‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 37 sur 102 · QUANT AU DÉCRET · texte numérisé non relu

QUANT AU DÉCRET

(a) La Propagande suppose qu'on a reconnu l'impossibilité de fonder une Université à Montréal, pour la raison qu'une telle fondation compromettrait l'existence de l'Université Laval. Or, la fausseté de cette supposition a été démontrée cent fois pour une; du reste, l'Université Laval elle-même admet que la succursale lui sera aussi nuisible que l'aurait été une université indépendante, ou, selon l'expression de M. Hamel, que la « fille tuera la mère; » c'est exagéré, mais cela prouve que Montréal grandit et que Québec reste in statu quo-

(6) La Propagande suppose que la haute surveillance des évêques puisse être autre chose aux yeux du Conseil Universitaire de Québec qu'une ingérence impertinente et illégale, contraire à la charte.

(c) La Propagande suppose que l'Ecole de Droit de Montréal était alors en pleine opération et affiliée à une université protestante; or, cette Ecole n'a jamais été affiliée à aucune université ni catholique, ni protestante, et ses cours étaient de facto suspendus depuis plusieurs années 1.

1. De jure elle n'a cessé d'être du domaine du Collège Sainte-Marie, qui pourrait la rouvrir légalement même maintenant (1886); aussi Mgr Conroy a-t-il bien compris que c'était elle qui devrait former le noyau de la Faculté de Droit de la Succursale toul aussi bien que l'Ecole de Médecine, celui do la Faculté de Médecine. On a reproché maintes fois à l'Ecolo de Médecine d'avoir exagéré les dangers que ses élèves couraient par son affiliation avec L'Université de Cobourg et à Mgr Bourget lui-même d'avoir exagéré dans le même sens. Ces accusati mis étaient injustes. L'Ecole de Médecine était soumise dans les premiers temps, à des mesures vexatriires dont elle a été affranchie depui élèves,

entre autres choses fâcheuses, avaient à recevoir leurs diplômes à Cobourg des mains d'un évêque protestant qui leur faisait pp t< nient d'usage;

dcrjuis plusieurs années, au contraire, ils sont entièrement | de

cette cérémonie el même du voyage de Cobourp

Quant à l'Ecole de Droit, elle n'a jamais été affiliée à aucune Uni-

— oâD —

(d) La Propagande suppose qu'il ne se présente à personne d'autre expédient que celui d'établir une succursale; or, sans même parler du projet Franchi, la modeste demande d'affiliation à l'Université Laval ou encore la demande que nos Pèies firent au Parlement en 1872 se présentaient à tout le mondev et ni l'une ni l'autre n'auraient fait ombre de dommage à l'Université Laval, certainement bien moins même que la succursale.

B. Malgré tout cela, et bien que le décret et la Bulle tombassent sur le pays tout entier comme un coup de foudre, on ne fit pas la moindre résistance, dès que Mgr Conroy déclara solennellement qu'il était venu de la part du Saint-Siège avec l'ordre formel d'organiser la succursale. Ceux-là même à qui ces documents du Saint-Siège imposaient les plus grands sacrifices ne songèrent pas un instant de s'y opposer. Il est vrai qu'ils ne les connaissaient point alors dans tous leurs détails et qu'ils s'y soumirent aveuglément, mais cette soumission n'en doit être considérée que plus méritoire et plus digne d'admiration.

Ce fut un beau spectacle donné par le Canada, et surtout par Montréal, mais ce fut un spectacle d'autant plus attristant, en face de cette obéissance héroïque, de voir le souverain m'épris avec lequel l'Université Laval traitait ces mêmes dor cuments en ne tenant nullement compte de ses clauses les plus essentielles. En effet :

(a) « Les évêques en union avec Laval devaient procéder à l'érection de la succursale; » or, quoi de plus certain que ce fait : La succursale a été érigée par Mgr Conroy, Mgr Faine et M. Hamel; et comme les deux premiers, dans tous les points en litige, ont presque toujours fini par céder au dernier, on peut dire que la succursale a été érigée par M. Hamel. Les évêques n'ont eu absolument rien à y voir, c'est là un fait

vcrsité; mais, ce qui était plus fâcheux, c'est que les jeunes gens n'ayant plus d'Ecole catholique, suivaient les cours de l'Université McGill, *où ils eurent pour professeur d'un cours français organisé pour eux le trop fameux impie, Joseph Doutre.

patent, prouvé du reste par leur propre témoignage et si l'on prétend que par leur présence à la cérémonie de l'inauguration de la succursale, le 6 janvier 1878, ils ont ratifié implicitement tout ce qui s'était fait, on veut simplement se moquer du sens commun.

