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Objections de Mgr Smeulders, Comm. Apost

Réponse de Laval

Réponse de l'Ecole.

Décision du Saint-Siège, 24 août.

Requête de l'Ecole, 27 octobre.

Appendice.

Enfin, (et ce n'est un mystère pour personne), l'Archevêque s'est adressé au gouvernement pour obtenir un demimillion de piastres d'indemnité sur les « Biens des Jésuites », qu'il se propose d'employer en plus grande partie pour la dotation de la succursale.

Or, qu'ont fait pendant tout ce temps-là nos Pères? Ils ont souffert avec patience et sans se plaindre; ils ont obéi de leur mieux aux décrets de Rome; ils se sont efforcés d'inspirer à f Ecole de Médecine la résignation à la volonté de Dieu, et l'ont empêchée, grâce à Dieu, de recourir aux tribunaux civils.

Ncus devons avouer qu'il est dur pour nous, après cela, d'apprendre qu'on a réussi à mettre le Saint-Siège sous l'impression que nous avons désobéi à ses ordres et persécuté l'Université Laval et sa succursale.

Par ce simple exposé historique, nous croyons avoir amplement prouvé :

1° Que nos Pères ne méritent pas le reproche d'avoir manqué à leur devoir et aux ordres du Saint-Siège en ne s'affiliant pas à l'Université Laval et à sa succursale, c'est-à-dire : (a) en n'affiliant pas le Collège Sainte-Marie; (b) en n'acceptant pas la Faculté des Arts ; (C) en se laissant enlever par la succursale leur Ecole de Droit.

2° Que l'opposition qu'ils ont faite à l'Université Laval et à sa succursale se réduit aux trois points suivants :

A. Ils ont travaillé de leur mieux, mais avec prudence, à maintenir les principes du Syllabus et à défendre les droits de l'Eglise contre les empiétements du pouvoir civil. Si en cela ils ont fait indirectement la guerre à l'Université Laval et à Mgr Taschereau, ils sont les premiers à le regretter, mais ils n'y peuvent rien.

B- Dans l'érection de la succursale, ils ont été entièrement passifs, et ils n'ont jamais fait une seule démarche pour obtenir que le décret de 1876 fût révoqué, bien qu'ils fussent persuadés : (a) que ce décret avait été obtenu sur de fausses représentations; (b) qu'il était fondé sur des suppo-

sîiions erronées et que, ce fondement faisant défaut, la succursale elle-même n'avait pas d'existence légale; (c) que le décret a été exécuté d'une manière irrégulière, sans la participation des Evêques, et contrairement aux droits reconnus par le Saint-Siège.

C. Lorsque la succursale eut violé son contrat avec l'Ecole de Médecine, puis, s ^apercevant de l'illégalité de sa propre existence, eut recours à la Reine, puis au Parlement de Québec, et enfin, obtint des évoques la fausse interprétation du décret de 1883 que le Saint-Siège a depuis lors condamnée, nos Pères, durant tout ce temps et jusqu'à ce jour, n'ont fait autre chose que répondre lorsque c'était leur devoir, aux « questions de conscience » que leur posaient les médecins de l'Ecole et les Sœurs de l'Hôtel-Dieui. Ils ont, de la sorte, réussi à empêcher ces médecins de traîner devant les tribunaux M. Hamel, Mgr Fabre et les Sœurs de l'Hôtel-Dieu. Est-ce pour cela qu'on leur en veut? •

Ce Mémoire ne serait point complet s'il ne renfermait au moins quelques mots sur une question intimement liée à celle qui nous occupe : il s'agit de la « division du diocèse des Trois- Rivières, » et de la conséquence qu'entraîne pour nous la décision du Saint-Siège.

Mgr Laf lèche a toujours été considéré" avec raison comme le bras droit de Mgr Bourget dans sa guerre contre les mauvais principes. Aussi, dès l'élévation de Mgr Taschereau au siège archiépiscopal, eut-il l'honneur de partager avec le digne évêque de Montréal, dans l'affaire du « Programme catholique, » les insultes de l'Archevêque, et les sarcasmes de la mauvaise presse. Il n'en continua pas moins à jouir de la confiance des évêques de la Province, qui le choisirent unanimement comme député en 1876 pour porter à Rome cette supplique dont nous avons parlé.

Lorsque le décret de la succursale et la bulle d'érection de l'Université Laval parurent, il sentit bien qu'on désirait lui donner sa démission, aussi bien qu'à Mgr Bourget. Quand

l'Archevêque vit qu'il restait à son poste, il commença contre lui cette longue persécution de neuf ans, qui finit, il y a un an, par la division du diocèse des Trois-Rivières, iou plutôt qui continue môme aujourd'hui.

Tout le monde sait qu'il n'y avait pas ombre de raison pour demander cette division; et que, pour l'extorquer au Saint- Siège, tous les moyens ont semblé bons.

Enfin vint Mgr Smeulders qui, après avoir examiné la question avec soin, obtint de la Propagande une déclaration formelle que le diocèse ne serait pas divisé, du moins de si tôt. Mgr Laflèche annonça cette nouvelle à son clergé et à ses fidèles, et un Te Deum solennel fut chanté avec enthousiasme dans tout le diocèse. Mais déjà l'Archevêque de Québec était arrivé à Rome sur ces entrefaites et avait obtenu la révocation de la promesse de la Propagande et de plus le rappel de Mgr Smeulders, et fit annoncer dans les journaux que le diocèse des Trois-Rivières allait être définitivement divisé sous peu. Il le fut en effet moins d'un an plus tard, mjalgré les protestations de Mgr Cameron, délégué par le Saint-Siège pour préparer l'exécution de la mesure et qui ne put s'empêcher, lui aussi, de la trouver injuste, comme Mgr Smeulders et Mgr Conrcy l'avaient trouvée.

Or, au milieu même de cette tempête soulevée contre lui, mais dans un moment de calme apparent, où le danger Be blait passé, (c'est-à-dire il y a six ans) Mgr Laflèche appela nos Pères dans son diocèse, leur confia l'enseignement dans son grand séminaire et leur fit établir une résidence dans sa ville épiscopale. A sa demande, nos supérieurs y transportèrent également notre scolasticat de théologie. Cette mesure irrita, plus que toute autre chose, ceux qui ont été de tout temps hostiles à notre enseignement, et qui nous trouvaient impertinents à l'excès de vouloir bàlir si près de Quebec un château-fort de l'ir trament anisme. Ils redoublèrent leuTS efforts pour ruiner l'évêque, afin de nous ruiner en nié-

me temps, et ils peuvent se vanter d'avoir réussi au-delà de leurs espérances.

L'évêque, réduit à l'impossibilité de nous aider à fonder ce scolasticat, dut se résigner à nous laisser chercher un asile à Montréal, qui nous offrait généreusement quelques ressources pour commencer.

Et maintenant, si le séminaire des Trois-Rivières n'est pas encore fermé, et le dernier des Jésuites disparu de la ville, c'est uniquement parce que, cédant aux pressantes sollicitations de Mgr Laflèche, nos supérieurs ont consenti à y laisser quelques années encore deux professeurs de théologie avec un Père de résidence.

24 octobre, 1886.

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