‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 32 sur 102 · Projet du card. Franchi, 4 août · texte numérisé non relu

Projet du card. Franchi, 4 août

Réponse de Mgr Bourget au cardinal Franchi, 1er n0v. 1874. (Arch. du Coll. de Sainte-Marie, à Montréal).

pas moins en 1872, dans les journaux, d'avoir violé par ce silence, les règles les plus élémentaires du savoir-vivre.

IV. — Premier mandement collectif, etc. Supplique des suffragants. Bulle du Saint-Père, etc. Agitation des Libéraux et du parti réformiste, etc. Décret du iCT février i8j6, etc. 2e mandement collectif.

Pendant ce temps, mie terrible tempête s'était déchaînée sur l'Eglise du Canada; les mauvais principes disséminés sans restreinte avaient produits leurs fruits; il se leva toute une armée de libéraux qui prétendirent qu'il fallait museler le clergé, et l'empêcher d'influencer les électeurs contre un parti politique qui se prétendait « parfaitement orthodoxe, etc., etc. »

Cette triste campagne commença en 1875, et ce furent des professeurs de Droit de l'Université Laval qui se mirent à la tête du mouvement; MM. Langelier, Casault, Flynn, etc., ne s'effrayèrent nullement des réclamations des Evèques; ils avaient en leur faveur les autorités universitaires. L'Archevêque lui-même les avait puissamment aidés dès 1871, par sa guerre au Programme catholique. Mais leurs excès lui ouvrirent un instant les yeux, et, d'accord avec ses suffrugants, il publia, le 22 septembre 1875, le célèbre mandement collectif contre le libéralisme. Le camp libéral en fut abasourdi, puis se ralliant et appelant à leur secours leurs alliés du Haut-Canada, nos libéraux commencèrent une levée de boucliers formidables. Le parti libéral (ou plutôt réformiste) du Haut-Canada ressemblait cependant si peu à celui du même nom dans la Province de Québec, que les Evêques du Haut-Canada, l'Archevêque de Toronto à leur tête, et l'immense majorité des catholiques le favorisaient ouvertement. Ce parti était alors au pouvoir dans le gouvernement fédéral d'Ottawa, et le gouverneur général, Lord Dufferin, lui était lui-même dévoué.

Irrité du mandement collectif, dont on lui faussa la portée, Lord Dufferin qui s'était toujours montré bienveillant envers les catholiques, changea soudain d'attitude, et témoin de l'effervescence qui se produisait, et qui, grâce à l'appel au fanatisme protestant, unissait pour un moment dans une cause commune la plupart des protestants contre les catholiques, il en donna avis au gouvernement anglais, et pressa le ministre de Londres d'avertir le cardinal Antonelli, que « si l'on n'imposait pas le silence aux Evêques du Bas-Canada sur la politique et surtout à cet ultramontain, l'Evêque Bourget », il y aurait certainement au Canada une persécution contre les catholiques. Mgr Lynch, archevêque de Toronto, écrivit à Rome dans le même sens. Mgr Taschereau eut vent de ces démarches et fut immédiatement conseillé par ses amis de Rome de modifier le mandement collectif. Il invita aussitôt ses suffragants à prendre cette mesure rétrograde, et comme ils s'y refusèrent, il publia en mai 1876 un mandement, révoquant en partie dans son diocèse le mandement collectif. Ses suffragants lui en firent aussitôt de vifs reproches, puis se réunirent à Montréal et rédigèrent une supplique au Saint-Père, dans laquelle ils se plaignaient amèrement de l'acte de faiblesse de l'Archevêque, surtout vis-à-vis des professeurs de l'Université Laval qui faisaient impunément la guerre aux prêtres etrmême aux Evêques. Ils finissaient par déclarer dans un document qu'ils ne voulaient plus avoir rien à démêler avec l'U. L- 1.

Au fond, ils n'avaient jamais eu rien à voir dans ce qui se passait à l'Université Laval, mais ils avaient espéré du moins jusqu'alors que les Professeurs d'une Université catholique respecteraient leurs décrets; or, ces mêmes Professeurs venaient de faire litière de ces décrets de la façon la plus indigne. Mgr Laflèche, député à Rome avec cette supplique, reçut un accueil bienveillant et obtint un Bref louant et confirmant le mandement collectif. Ce Bref, tous (y compris l'Archevêque) le publièrent aussitôt, et l'on crut, après cet

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