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LE COMITÉ ÉPISCOPAL ET LES DÉLÉGUÉS DE L'ÉCOLE

Comme nous venons de le voir par l'information de Mgr de Chicoutimi, lettre du 25 mai, parvenue le lendemain à Montréal : « Mgr l'Archevêque de Québec et les Evêques de Saint-Hyacinthe et de Cithère étaient chargés de traiter avec les Messieurs de l'Ecole de Médecine de Montréal les diverses questions sur lesquelles ces Messieurs avaient attiré l'attention des Evêques de la Province ».

Or, une seule question, la question de justice et d'équité, était soumise au Tribunal des Evêques par l'Appel de l'Ecole; et Mgr de Chicoutimi, qui accusait simplement réception d'une lettre et des Résolutions de l'Ecole, sans dire si l'Appel était reçu des Evêques, sans même en faire mention, n'indiquait pas, non plus, où, ni dans quel ordre, ni même quand l'Ecole serait appelée à traiter les diverses questions avec le Comité Episcopal !

Une chose semblait cependant évidente, c'est que pour mettre l'Ecole en état de traiter, il fallait avant tout lui rendre sa liberté. Il fallait d'abord et, par conséquent, donner une réponse à son Appel et la soustraire par là au coup mortel que Mgr Fabre, évêque de Montréal, par ses Ordonnances, voulait lui porter. Puis, il fallait aussi la prévenir à temps, fixer une époque précise pour les entrevues, et lui accorder un temps convenable pour se préparer à traiter les diverses questions, questions assez nombreuses et toutes fort délicates, qui exigeaient, même de la part d'hommes spéciaux, un temps considérable; car on devait recueillir, coordonner, étudier les documents, comparer, consulter, voter, se préparer enfin se-

rieusement à la défense d'une cause importante. Bref, tout portait l'Ecole à croire que les Evèques, une fois la question de justice tranchée, voudraient bien lui accorder un intervalle de quelques jours, au moins, pour se préparer à traiter les diverses questions, lorsque dès le dimanche 27 mai, et avant même de savoir si son Appel était reçu des dits evèques, la notification suivante était adressée à M. le Dr. d'Orsonnens, Président de l'Ecole :

Monsieur, Monseigneur de Montréal vous prie de vouloir bien inviter tous vos confrères, professeurs de l'Ecole Victoria, à venir, demain à cinq heures, P. M., au salon de l'Evèché, afin de rencontrer les Seigneurs Evêques chargés d'examiner la question de votre Ecole.

Veuillez me croire, Monsieur, Votre tout dévoué,

(Signé), J. A. Vaillant, Ptre.

Evèché de Montréal, 27 mai 1S83.

Dans l'énervement visible, l'ancienne politesse était déjà sacrifiée Qu'à cela ne tienne, l'Ecole en a vu, elle en verra bien d'autres.

L'abbé Vaillant mentiomie la question de l'Ecole : quelle question? Il ne l'ajoute pas. Est-ce que par hasard, et comment en douter, on voulait étouffer et, à cette fin, procéder par surprise? L'Ecole voulait encore espérer qu'il s'agissait simplement de la question de justice, sur laquelle le comité Episcopal devait prendre certaines informations et faire rapport.

Comme il ne paraissait guère possible de réunir dix médecins pour des entrevues qui seraient probablement longues et pourraient se répéter plusieurs jours de suite, l'Ecole, imitant en cela l'exemple des Evèques de la Province, adopta le parti de se faire représenter par quelques-uns de ses membres seulement devant le Comité Episcopal.

Elle nomma donc comme ses délégués, le 28 mai, MM. les Drs. d'Odet d'Orsonnens, Craig et Desjardins, qui devaient

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