(b) Le décret veut « empêcher que les Ecoles de Droit et de Médecine existant à Montréal » ne continuent d'être affiliées à des universités protestantes. Ils ne veut donc pas que ces Ecoles cessent d'exister, il veut, au contraire, qu'elles soient incorporées dans la succursale-

Mgr Conroy affirmait formellement que telle était la volonté du Saint-Siège; aussi fit-il des efforts pour conserver au Collège Ste-Marie la faculté de Droit- Mais comme M. Hamel ne le voulait pas, cela ne se fit pas. M. Hamel ne voulait pas davantage incorporer l'Ecole de Médecine et, sans demander avis à personne, il avait déjà, en écartant l'Ecole, choisi une Faculté toute neuve, à la tète de laquelle il plaçait comme Doyen le Dr Rottot, qu'il avait déjcà réussi h détacher de l'Ecole, dont il était un des derniers membres. Mgr Conroy s'opposa énergiquement à cet arrangement et força M. Hamel à incorporer l'Ecole avec son autonomie; Mgr Fabre signa un contrat à cet effet.

(c) M. Hamel trompa l'Ecole de Médecine, en lui faisant accroire que les Facultés de Théologie, de Droit et des Arts avaient dû sacrifier leur autonomie pour obéir au Suint-Si

« qui ne voulait pas qu'on dérogeât à la charte, » laquelle ne permettait pas qu'un seul rouage fût indépendant du Conseil Universitaire. L'Ecole, dans sa simplicité, souscrivit alors avec soumission complète au Décret et à la charte, sans se douter cependant que cela serait considéré comme annulant son contrat avec Mgr Fabre.

Les médecins n'apprirent que plus tard que Laval avait laissé son autonomie à la Faculté de Théologie et que la Faculté des Arts n'existai! pas même sur le papier, parce que les Pères Jésuites avaient refusé (b' sacrifier leur autonomie.

(d) Enfin, d'un bout à l'autre de cette organisation, il test parfaitement évident que le seul article de la Bulle et du Décret dont Laval voulût tenir compte, c'est que le Saint-Père voulait qu'on ne dérogeât en rien à la charte et aux constitutions de l'Université Laval. Ainsi, la clause qui prouve précisément (ainsi que nous l'avons vu) « que la succursale n'a pas d'existence légale, » Laval s'en servit pour éliminer toutes les garanties faites par le Saint-Siège en faveur des Ecoles de Droit et cle Médecine, etc.

En effet, Laval prétendait que la charte n'autorisait d'autre corps dirigeant que le Conseil Universitaire, et le Saint-Père veut qu'on ne déroge pas à la charte; donc, concluait Laval, la clause par laquelle le Saint-Père exige que l'érection de la succursale se fasse par les évoques en union avec Laval est nulle. De même, d'après la charte, la nomination et la révocation des professeurs de toutes les facultés appartient exclusivement au Conseil Universitaire; donc la clause de décret qui insinue et l'interprétation de Mgr Conroy qui déclare qu'il faut incorporer les Ecoles de Droit et de Médecine avec leur autonomie sont nulles.

Tout cela n'a-t-il pas l'air d'une triste comédie?

Malheureusement, l'existence et le pain des familles des professeurs de l'Ecole de Médecine s'y rattachent; il faut donc plutôt y reconnaître une tragédie.

VI. — Le Collège Ste-Marie refuse la Faculté des Arts, et on lui refuse la Faculté de Droit, 1 877-78.

A. C'est ici le lieu de traiter plus en détail les trois points qui forment le premier chef d'accusation. Et d'abord remarquons que par là même que le collège aurait accepté la Faculté des Arts, l'affiliation du collège était faite ipso fado; mais quand il eut refusé la Faculté des Arts qu'on lui offrait comme une faveur, et qu'il pouvait par conséquent refuser, on voulut lui faire une obligation de s'affilier à l'U. L. parce que disait-

On,) le Saint-Siège, à différentes reprises, et en particulier dans la Bulle de 1876, oblige les collèges de s'affilier.

