‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 64 sur 102 · S. G. affirme que · texte numérisé non relu

S. G. affirme que

« La lettre du 4 juin a appliqué des principes parfaitement vrais à. un fait devenu notoire par la faute de M. Landry, qui avait accepté de son plein gré la discussion sur les journaux ».

Plus loin S. G. ajoute :

« Il (M. Landry fils) appelle cela un jugement ex parte comme si dans cette discussion publique, M. Landry n'avait pas été entendu. »

C'est là l'erreur- Le Dr Landry n'a jamais accepté la discussion sur les journaux, et n'a jamais été entendu dans cette discussion publique que rêve S. G. Il y eu', privément, en-

tre M. Hamel et le Dr Landry échange de correspondance, et M. Hamel, de son chef, après avoir néanmoins consulté l'archevêque, publia toute la correspondance échangée, en ayant sein d'y ajouter quelques mots de son cru, quelques nouvelles insultes à l'adresse du Dr Landry- Voici ce que M. Hamel lui-même a écrit en date du 8 mai 1883 au directeur du « Journal de Québec » :

Monsieur le Rédacteur, « Veuillez m'accorder l'hospitalité de votre journal pour la reproduction de la correspondance suivante, échangée, ces jours-ci, entre le Dr J.-E. Landry et moi. Cette correspondance s'expliquera assez d'elle-même et me dispense de tout autre préambule.

J'ai l'honneur d'être, etc.,

T.-E. Hamel, Ptre. »

S- G., complice de M. Hamel, autorise cette étrange publication! S. G., agissant d'autorité, lance un mandement à tout sen peuple dans lequel il dénonce le Dr Landry, l'accusant d'une faute qu'il n'a pas commise! S- G. enfin, descend dans la presse et dans une lettre « destinée à devenir publique » elle prononce ex parte un jugement dans une cause où elle s'est faite elle-même partie intéressée!

Et après tout l'archevêque a le courage de venir affirmer... qu'il n'a fait qu'appliquer des principes parfaitement vrais à un fait devenu notoire par la faute de M- Landry!! Noua renonçons à vouloir comprendre le système de défense adopté par notre illustre adversaire.

23. Plus loin, S. G., en parlant de certaines accusations que nous avons portées contre M. Hamel, dit que celui-ci :

« Saura bien prouver qu'on a dénaturé s«As paroles comme on a dénaturé celles de bien d'autres et même celles de l'archevêque : « nous allons le voir à l'instant. »

S- G. porte donc l'accusation qu'un dénature ses paroles, et, pour le prouver (page 20 de sa réponse), l'archevêque de

Québec cite la lettre du 4 juin, écrite par lui-même et dans laquelle jl affirme qu'on lui a bien souvent prêté des paroles qu'il n'a jamais proférées. C'est-à-dire que Mgr Taschereau peur prouver la vérité de son assertion en appelle au témoignage de l'archevêque de Québec- C'est un peu naïf, et comme argument ça ne vaut rien.

IV. — Déni de justice. — 24. Il y a celui qui ressort des actes de l'archevêque lui-même, il y a celui qui découle de l'étrange procédure adoptée par l'officialité-

1° de la part de l'archevêque

25. L'archevêque nous a refusé l'usage du tribunal qu'il a lui-même établi dans son diocèse et s'est ainsi rendu coupable d'un déni de justice :

a] en se prononçant intempestivement, sans raison ni nécessité aucunes, et dans son mandement et dans sa lettre du 4 juin ;

b] en déclarant positivement, dans ses trois lettres du 18 juin, du 8 et du 19 juillet que c'est au St-Siège seul que nous devons aveir recours. i

[A] — 26. « Pendant dix années entières, dit S. G., à la page 21 de sa réponse, M. le Dr Landry a répété ce qu'il croyait avoir entendu dire par M. Hamel. » Cette assertion de l'archevêque n'est nullement justifiée par les faits; c'est une accusation purement gratuite. La vérité, la voici : pendant dix années entières, le Dr Landry a été le dépositaire des étranges dectrines de M. Hamel et personne ne les a connues dans le public, mais du moment que le Dr Landry les eut dévoilées au promoteur de l'officialité, venu chez lui en mission officielle, le public a été saisi de cette question, grâce aux indisciétions de M. Bégin, de M. Hamel. Ceci est irréfutablement prouvé aux pages 9, 10 et 11 du mémoire.

27. « Ce n'est pas M. Hamel qui a porté cette affaire devant le public » dit l'archevêque. C'est le contraire qui est vrai, et

qui est prouvé par la correspondance elle-même de M. Hamel (voir mémoire).

28. « Si M. Landry eût voulu d'un autre tribunal que celui de 1* opinion publique, il aurait du de suite, dès la première lettre de M. Hamel, faire son appel à l'officialité. »

Mgr l'archevêque demande là une impossibilité et prouve qu'il ne comprend pas la nature de la plainte du Dr Landry. Celui-ci, en effet, se plaint d'avoir été calomnié dans dos écrits rendus publics par M. Hamel. Or, M. Hamel ne les a rendus qu'après l'échange de toute une correspondance comptant plusieurs lettres écrites de part et d'autre- Le Dr Landry ne pouvait donc se plaindre dès la première lettre de M. Hamel, d'une faute qui n'a été commise qu'après que M- Hamel eut écrit sa dernière lettre et publié toute la correspondance; car, c'est du fait d'avoir été publiquement calomnié que se plaint le Dr Landry.

