Voici ce qu'ajoute M. Myrand — page 97 du mémoire
« Il (M. Hamel) consulta son archevêque, non pas en qualité de président du tribunal ecclésiastique, mais comme I'aviseur ordinaire de ses vicaires généraux, pour les cas compliqués et difficiles qui surgissent quelquefois dans l'administration spirituelle ou disciplinaire du diocèse. Mgr approuva sa manière de voir, qui consistait à publier dans un journal la correspondance entière échangée entre lui et le Dr Landry ».
Que répond S. G. à cette première et très grave accusation? Rien. Absolument rien!
II. — Le mandement du 1er juin 1883. — 4. Les calomnies de M. Hamel, mie fois mises devant le public, se propagèrent, grâce à la presse libérale, avec la plus grande rapidité-
Le Dr Landry, on le sait, n'a jamais accusé, ni directement, ni indirectement, M. l'abbé Hamel d'être un franc-maçon. Jamais non plus le Dr Landry n'a proféré semblable accusation contre son archevêque- Et cependant, M. Hamel insinue clairement le contraire, et la presse libérale, répondant en cela
à un appel du grand-vicaire, publie hautement que M- Hamel et Mgr l'arch. de Québec sont accusés de franc-maçonnerie par le Dr Landry. Cette fausse accusation fait son chemin.
6. C'est alors que S. G. l'arch. de Québec croit devoir intervenir, non pas pour défendre la vérité outragée, mais pour apprécier lui-même, à sa façon, dans un document public, solennel, la conduite de M. Landry et celle de son grand-vicaire. Il lance sou mandement. Or, dans ce document il est dit :
« Par le temps qui court certains catholiques semblent avoir misj 'en {oubli ces principes élémentaires de justice et de charité dans leurs conversations et leurs écrits en portant à la légère cette accusation de franc-maçonnerie contre des membres du clergé. »
7. Il est donc parfaitement affirmé, en toutes lettres, dans ce mandement, qu'à la date de sa publication (Par le temps qui court), certains catholiques ont porté des accusations de franc-maçorinerie contre des membres du clergé, et cela dans leurs conversations et dans leurs écrits- Or, en fait d'écrits, il n'y avait, dans le temps, devant le public, que les écrits du Dr Landry et ceux de M. Hamel. Le mandement ne vise pas ces derniers, c'est évident- Il ne reste plus que ceux du Dr Landry. Le mandement affirme donc que le Dr Landry a porté dans ses écrits des accusations de franc-maçonnerie contre des membres du clergé.
C'est là la seule interprétation possible de cette partie du mandement. C'est ainsi d'ailleurs que l'a compris le public. Mgr l'archevêque lui-même confirme celte interprétation dans sa lettre du 4 juin, et lorsque plus tard, il voudra forcer le tribunal de l'officialité à se récuser, il invoquera ce fait qu'il s'est prononcé en faveur de M. Hamel contre le Dr Landry I
8- Le Dr Landry est donc clairement dénoncé dans ce mandement à tous les fidèles de l'archidiocèse- Il y est accusé d'avoir, par le temps qui court, porté à La légère, dans ses écrite
une (.accusation de franc-maçonnerie contre des membres du clergé.
9. Cette accusation de S. G. contre le Dr Landry est-elle vraie ou fausse? ;
Les écrits du Dr Landry oint été publiés par M. Hamel luimême. Ils peuvent être examinés : ils forment partie du dossier. Or, jamais, nous le disons hautement, le Dr Landry n'a fait ce que le mandement lui attribue; jamais il ne s'est rendu coupable, ni dans ses conversations, ni dans ses écrits, de la faute pour laquelle il est dénoncé à tout un pays- Et cependant, le jmandement l'affirme.
Le mandement affirme donc une erreur, dénonce injustement du citoyen respectable et continue, en lui donnant une extension incommensurable, la diffamation commencée par M. Hamel.