Or, nous lie sachions pas que le Saint-Siège ait jamais imposé pareille obligation à quelque collège que ce soit, et en particulier au Collège Ste-Marie. Il a fortement exhorté les Evêques de la Province à faire affilier leurs séminaires et leurs collèges, mais Mgr Fabre n'a jamais prétendu que le Collège Ste:Marie fût son collège; de plus, il est clair que même les collèges nullement exempts de la juridiction épiscopale ont toujours compris qu'il s'agissait d'une faveur que Laval leur a toujcurs refusée et que le Saint-Siège veut la forcer d'accorder sans plus se faire prier. C'est bien ainsi qu'à dû le comprendre entre autres, le Collège (Petit Séminaire) de Montréal; car il est évident que les Messieurs de Saint-Sulpice seraient les derniers hommes du monde capables de refuser de se soumettre à des ordres du Saint-Siège.

Aucun collège, en vertu de la Bulle, ne nous semble donc obligé de s'affilier, s'il trouve que l'affiliation ferait tort à son cours d'études; il se rendrait même coupable d'une faute, et il agirait contre les intentions du Saint-Siège.

C'est bien ainsi que le Collège de Montréal à dû comprendre les choses.

A r»lus forte raison notre Collège Ste-Marie, tenu par nos constitutions à suivre notre Ratio Stadiorum tant de fois approuvé par les Papes, ne pouvait-il en conscience s'affilier si (comme c'est le cas) il ne pouvait le faire sans sacrifier le Ratio Studiorum.

Mais pourquoi est-ce donc le cas? Parce que le Programme du Baccalauréat, dont on doit faire nécessairemenl le Programme des études dans un collège affilié est un Programme destructeur des études classiques. Le latin et le grec n'y occupent qu'un rang secondaire, la philosophie mentale y est réduite à sa plus simple expression ; il n'y est pis même question de philosophie maraU; mais en retour, les élèves, pour réussir à obtenir leur diplôme, sont obligés de se mettre dans h I

une encyclopédie d'histoire, de géographie et de sciences naturelles. Un Petit Séminaire, dans lequel on se propose d'élever les 'candidats pour le sacerdoce, pourrait encore à la rigueur s'affilie! nominalement sans sacrifier son cours d'études, parce que ces élèves n'ont pas besoin de diplôme pour entrer au Grand Séminaire; mais un collège comme le nôtre, dont les élèves se destinent pour la plupart aux carrières du monde, ne peut les préparer au baccalauréat dont ils ont besoin, sans adapter son cours d'études au Programme du Baccalauréat et, par suite, sans ruiner les études classiques et sacrifier le Ratio Studiorum.

Jusqu'ici, il est vrai, le diplôme de bachelier n'a pas été requis par la loi pour aucune carrière libérale, mais ce n'est pas grâce à Laval qu'il en est ainsi, car Laval a fait tous ses efforts pour obtenir le « monopole de l'enseignement, » c'est-à-dire pour faire modifier la loi et rendre le diplôme obligatoire, ou rendre nécessaire un certificat d'études dans un « collège affilié, » ou du moins pour faire accorcter des privilèges aux jeunes gens munis de diplômes- Tous ses efforts Ont échoué jusqu'ici; mais les succès passés de ce « corps puissant >/ font craindre que même ces mesures de despotisme ne soient à la veille d'être imposées à la Province.

Or, que nous proposons-nous de faire en pareil cas? Nous sommes décidés à ne pas nous affilier malgré cela à Laval; mais alors il résultera que nos élèves seront obligés de nous quitter pour aller étudier dans un collège affilié; qu'on juge des conséquences pour nous 1.

1. On se demandera peut-être pourquoi cette obstination de Laval à vouloir nous affilier. La raison d'amour-propre suffirait déjà pour l'expliquer; il veut pouvoir dire que tout le monde a dû fléchir le genou devant lui. Mais de plus, Laval veut anéantir l'Ecole de Médecine : delenda Carthago ; or nos élèves ont, paraît-il, une prédilection naturelle pour cette Ecole, et Laval croit que si nous étions affiliés nous dirigerions nos élèves naturellement vers l'Université.

