefs-d'œuvre.

Avec elle, voici les f-mles accourir :

Et les adolescents et les adolescentes Sous son charme inclinant leurs faces blêmissantes La voyant, craignent de mourir ♦

Elle enfanta le Christ aux hommes Qui fît naître des temp^ nouveaux Du prestige aboli des antiques royaumes Et qui rendit le sceptre à 1 humble, en ses travaux.

Afin qu'ayant livré des luttes méritoires La noble palme, un jour, fleurisse dans sa main, Et pour qu'il trouve au but d'héroïqu -s chemins Le repos des soirs de victoire.

Les antiques héros, par nous ressuscites Devant lesquels les champs pleuraient leurs moissons mortes Les Nymphes qui portaient en leurs yeux des étés, Forment au Çhrist-Jésus de splendides escortes.

ODE A PAUL VERLAINE i 37

Nous les lui baptisons au Jourdain aux flots calmes Pour que respectant tout, il ait tout rénové C'est pourquoi nous passons, fiers, agitant des palmes Car les jours nouveaux sont levés !

Poètes aux frdnts blancs, solennisé de myrtes,

Guidant aux mers du sud et du septentrion

Nos nefs aux mâts fleuris, triomphantes des syrtes

Nous voguons aux regards bénissants d'Orion !

Et les mortels charmés du son lointain des lyres Vers les plages courant de tous les horizons Elèveront vers nous, conquérants des empires La dépouille en leurs mains des plus riches saisons !

Et ce sera comme une forêt frémissante De lauriers sacrés et de lys Puis, sur le sol natal nous descendrons, aux cris Des nations applaudissantes !

Et traînant après nous les peuples qui font rois Ceux qui viennent vers eux des Cités merveilleuses Nous jetterons au ciel où flambloiera la Croix Nos odes glorieuses !

Et nous célébrerons ton nom, Père des chants.

Et plongeant nos fronts dans l'aurore Nous suivrons le char d'or de la Gloire, ployant

Sous nos verdoyantes couronnes !

Les vierges, le front pâle et la main sur le cœur A nos chants sentiront se rallumer leurs fièvres ; Vers nous, des baisers fous voleront de leurs lèvres Et les petits enfants nous jetteront des fleurs !

Comme aux orphiques temps, les accords immortels De nos lyres, sauront endormir les désastres. Et les siècles futurs suivront nos traces : tels Des troupeaux de lions rugissant vers les astres •

Bucolique

\^ toi gui me berças sous la vigne et les ormes Et qui gonflas mon cœur de ce sang radieux, Je t'inscrirai vivant en d'immortelles formes, Mes vers aurojit la force et l'éclat de tes yeux !

O mon père, le pré blanchi de fleurs brillantes, Les épis parfumés du blé substantiel Viennent, sous le soleil, baiser tes mains vaillances . — Tes calmes gerbes d'or ombrageront le ciel !

Sais-tu que ton regard auguste a la jeunesse Des soleils printatiiers, quand soudain tu souris ? — Pour qu'un cœur de héros dans ma poitrine naisse, Enfant tu me guidais vers les lilas fleuris ,

Quand les bouviers brunis sous leurs chemises blanches M'apportaient un beau lys tombé sur les sillons, Une cigale chaude et vibratit sur les branches, Des roses, des oiseaux, des fruits ou des grillons.

Tu souriais d'orgueil ! Ah ! souris plus encore Et longtemps vois jaunir et refleurir les bois ; Sois fier ! sur le luth d'or et la flûte sonore Toute ta race chante avec de belles voix !

Vers Dorés Pour Raymond Nyst

V^R, mon luth d'or, vibrant au bord des mers sonnantes

Lançait de clairs appels vers des siècles meilleurs :

Et, secouant les aubépines rayonnantes,

Le vent faisait monter une aurore de fleurs !

Sur des conques d'azur, debout, dans les rafales, Le Pinde reluisant de myrte et le Liban En abattant sur moi leurs ombres triomphales M'avaient fait resplendir, seul, dans le soir tombant !

Des feux de deux couchants, je fis une aube éclore Rallumant notre sang éteint, nos yeux ternis : Sur mes conques d azur, je viens, dans cette aurore, Ceint d'olivier d'Alhène et de Gethsemani !

L'éclat des ostensoirs s'unit dans mes prunelles Au resplendissement du casque de Pallas : J'ai fait fleurir, joignant deux sèves éternelles, Les roses de Sion sur le laurier d'Hellas !