29. « Rien ne pouvait faire prévoir ou simplement soupçonner que le Dr Landry eût la moin Ire intention de venir se plaindre à l'officialité », ajoute l'archevêque.

S. G. commet encore une erreur des plus regrettables. Son mandement est du 1er juin, sa lettre du 4 du même mois- C'est le 10 juin que le mandement a été lu dans toutes les églises de l'archidiocèse; c'est le 11 juin que tous les journaux de Québec l'ont publié avec la lettre explicative du 4.

Or, avant cette date, dès le 26 mai, M. l'avocat Livernois, qui avait, été intimement lié au différend survenu entre M- Hamel et M. Landry, écrivait à L'officialité la lettre suivante :

A Monsieur l'abbé C. A. Marois, Chancelier de l'Officialité de Québec.

Monsieur le Chancellicr, Veuilllez donc me permettre de vous demander de vouloir bi -n me faire tenir une copie du bref apostolique rétablissant le tribunal de l'Officialité dans notre dioc ainsi qu'une copie de tous tels autres actes de l'autorité contint ce tribunal.

Ayant une cause à porter devant l'officialité, les do< umenta cU-

mandés me seraient d'une grande valeur. En attendant leur réception, veuillez croire, etc.

(Signé) Victor Livernois, »

Il y avait donc devant l'officialité, avant la publication du mandement et avant que l'archevêque eût écrit sa lettre du 4 juin, un document de nature non seulement à faire soupçonner, mais à faire prévoir qu'une plainte serait produite devant ce tribunal. Nonobstant cela, l'Archevêque se prononce, et cependant la prudence la plus élémentaire, les plus simples convenances, la justice, lui défendaient cette précrri'aîion coupable. Mais il fallait à tout prix sauver M. Hamel. Mgr l' Archevêque s'est donc prononcé intempestivement, sans raison et sans nécessité. Il a joué avec la justice et s'est conduit de manière à nous refuser ensuite l'usage du tribunal ecclésiastique.

[B] — 30. L'es trois lettres écrites par S. G. le 18 juin, le 8 et le 19 juillet formulent ce refus-

Xcus avons à la page 34 de notre mémoire porté deux accusations contre l'archevêque de Québec au sujet de ces lettres-

S- G. juge qu'il est plus prudent de ne pas les relever. Elles sont pourtant assez graves et nous aurions aimé voir comment l'archevêque pouvait répondre à cette double accusation d'avoir si précipitamment déclaré son incon \ « sans

même attendre que la plainte fût portée devant le tribunal, » et d'avoii donné pour motif de son intervention coupable un fait brutalement contredit par l'accusé lui-même, M. Hamel.

2° de la part de V Officiai-

31. S. G. prétend que l'official devait se récuser pour deux raisons :

a] parce que l'Ordinaire s'était prononcé dans le différend Hamel-Landry ;

6] parce que l'archevêque ne peut pas être justiciable de son (officiai. « Or, dit S. G., on voit par le mémoire que M.

Landry incrimine non seulement M. Hamel mais aussi l'archevêque. »

Il est vraiment malheureux que S- G. excelle ainsi à confondre ce qui est essentiellement distinct, et vienne affirmer des propositions qu'elle sait parfaitement insoutenables.

32. Quand la plainte du Dr Landry a été produite devant l'cffieialité, quand l'official a refusé de nous accorder justice, le mémoire qu'invoque aujourd'hui l'archevêque n'était pas fait, l'archevêque n'était pas encore incriminé et il n'y avait absolument rien devant le tribunal qui pût autoriser, de près ou de loin, l'official à se récuser pour ce second motif invoqué aujourd'hui par S. G.

C'était M. Hamel, et non. l'archevêque que l'on citait alors devant le tribunal de l'officialité, pour y répondre d'avoir publiquement calomnié et insulté le Dr Landry.

Aujourd'hui, devant le tribunal du S. -Siège, M. Hamel est cité peur répondre à la même accusation, et de plus nous y traduisons également l'archevêque de Québec et l'official, parce que ces deux dignitaires ecclésiastiques nous ont répondu par un déni de justice à la plainte primitivement portée contre M. Hamel

La distinction est évidente, facile à comprendre et il faut y mettre autre chose que de la bonne volonté pour essayer à embrouiller une cause pourtant si simple.

Le second motif de récusation invoqué par l'archevêque en faveur de l'official ne vaut absolument rien- Le premier vaut-ii mieux? C'est ce que nous allons examiner.

33. Nous posons d'abord en principe qu'un juge ne peut pas se riécuser ; il no peut nas prononcer sur la valeur des motifs invoqués à l'appui de sa récusation si celle-ci le met en cause, tanquam suspectus- Les auteurs de droit canonique sont des plus explicites sur ce point- D. Craison (Manuale totius juris canonici — Lib- III, N° 5916) pose très bien la question...

... La décision de la récusation du juge est donc du ressert d'un tribunal spécial : celui des arbitres. Bouix, qui fait

autorité en ces matières, émet la même doctrine, qui n'est, après bout, que la loi ecclésiastique — (Voir Tractatus de judiciis, tom. 2, p. 181).

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