Un«a pareille raison, qui est la vrai (nous le savons de bonne source, semble indiquer à quoi l'on peut s'attendre dans un avenir prochain ; quand tous les collèges seront affiliés, on n'accordera les diplômes qu'à oeux qui feront serment qu'ils n'iront pas étudier la médecine à l'Ecole

B. Le Saint-Siège, d'après Mgr Conroy, a voulu que la Faculté des Arts de la Succursale nous fût offerte; cela voulait dire évidemment que nous pouvions la refuser, même ^ans autre raison que notre bon plaisir. Mais la raison qui nous l'a fait refuser n'est rien moins qu'un ordre formel de notre P. Général.

Il suffit, de jeter les yeux sur le Modus vivendî et la Lettre de M. Hamel à Mgr Fabre pour voir s'il était absolument impossible pour nous d'accepter cette Faculté. Du reste, M. Hamel le savait d'avance, et s'il avait pu craindre de nous voir accepter ces conditions, il nous en aurait posé de plus dures encore; mais il n'y avait aucun danger de ce côté-là; nous les avons donc rejetées. Le R. P. Général, après les avoir lues, a fait répondre sans hésiter : « Chargé d'office de maintenir l'intégrité de l'Institut, le P. Général ne peut, en conscience, accepter ces conditions 1. »

On dira peut-être que Laval voulait seulement sauver fen apparence le droit que la charte accorde au Conseil Universitaire, mais que dans la pratique nos supérieurs auraient été aussi libres que le sont ceux de Saint-Sulpice pour la Faculté de Théologie de nommer les Professeurs et de les révoquer. Nous devons répondre à cela que M. Hamel a eu la sincérité de ne pas vouloir nous tromper sur ce point : il a hautement déclaré à plusieurs reprises « qu'il était entendu que nos supérieurs ne nommeraient jamais le P. Braun ou ses semblables comme Professeurs ou Doyens de la Faculté des Arts. » Etaitce clair?

C. Nous possédions, depuis 1851, une Ecole de Droit attachée au Collège Ste-Marie. Cette Ecole a fait quelque bien, ne fût-ce qu'en empêchant bon nombre de jeunes gens catholiques de suivre les cours de McGill. Nous en suspendîmes les cours en 1867, pour les raisons indiquées plus haut. Celte

de Médecine (Victoria). De la sorte on coupera les vivres à cette malheureuse Ecole- et, alors, il faudra bien qu'elle meure.

1. Modai vivendi et lettre explicative dé M. Hamel, :i fév. L878 (Arch. du Coll. Sainte-Marie, à. Montréal).

Ecole n'a jamais pu obtenir de Laval une affiliation à des conditions raisonnables. M. Hamel a déclaré, dans §on plaidoyer (1881) que nous n'avions jamais demandé cette affiliation," il se trompe : nous l'avons au moins demandée une fois en 1864, (M. Taschereau lui-même a signé la lettre de refus) et le Cardinal Barnabo, dans une lettre de 1865, citée par<M. Hamel, fait mention de plusieurs demandes d'affiliation de cette Ecole faites par Mgr Bourget

Lors de l'érection de la succursale, Mgr Conroy exigea d'abord, en vertu du Décret du 1er février 1876, que M. Hamel respectât nos droits et incorporât notre Ecole dans la succursale; Mgr Fabre fit des efforts dans le même sens; alors M. Hamel ameuta contre nous les avocats libéraux auxquels il avait déjà promis les chaires de Droit dans la succursale, puis il déclara que les Jésuites étaient trop impopulaires avec un certain parti; Mgr Conroy et Mgr Fabre firent de faibles objections et le tour fut joué.

Du reste, nous l'avouons, nous ne fîmes absolument aucune démarche pour maintenir nos droits à cette Ecole; bien plus, si on nous l'avait offerte comme on nous offrit la Faculté des Arts, nous l'aurions refusée; avions-nous tort d'en agir ainsi? ce que nous avons déjà dit, ajouté à ce qu'il nous reste encore à dire suffira, nous l'espérons, pour prouver la rectitude de notre conduite, ou du moins de nos intentions.