Mais quand, du glaive ardent que me forgea l'Archange Et de mon Thyrse pampre dor au double mont, J'ai frappé les fauteurs des mauvaises vendanges. Toi qui soutins mon bras, loué sois-tu, Raymond !

Vers Dorés Pour Henri Degron

Je te donnerai l'étoile du matin Apocalypse

La route lactescente et profonde où plongea Mon blanc coursier, nourri des fleurs vierges des cimes Sous ses pieds d'or sonnant, cède ; et je vois déjà Des champs promis, trembler, là-bas, l'azur sublime.

Victoire ! Secouant d'héroïques flambeaux Par-dessus la nuit même aux voûtes d'ombre et d'astres, J'ai — pour faire surgir des peuples fiers et beaux — De mes clairons d'argent, assourdi les désastres !

Des mains des mécréants, j'ai reconquis la Croix, Et dans des poudroiements de gloire et d'épouvante, La haussant par-dessus les aurores levantes. Pour mieux porter mon Dieu, je me suis sacré Roi.

Et le peuple est venu vers moi, portant des branches, Mais des fils de ténèbre, hochant la tête, ont dit : •

« Celui-là nous déplaît, parce qu'il resplendit. » J'ai clos leur lèvre en leur imposant mes mains blanches,

Puis l'Azur pacifique a calmé mon courroux. J'ai supplié l'azur de descendre en leurs âmes , Parce que je fus fort, je fus aimé des femmes, Les hommes m'ont aimé, parce que je fus doux.

Et quand l'élan de mon coursier archangélique

Rasa le clair buisson de myrte où tu t'assieds,

Divin poète, au chant plaintif et bucolique,

Tu fis voler ton myrte — en couronne — à mes pieds.

Prends, pour qu'il t'ouvre, un jour, mes cités sans exemples Ce rameau de rosier humide et florescent Car de mon blanc coursier, quelquefois, je descends Sur le bord de la route, et j'y bâtis des temples.

X^ RîssoNNANT au couchant des cultes, quand vint l'aube

Je retrouvai la lyre et la coupe et la rose.

J'ai su du sang d'Adam garder la nouveauté,

Je rends à tout son lustre et sa forme première,

Je suis le moissonneur joyeux de la lumière

Et répands dans le vent des épis de clarté !

Vers Dorés Pour Charles Baudelaire

I^A terre merveilleuse où ta proue aspira Et que tu ne conquis qu'en chantant dans les voiles, Nous l'avons fait surgir des mers que consacra L'immersion d'un flot magnifique d'étoiles.

Ton verbe la créait ; mais tu ne croyais pas A la réalité splendide de ton verbe, Et le souffle douteux que soulevaient tes pas Eparpilla toujours l'or pompeux de tes gerbes.

Tu fatiguas les flots de nefs d'airain — courbé Sous des sceptres lointains de palme, aux vierges Iles, Puis tu sentis en toi ta fierté succomber Quand tu compris l'élan de tes nefs, inutile.

Il eût été bien mieux de te proclamer roi, De trompes d'or sonnant d'épouvanter les ondes, Et de faire surgir un monde égal à toi Du tumulte pacifié des mers profondes.

Que nous importe, à nous, la révolte des mers, Et qu'il existe ou non une Terre sacrée ? — Chaque nuit, le torrent des astres croule et crée Un continent de gemme aux verts palmiers d'éclairs

Pour en consolider l'errante illusion, Nous l'immobilisons du poids de notre essence, Et puis nous imposons ces belles visions Qui nous ont investis Je leur toute-puissance.

Et le monde agonise en un ricanement, A nos fronts incompris, il prodigue l'injure, — — Le Puits maudit veut rétrécir le firmament, Mais l'azur irrité plane et le transfigure.

Nous nous sommes conquis sur l'antique L'n v?rs,

Nous le repétrirons, ô Maître, à notre image ;

Et couronnés d'insulte aussi bien que d'hommage,

C'est pourquoi nous passons, portant des rameaux verts.

Nous sommes les enfants élus de la Victoire, Nous rêvons un empire et nous le conquerrons : Mais ton Ombre égarée aux bois expiatoires Nous conduit aux chants clairs de ses pâles clairons.

Quand ton Ombre a passé par nos midis suprêmes Aux poudres du chemin, nous nous sommes couchés Ton Ombre secoua sur nous, comme un baptême, Les lys élyséens par sa dexlre fauchée; !

Ah ! verse-nous aussi le pardon des colères Et la coupe d'oubli puisée au doux Lélhé, Et l'on verra passer nos cohortes céléres Dans l'éclat pacifique et divin des étés.

