‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 44 sur 102 · III. Nous nous plaignons · texte numérisé non relu

III. Nous nous plaignons

1» Des attaques du T. R. M. Ths. Et. Hamel;

2° De l'intervention de S. G. l'Archevêque de Québec;

3° De celle de l'Université Laval;

4° De la conduite de l'Officiante métropolitaine de Québec.

1° Les attaques de M. Hamel. — Elles consistent en calomnies et en injures. Il y a six accusations calomniatrices portées contre le Dr Landry :

a) M. Hamel accuse le Dr Landry, devant tout un public, d'avoir divulgué et répandu une conversation qu'il appelle privée, afin de mieux faire ressortir tout l'odieux d'une pareille conduite;

b) Le Dr Landry est ensuite accusé d'avoir commis une faute bien grave : celle de ne pas avoir dénoncé M. Hamel à son Ordinaire, « ainsi que c'était son devoir, » et cette faute a duré dix ans!

c) M. Hamel explique le silence du Dr Landry en attribuant à celui-ci les motifs les plus vils, les plus bas, les plus malhonnêtes qu'on puisse imaginer;

d) M. Hamel soutient que le Dr Landry ne s'est pas gêné d'affirmer que le Cardinal Franchi était un franc-maçon;

e) M. Hamel accuse le Dr Landry d'être du nombre de ceux qui prétendent que Mgr l'Archevêque de Québec est lui-même franc-maçon;

f) Le Dr Landry est enfin accusé d'essayer à amoindrir ou à détruire l'autorité morale se rattachant aux positions occupées par ou qu'occupe encore M. Hamel.

Quant aux injures, il suffit de lire la correspondance pour y trouver que M. Hamel ne les a guère ménagées. D'après lui, le Dr Landry serait un entêté, un calomniateur, un homme qui .a perdu l'intelligence ou qui est complètement aveuglé

par l'esprii de parti, un fabricateur de nouvelles, un disséminateur de cancans, un démolisseur à la sourdine au zèle malicieux déployé hors de la voie, etc., etc.

C'est là le langage d'un haut fonctionnaire ecclésiastique, comme il s'intitule lui-même.

Afin de mieux faire connaître ses calomnies et ses injures, M. Hamel s'est adressé à la presse, à l'un des grands journaux de Québec, ayant une circulation étendue. En agissant ainsi, M. Hamel a aggravé sa faute et il en a commis deux nouvelles :

1° Celle d'enlever à l'Officiante de Québec une cause dont elle était saisie pour la soumettre au tribunal incompétent de l'opinion publique;

2° Celle de transgresser les ordonnances conciliaires et diocésaines qui défendent expressément la ligne de conduite suivie par M. Hamel. ,

Les attaques de M. Hamel contre le Dr Landry ont été interprétées par la presse et par l'autorité religieuse.

Dans la presse, les journaux conservateurs ont gardé le silence; les journaux libéraux, au contraire, ont fait entendre leurs cris de joie, et s'autorisant de l'exemple donné par M. Hamel, ils ont déversé l'injure et répandu la calomnie contre le Dr Landry. Suivant ces journaux, c'est le parti conservateur, qu'ils traitent avec dédain du nom de parti ultramontain, qui faisait là la guerre à l'un des rares prêtres appartenant au parti libéral.

Suivant eux, le Dr Landry et le Cercle catholique de Québec ont accusé M. Hamel d'être franc-maçon, non seulement M. Hamel, mais encore S. G. l'Archevêque de Québec, ei '.qui sait? peut-être aussi quelques Cardinaux de la Propagande II

C'est alors, au moment même où les journaux libéraux remplissaient leurs colonnes de ces inepties, que S. G. l'arch.' de Québec intervient et publie un mandement, en apparence contre les sociétés secrètes, réellement contre ceux qui les combattent, et une lettre dans laquelle S. (l. dévoile l<-s motifs

de h publication de son mandement et où elle vise aussi clairement que possible le Dr Landry, faussement accusé dans ce document d'avoir porté à la légère, dans ses conversations et ses écrits, des accusations de franc-maçonnerie contre des membres du clergé.

Voilà un fait d'une extrême gravité. Un Archevêque abusant de son autorité pastorale, se sert de l'arme redoutable d'un mandement épiscopal pour disséminer l'erreur. Dans toutes les paroisses de son diocèse, et dans toutes les chaires de vérité on dénonce le prétendu coupable et on le condamne sans l'avoir entendu... pour mie faute qu'il n'a jamais commise. La diffamation est complète.

Pourtant, on sait y ajouter encore, et le conseil de l'Université Laval, convoqué en séance extraordinaire et à une heure inaccoutumée, condamne à son tour, sans l'entendre, le Dr Landry, qui se trouve expulsé de la faculté de médecine sans même savoir ce dont on l'accuse.

Ces différentes appréciations des attaques de M. Hamel établissent nettement la gravité de leur nature et toute l'étendue de leur diffusion.

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