Il est possible cependant qu'on nous dise de plus : Vous auriez dû maintenir vos droits, puisque c'est la volonté du Saint-Siège, et puis, que votre influence sur cette Ecole aurait, été capable de sauvegarder, en partie du moins, les bons principes et de neutraliser l'enseignement de l'Université Laval de Québec et de ses professeurs libéraux et gallicans. A cela, nous répondons candidement : C'est précisément là ce que Laval ne voulait pas et n'aurait jamais permis; et, comme nous voyions que la puissance de l'Archevêque de Québec et de Laval était telle que ni évoque, ni délégué, ni Propagande, ni Saint-Père lui-même n'était capable de lui tenir tête, il y

aurai l eu plus que présomption de notre part d'essayer de le faire.

Mais, dira-t-on encore, et c'est précisément ce que le Saint- Père et la Propagande disent, paraît-il, en ce moment, (1886), Laval a eu de grands torts envers vous dans cette affaire, et ce n'est pas pour rien, que le Saint-Père a exigé la retraite de M. Hamel; mais c'est la volonté formelle du Saint-Père que le Décret de 1876 s'exécute à présent loyalement et que vous ayez pleine liberté d'organiser la Faculté des Arts comme vous l'entendrez. Acceptez donc,, ou avouez que vous avez des arrière-pensées.

A cela nous répondons : D'abord, il n'est pas ici question de la Faculté de Droit qu'on nous a enlevée; or, c'est celle-là surtout qui fera le grand bien ou le grand mal, suivant la direi don qu'on lui donnera; quant à la Faculté des Arts, quand même nous voudrions et pourrions en faire autre chose que le simple cours classique du Collège Sainte-Marie (ce qui n'est pas le cas), M. Hamel ou son successeur et le Conseil Universitaire, armés de leur charte, ne nous permettraient pas de le faire; il ne faudrait pas que la succursale éclipsât l'Université.

Nous irons môme plus loin et nous dirons : quand même, par impossible, la charte serait mise de côté avec le Conseil Universitaire, et qu'on nous offrît d'affilier notre collège et de nous donner la Faculté des Arts et celle de Droit avec toutes les garanties imaginables de pleines autonomies, nous n'en voudrions encore à aucun prix; qu'on ne trouve pas mauvais que nous répétions les paroles des évoques en 1876 : « Nous ne voulons avoir rien à démêler avec l'Université Laval et sa succursale. »

Et. nos raisons, les voici en toute sincérité el candeur : quand même nous pourrions croire à sa conversion, nous ne serions pas encore justifiés aux yeux de la Province e1 dans notre âme et conscience d'accepter avec elle une union quelconqiae. La succursale (qu'on nous pardonne l'expression") a é'é conçue

dans l'iniquité; le Saint-Siège a été trompé, ainsi que Mgr Smetilders l'a reconnu avec la dernière évidence et pourra le démontrer dès qu'on le désirera. Cette succursale a de plus été organisée irrégulièrement par la fraude et l'astuce, comme il est facile de le démontrer lace clarius.

Il nous reste à démontrer brièvement que de sa naissance iusqu'à cette minute, elle s'est rendue un objet de répulsion bien méritée de quiconque a suivi son histoire. Nous sommes désolés d'être obligés d'employer un langage aussi fort; notre conscience nous y oblige : « ce serait un scandale si la Compagnie de Jésus avait responsabilité quelconque dans ce qui s'est fait depuis 23 ans dans l'Université Laval et depuis 9 ans dans sa succursale. » C'est là ce que dirait l'immense majorité du clergé et des fidèles de l'archidiocèse de Montréal; c'est aussi, (nous le croyons), l'opinion de Mgr Smeulders; or, si jamais délégué du Saint-Siège a été soucieux de remplir sa mission et lent à former son jugement, c'est lui.

VU. — Conduite de Laval envers V Ecole de Médecine depuis la fondation de la succursale jusqu'à ce jour, iSyy-Sô.

Nous serons courts, et nous ne ferons que résumer ce triste épisode de l'histoire contemporaine 1.

a. Violation des contrats. L'Ecole de Médecine en appelle à Mgr Fabre, de lui aux Evêques, puis au St-Siège. Elle est expulsée de la succursale (iSyj-yçj.

Mgr Conroy avait énergiquement réprouvé (ainsi que nous l'avons vu) la détermination de M. Hamel de mettre de côté l'Ecole de Médecine, et l'avait forcé de débander la Faculté qu'il avait déjà organisée clandestinement, et d'incorporer enfin l'Ecole de Médecine dans la succursale avec son autonomie dans les limites du contrat spécial fait par Mgr Fabre.

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