UMiLiE un vain cœur, pour qu'il soit exalté Sache que l'absolu, pour forme, a la Beauté, Et, grand de tout l'amas des idoles brisées, Luis du baptême clair des profondes rosées.

Vers Dorés Pour Paul Souchon

1 uisQUE ton cœur s'ouvrit comme une fleur profonde

Dont l'auguste corolle a prédit l'orienf,

Puisque toi seul tendis tes bras luxuriants

Qu'un flot de lys, de flamme et de palmes inonde

Vers mon azur nouveau que blasphème un vieux monde.

Puisqu'au jour où, portant l'avenir redouté,

Je suis entré dans l'aube en quittant la cité

D'un geste de tes mains semeuses de merveilles

Tu m'envoyas, ainsi qu'un cortège enchanté,

De douces Vierges-sœurs qui portaient des corbsilles,

Et des troupes d'oiseaux au vol d'or et d'abeilles,

Puisque tu me sacras roi pur des nuits d'été !

Puisque tu vins à moi d'entre les hommes sombres, Prophète au cœur exempt d'hypocrites pudeurs, Ne dérobant jamais ta torche à mes ardeurs, Quand se leva mon jour, dévorateur des ombres ;

Puisqu'au poids de mon front tes mains n'ont point faibli O frère, sois élu pour des siècles sonores : Je te cuirasserai profondément d'aurore, Pour que ton seul aspect épouvante l'oubli !

Vers Dorés Pour Gustave Robert

\^R les troënes d'or et les lilas suaves,

Les blancs lilas au clair de lune ont frissonné

Les cieux, à leur éclat, se sont illuminés.

Je n'ai pu réussir qu'à rendre mes esclaves Ceux dont j'aurais rêvé de faire mes égaux. De lumineux lilas j'ai lié leurs entraves !

Puissent-ils les briser à force de grandir !

Je maudis tout monarque aux splendeurs opprimantes,

Mon sceptre est fait de lys, de bienheureuses menthes.

Si l'on me suit, qu'on n'ait point peur de resplendir.

Maïs malheur à ceux-là que l'ascension lasse , Car vers Dieu sans répit il nous faudra monter, Toute inertie entraîne au gouffre illimité.

Mais toi, ton front déjà sous les lauriers s'efface, Quand tu me vis passer, clair et domptant l'espace, Tu fis frémir vers moi ta libre volonté,

Comme une palme, ô toi, beau comme la Beauté.

Vers Dorés Pour Henri Erasme

jV\^Ai suspend aux rameaux des grappes de sourires Pour le Vin printanier, vendange les lilas, Et foule-les, aux cuves d'or, de tes pieds las, ■i/*"' Au son des flûtes grelottantes du zéphyre !

Abdique ! Effondre-toi dans l'Absolu : fréquente Le Sinaï, par ma présence épouvanté, Et tonnant sur nos luths, surgis dans la clarté Les tempes largement verdoyantes d'acanthes !

Vers Dorés Pour Les Amoureuses

J'AI VU les mers tarir, j'ai vu souffrir les pierres,

J'ai vu les bois trempés de larmes de soleil,

J'ai vu les dieux proscrits s'enfuir dans le mystère.

Je veux donc me répandre en Vous comme un sommeil

Vers Dorés Pour Clément Billard

X ^''SQUE AUCUN sein de femme encor ne put porter Nos fronts lourds de muguets et lourds de roses vives, Impassibles, marchons dans notre éternité,

Vainqueurs, sans le secours d'Eve Auxiliatrice, Eve étendra vers nous son virginal essor : Comme monte la Mer luisante, en la nuit d'or Vers ton flamboiement pur, Lune triomphatrice !

Proclamation

A un Apôtre

1 uisQUE INDIFFÉRENT aux défaites Tu marches, le front haut — dardant Ton œil sur les Cités parfaites Qui surgiront à roccident.

Puisque tu crois aux Cités hautes Sortant de terre et renversant Notre antique Cité des Fautes Sous leur jaillissement puissant.

Puisque tu te ris des batailles Fier esthète au cœur d'exalté Sachant qu'à de frêles semailles On voit la montagne éclater !

6o Vers dorés

Puisqu'en tes yeux profonds et calmes Habite une mâle douceur, Je tends vers toi la fraîche palme Et la fraîche rose, sa sœur !

Et je te dis : « L'œuvre est commune O frère, et si nous sommes nés Tous deux sous la mauvaise lune. . .

