‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 26 sur 102 · DERNIÈRE DÉCISION DE LA S. C. DE LA P. SUR LA QUESTION UNIVERSITAIRE · texte numérisé non relu

DERNIÈRE DÉCISION DE LA S. C. DE LA P. SUR LA QUESTION UNIVERSITAIRE

Evêché de Montréal, 28 septembre 1884.

Mes Chers Collaborateurs, Mon Mandement en date du 14 courant vous a fait connaître en substance la 'dernière décision de la S. Congrégation de la Propagande relativement à la question universitaire. J'ai l'honneur de mettre aujourd'hui sous vos yeux cet important document avec la lettre de Son Excellence Dom Henri Smenlders, Commissaire Apostolique, du 8 septembre courant.

Marianopoli, 8 Septembre, 1884.

Illmo ac Rmo Domino D. Ed. Car. Fabre,. Illme ac Rme Domine,

Episcoi:o Marianopolitano.

Ex Mandate» Sacrae Congregationis Chrisliano nomini propagande prseposiiae infrascriptam S. Congregationis Decisionem, emanatam die II Augusti proximè elapsi, et a Sanctissimo Domino Nostro Leone Papa XIII die 14 ejusdem mensis approbatam, ad notitiam Dominationis^Tuae Rnise deduco, quo mens S. Sedis in eà explicata sit Tibi agendi norma, et quo exhortation esque in eâdem contentas, quatenus ad Te referuntur, mandare exequutioni velis.

Omnia Tibi prospéra feliciaque a Domino apprecans, debito en m venerationis sensu permaneo, Dominationis Tuse Rmse.

Devolissimus in Christo servns.

D. Henricus Smeulders, 0. C.

Com. Apost. m Canada.

(Ici, texte en italien de la décision de la S. C de la Propagande).

Les Décrets de 187G et de 1883 ont déjà été portés à votre connaissance.

Par ces décrets et par cette dernière décision, le Saint-Siège manifeste ouvertement son intention et suit la même ligne de conduite relativement à la question universitaire.

En 1876, le Siège apos'olique érigeait canoniquement l'Université Laval et accordait une succursale à Montréal; en 1883, il réclamait contre ceux qui s'opposaient à l'accomplissement de l'œuvre de l'Université-Laval et faisait un précepte aux Catholiques de cette Province de faire tout en leur pouvoir pour favoriser Laval et sa succursale.

Par sa dernière décision, le Saint-Siège remet sous nos yeux et impose de nouveau à nos consciences ce qu'il a commandé .antérieurement. « In decisis fuxta Décréta 1876 et 1883. »

Conséquemment, les mêmes devoirs et les mêmes obligations nous incombent; et nous comprendrons tous qu'en face de ces documents solennels, nous n'avons qu'une route à suivre; celle de l'obéissance.

En vue des circonstances actuelles, l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal et ses hôpitaux restent dans le Statu quo, c'est-à-dire, suivant ma manière d'interpréter l'idée de ce document, que les membres de l'Ecole sont sous la loi des Décrets Apostoliques de 1883 et 1876 comme tous les Catholiques de cette Province; mais que cependant, en raison des circonstances actuelles, ils restent libres d'ouvrir leurs cours aux étudiants, de fréquenter les Hôpitaux, avec lesquels ils étaient en relation, et que les provisions disciplinaires portées contre eux dans mon Mandement du 23 juillet 1883 n'ont plus cours.

Vous pouvez informer les fidèles à vos soins du fait des nouvelles conditions dans lesquelles se trouve l'Ecole de Médecine.

Pour ce qui est des affiliations des Séminaires et des Collèges à l'Université-Laval, les circonstances détermineront les moments favorables, où elles pourront s'effectuer.

Il est important dans le moment actuel, que le calme renaisse dans les esprits; et je vous engage fortement h user de votre influence auprès des journaux pour obtenir d'eux qu'ils gar-

dent le silence sur la question universitaire. On est étonné de voir même un journal protestant, renseigné on ne sait ni par qui ni comment, lancer des informations et des racontars plus ou moins exacts sur cette question, et aller jusqu'à publier des documents épiscopaux. Avec de la discrétion vis-àvis ce journal, par une attitude ferme vis-à-vis la presse catholique, je suis convaincu que nous pourrons obtenir une retenue convenable sinon un silence entier sur ces matières.

En terminant, je vous prie, mes Chers Collaborateurs, de demeurer fermes dans le devoir, et de rester convaincus que rien ne nous réussira, si nous ne sommes des enfants soumis aux volontés de notre Père commun. Unissons nos forces sous la conduite de nos Evêques, et nous demeurerons puissants pour le bien.

Je suis bien sincèrement, mes chers Collaborateurs, etc.

j Edouard Chs, Ev. de Montréal.

N. B. — Ici se trouve la traduction française de la lettre de S. Em. le Card. Simeoni publiée plus haut. '

Pour établir les faits, le président de l'Ecole .adressa à la presse cette lettre :

M. le Rédacteur,

A la veille de l'ouverture des cours de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, il est de mon devoir, comme Président de cette Institution, de repousser l'interprétât] que certaines personnes et surtout certains journaux ont (h innée à la dernière décision de Rome ;au sujet de notre Ecole et au mandement de Monseigneur de Montréal qui l'a promulgui On a voulu voir dans ces deux documents une simple tolérante de l'Ecole, sans aucune reconnaissance de ses droits; or, d'après la communication officielle que j'ai reçue de l'Rvcque même à ce sujet, Sa Grandeur me dit : « L'Emc Préfet de la » Propagande m'a informé que, vu los circonstances actuelles, » j'ai à laissser l'Ecole de Médecine de Montréal et ses ho-

» pitaux dans le Statu quo », c'est-à-dire que l'Ecole est maintenue dans tous ses droits et privilèges et dans la position qu'elle occupait avant la condamnation.

Je dois ajouter que la décision de Rome reconnaît de plus notre Ecole comme Ecole catholique; le texte qui vient de m'en être communiqué officiellement par Sa Grandeur est dans les termes suivant : « Que l'Em. Préfet dise à l'Archevêque » de Québec et écrive à l'Eve que de Montréal que, vu les » circonstances actuelles, ils laissent l'Ecole catholique de » Médecine et ses hôpitaux dans le statu quo ».

Agréez, M. le Rédacteur, mes remerciements.

Ths E. d'Odet d'Orsonnens, Prés. E. M. C. M.

Montréal, 26 septembre 1884.

Et aux évèques de Montréal, de Saint-Hyacinthe et de Sherbrooke, la lettre qui suit :

Monseigneur,

Dans le mois d'août de l'année dernière, Votre Grandeur a publié et transmis pour être lu dans toutes les églises de son diocèse, un mandement promulguant une condamnation portée contre l'Ecole de .Médecine et de Chirurgie de Montréal par Sa Grandeur l'Archevêque de Québec. Cette condamnation déclarait la dite Ecole coupable de désobéissance et rebelle à l'Eglise, pour avoir refusé >de se détruire et par là de favoriser l'Université Laval, qui attendait cet événement pour s'emparer des hôpitaux desservis par la dite Ecole; la condamnation ajoutait qu'en conséquence, le contrat qui garantissait à la dite Ecole le service médical de l'hôpital de l'Hôtel-Dieu était annulé; et que les membres, professeurs et élèves de cette Ecole, devaient être privés des sacrements de l'Eglise.

Votre Grandeur n'ignore pas que l'exécution de cette ordonnance a été suspendue presqu*îmmêdiatement par un télégramme de l'Em. Préfet de la Propagande en date du 24 août 1 -

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