Contrats
Mandement de Mgr Fabre, 22 décembre 1877.
Le contrat direct conclu entre l'Ecole et M .Hamel, tout en renfermant des clauses défavorables à l'Ecole, (on le lui fit signer frauduleusement) en renferme aussi de favorables à l'Ecole et celles-là M. Hamel les signa en pleine connaissance de cause : entre autres la nomination des professeurs par l'Ecole, la durée des cours à ne pas être modifiée, etc.
Or, dès les premiers jours de février 1878, le Conseil Universitaire se permit de baisser de rang plusieurs des médecins de l'Ecole, entre autres le vénérable Dr Trudel, en mettant audessus d'eux, contrairement aux stipulations, des hommes nouveaux, que l'Ecole n'avait acceptés comme collègues que par un excès de condescendance. L'Ecole réclama, en appela à Mgr Fabre, qui se montra étonné, puis attribua la chose à un malentendu, puis conseilla à l'Ecole de céder par amour pour la paix.
Quelques semaines plus tard, grâce à un vote frauduleux, obtenu par M. Hamel, le Dr d'Orsonnens fut privé de son pioste de secrétaire de la Faculté, et le Docteur Lachapelle, jeune favori de M. Hamel, lui fut substitué. L'Ecole patienta encore. (
Les cours et leurs conditions devaient, d'après le contrat, rester pendant deux ans encore ce qu'ils avaient été jusque-là ; les classes ne devaient s'ouvrir qu'en octobre, et durer seulement six mois par an. M. Hamel, sans mot dire, décréta que l'ouverture des cours serait avancée, et fit annoncer la chose dans les journaux avec d'autres déterminations nouvelles, faites et arrêtées par le Conseil Universitaire de Québec, sans même en avoir donné avis à l'Ecole.
C'est alors que celle-ci, à bout de patience, se plaignit amèrement à Mgr Fabre; il lui donna une réponse évasive; elle adressa alors un Mémoire aux Evoques de la Province. L'Archevêque de Québec, au nom des évoques, répondit (le 27 mai 1878) : « Les Evêques regrettent ces malentendus, mais déclarent n'avoir point juridiction pour juger ce différend. » En même temps, M. Hamel écrivit à l'Ecole une lettre insultante,
et somma ses membres de dire sans retard s'ils voulaient oui ou non, rester dans la succursale.
L'Ecole, dès le lendemain, lui donna avis qu'elle en appelait au Saint-Siège. M. Hamel, le 4 juin, somma l'Ecole de rétracter à l'instant même les assertions de son Mémoire aux évêques, ou bien de se considérer comme exclue de la 'succursale; le même jour, Mgr Fabre les avertit que, s'ils ne tse soumettent il les exclura de l'Hôtel-Dieu. L'Ecole, attaquée dans les journaux, se défend, Mgr Fabre impose silence aux deux parties, mais prend fait et cause contre l'Ecole.
Pendant ce temps, Mgr Conroy voyageait aux Etats-Unis. Tant qu'il vécut, M. Hamel n'exécuta pas sa menace, il attendit même jusqu'au 10e mois après la mort (4 août 1878) du prélat; enfin, le 2 juin 1879, il fit savoir à chacun des membres de l'Ecole qu'il leur faudrait définitivement cesser d'appartenir à l'Ecole, ou quitter la succursale. L'Ecole répondit qu'elle resterait dans le « statu quo » jusqu'à ce que le Saint- Siège eût jugé et décidé l'affaire.
Le 11 juin 1879, M. Hamel prononça leur exclusion; et, immédiatement, proprio motu, il se mit à organiser, en dehors de l'Ecole de Médecine, la nouvelle Faculté de Médecine de la Succursale. Il espérait obtenir de l'Hôtel-Dieu une part au moins du service de cette institution, mais les Sœurs lui répondirent qu'en vertu d'un contrat, toutes leurs salles de malades étaient réservées depuis 40 ans aux médecins de l'Ecole.
La nouvelle Faculté de Médecine s'adressa alors à l'hôpital
protestant; et Professeurs et élèves fraternisèrent pendant six mojs avec, ceux des deux Universités protestantes, McGill et Bishop's collège; au bout de ce temps, la Faculté pu obtenir, grâce à la protection de Mgr Fabre et des Sulpiciens, la fondation de l'Hôpital Notre-Dame. Mgr Fabre força aussi les Sœurs de la Maternité à recevoir la Faculté sur un semblant de pied légalité avec l'Ecole, mais réellement à l'avait-
ta.ge de la Faculté1; il divisa de même les dispensaires catholiques de la ville entre l'Ecole et la Faculté.
En novembre 1879, l'Ecole, par son député, fit présenter un Mémoire à la Propagande. Celle-ci n'y fit jamais de réponse.
B. Illégalité de la Succursale. La Reine refuse d'expliquer , u de modifier la charte de V Université Laval. Le Parlement de Québec passe un bill à cet effet (iSjç-Si).
Sur ces entrefaites, l'Ecole de Médecine, ayant examiné et fait examiner de près le Décret, la Bulle et la charte de l'Université Laval, s'était convaincue que l'érection de la Succursale n'était point autorisée par la charte.
Or, dit-elle alors, le Saint-Père n'a voulu la succursale que dans la supposition qu'elle soit permise par la charte.
Donc, concluait-elle, puisque la charte s'y oppose, le Saint- Père lui-même ne veut pas la succursale, et ne l'a jamais voulue.
Cet argument fut présenté h la Propagande par le Dr d'Orsonnens, député de l'Ecole. La Propagande nia, sur l'autorité de Laval, que la charte s'opposât à une succursale : le Dr d'Orsonnens se rendit aussitôt à Londres pour soumettre le cas à Sir Farrer Herschell, une des plus hautes autorités légales d'xVngleterre. Sir Herschell, après mûr examen, déclara par écrit que la charte n'autorisait que des affiliations, mais nullement des succursales 2.
L'iicolc alors raisonna ainsi : La charte permet des affiliations, mais la Propagande les a déclarées inacceptables et à décrété la succursale, que les autorités légales à leur tour déclarent illégale. Donc, en résumé, la succursale de Montréal
1. I.'- 30 élèves de la Faculté divisent par moitié avec les L50 élèves
de l'F.cole.