— Les clairons d'aurore ont sonné ! »

Car, debout sur notre vieux monde Nous sommes demeurés bien peu Qui portions en nos mains profondes Tout l'antique ciel pris à Dieu

Qui, sur les foules descendantes Levions, — pour les faire monter — Comme un flambeauu de fîeurs ardentes Notre superbe volonté !

VERS DORÉS 6l

Voilà pourquoi, je veux, ô frère Que flos fronts, semeurs d'orients Oppriment d'intense lumière L'oeil des blasphémateurs riants !

Sachons que l'impassible amphore Ne s'émeut que pour rayonner Mais aussi, qu'en les mers, l'aurore Descend — pour les illuminer !

Si l'on nous méconnaît, qu'importe ?

Nos yeux rendront — pieux flambeaux Les hommes doux, les femmes fortes, Les enfants mortellement beaux !

Que, palpitants, sous nos étreintes Les cœurs des vierges au beau front Nous dictent les cadences saintes Par qui nous civiliserons !

La Statue

j^Es lys que ta pensée a suscités, les ros^s En gorge ont arrondi leurs contours tentateurs, Qu'importe ! Va mourir près des églises closes Parmi les sureaux clairs et purificateurs !

Gonfle tes flancs d'âmes de vierges vagabondes,

Lève ton geste immense et créateur de mondes, Immobilise-ioi lentement : — sois Statue !

Pour Stéphane Mallarmé

Quand, inolle^nent drape des pourpres vespérales Ta vins, rasant la cime écumante des flots Les deux bras ruisselants f^e myrtes frais-éclos ^t le front couronné de flammes fulgurales

:}uand tu vins sur les flots, les pâles nations fLinsi qu'une forêt dans Vorage sonnante 'rissonnaient sous reffroi des ombres imminentes 'îJt le mortel éclat des constellations !

iutour de toi, luisait un roi de diadèmes, 'splendidement, la nuit profonde Vescortait U de si vierges feuœ, des astres blancs, montaient Won crut que sur les flots tu traînais VauM même !

)es perles captivant le vif azur des mers, )es scintillants coraux floris dans Vile heureuse ""u voulus réjouir nos paupières peureuses : . Tels furent fon/lroyês à levr étrange éclair !

)es flûtes, sur la m£r, conjuraient les désastres U des fiâtes riaient sous les forêts fleuries ; 'on geste suscitait dans les pâles prairies 'e hauts lys abreuvés du lait sacré des astres !

a miroitante mer, scjudain, s'est allumée ■u resplendissement de tes prunelles sombres : es hommes prosternés y plongèrent leur ombre... 'Puis sur ton spectre éteint, la Mer s'est refermée!

•out cet éclat, le gouffre humide le dévore iais vers toi, qui, comme un zodiaque^ as splendi, ton laurier tout ardent de fleurs, je le brandis omme une torche vive et qui répand l'aurore.'

Les dlancs lilas, au clair de lune, ont frissonné : Les cieuXy à leur éclat, se sont illuminés.

Je n'ai pu réussi?^ qu'à rendre mes esclaves Ceux dont /aurais rêvé de faire mes égaux : De muguets délicats j'ai serti leurs entraves.,.

Jouisse nt-ils les briser à force de grandir !

Je maudis tout monarque aux splendeurs oppri-

[mantes, Mon sceptre est fait de lys, de bienheureuses menthes

Si fon me suit, qu'on n'ait point peur de resplendir I

Mais malheur à ceux-là que l'ascension lasse Car vers Dieu, sans répit, il nous faudra mantcr : Toute inertie entraine ait gou/fre illimité.

Mais toi, ton front déjà sous les lauriers s'efface Quand tu me ins passer, clair et domptant l'espace Tu fis frémir vers moi ta libre volonté -M

Co7nme une palme ! — ô toi. béait comme la beauté

Le Pocme des couleurs

Gammes ardentes et claires gamines Aux accents vibrants, aux inflexions d'éffr Aux tons plaintifs, aux tons joyeux ; Vous r>2i)iflolez commo. des iieu.ï)

A Une Foule

i uiSQu'iLS m'ont dit, vos sombres yeux, Qu'en eux mon âme était vivante, Mon sang s'enile en moi — radieux — Comme, au matin, les mers levantes.

Contempteur de toute épouvante Du bronze des astres pieux, J'ai tordu mes trompes savantes, Haut sonnantes de futurs dieux.

Divulguant des flammes coupées Que mes vers, sifflantes épées, Eventrent l'amphore de fleurs.

Que mon geste aux courbes profondes

Suscitant des azurs meilleurs

Taille, en un bloc d'or vierge, un monde.

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